Fév 132018
 

Journaliste et écrivain, Hugues Serraf est monté au créneau, sur Atlantico.fr ce dimanche 11 février, contre « l’argumentation à la logique fallacieuse » (sophisme) développée par le Comité national contre le Tabagisme (CNCT) derrière son coup médiatique du « filtergate ». 

 « On croyait déjà savoir que la cigarette était mauvaise pour la santé. Ou du moins croyait-on déjà le savoir en collectionnant les paquets nouvelle norme tapissés d’avertissements sanitaires tous plus effrayants les uns que les autres, voire en accompagnant ses amis fumeurs au cimetière, mais voici qu’une terrible info nous parvient : la cigarette est en fait « très mauvaise » pour la santé.

 Selon le Comité national contre le Tabagisme (CNCT), qui vient de déposer plainte contre eux, les fabricants de tabac tricheraient en effet sur les quantités de nicotine et de goudrons absorbés par les poumons de leurs clients et il faudrait au minimum doubler les valeurs officielles pour s’approcher de la réalité …

Le CNCT est bien sûr dans son rôle en assignant les quatre multinationales susceptibles de se livrer à ces vilaines pratiques, mais il y a tout de même quelque chose d’intriguant dans l’indignation plus large que suscite cette affaire.

 D’abord, il y a belle lurette que la teneur en goudrons et en nicotine ne figure plus sur les paquets, le législateur européen ayant constaté que les marques en faisaient un argument de vente depuis que la publicité leur est interdite. On suppose donc que le consommateur moyen est assez peu au courant de ces histoires de volume de saloperies addictives, qu’ils soient théoriques ou réels. On suppose même qu’il s’en soucie à peu près autant que de son premier briquet Bic.

 Mais surtout, on aurait du mal à prendre au sérieux le type qui, déjà surinformé des risques qu’il prenait en fumant des cigarettes à 0,2 mg de nicotine, serait scandalisé d’apprendre qu’il fume en fait des cigarettes à 1,1 mg de nicotine ! Qu’il avait bien compris, OK, c’est bon, qu’en fumant, il pouvait devenir impuissant ou choper un cancer de la trachée, mais qu’il ne se rendait pas compte que « c’était à ce point ». Que s’il avait su que c’était 1,1 plutôt que 0,2, paf, il arrêtait aussi sec…

 Je ne me ferai certainement pas l’avocat du diable (…), mais je n’en regarderai pas moins la posture de celui du CNCT comme le comble du sophisme lorsqu’il explique au Monde que « les fumeurs ont été trompés sur la quantité réelle de goudron et de nicotine à laquelle ils s’exposaient ».

Mais s’il gagne son procès et que nombre de fumeurs est immédiatement divisé par 1,1 %, voire par un minuscule 0,2 %, promis, je révise ma position. »

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