Jan 072018
 

Étonnant ! Les anti-tabac n’ont pas encore vociféré contre le film – sorti cette semaine – « Les Heures sombres » dont l’affiche met en évidence un cigare fumant plutôt que le facies de Churchill.

Peut-être sont-ils intimidés par l’imposante personnalité de l’homme politique incarnée par l’acteur Gary Oldman et le contexte historique choisi par le synopsis.

Mais il aurait été difficile (pour ne pas dire absurde) de gommer les fameux cigares de Winston Churchill, tout comme le whisky entamé dès le petit-déjeuner.

Et pourtant le tournage doit les faire bouillonner de rage. Il était stipulé dans le contrat qu’il a signé qu’il devrait fumer des cigares, exactement comme l’ancien Premier ministre britannique avait l’habitude de le faire.

Il ne connaissait peut-être pas les quantités … 400 pour 58 jours de tournages. « On me donnait un cigare entamé aux trois-quarts et puis au fur et à mesure des prises il se consumait. Et l’accessoiriste me redonnait un nouveau cigare. Tout cela au cours des 10 à 12 prises par scène » a expliquait l’acteur dans les médias. Quoiqu’il en soit Gary Oldman est en lice pour les Oscars.

Déc 092017
 

En dehors de la fatigante Michèle Delaunay (« ce n’est pas le cancer du poumon mais la cigarette qui l’a tué » après s’être félicitée dans un premier temps que la maladie soit citée …) et de l’inimitable Philippe Manœuvre (« le tabac a enlevé de sa vie dix années à Johnny », lancé sur le plateau d’une chaîne d’information continue), peu de commentaires scabreux sur les excès qui ont façonné la voix, la gueule et l’énergie scénique de notre Johnny, à jamais dans son cercueil blanc.

Il a fallu que le journaliste Jean-Yves Nau dégote une interview administrée par Frédéric Beigbeder (le mensuel Lui d’avril 2014) pour que Johnny survole le sujet : le vin, sur le tard, après une cinquantaine d’années sans modération sur les alcools forts …

La coke, oui pas mal, mais aussi « beaucoup de buvards aux champignons ».

Le tabac ?

Begbeider : « tu fumes toujours tes trois paquets de Gitanes par jour ? »

Ce à quoi Johnny répondait, il y a trois ans et demi, par un laconique : « Non plus maintenant, seulement dix cigarettes quand je suis en France et rien du tout quand je suis en Californie. Parce que là-bas, y en a pas !  Et moi, j’aime pas les blondes ! ».

Un cas.

Déc 062017
 

« Rester curieux, vivre avec excès et admirer ce monde », expliquait Jean d’Ormesson quand on lui demandait ses secrets de jeunesse à l’occasion de son libre-confession « Qu’ai-je fait » en 2008. Il avait 83 ans.

Et parmi les plaisirs de l’Immortel qui vient de disparaître, il y avait le cigare.

Le compagnon de travail (parfois) quand le désarroi s’installait.

Le compagnon des moments de loisirs, comme à Roland-Garros en 2011 où, installé à la tribune présidentielle, il avait allumé un gros barreau de chaise, sous le nez des joueuses. Enfin, le compagnon de son élégance …

Oct 252017
 

Le vote du paquet à 10 euros à l’Assemblée nationale se déroule sans l’ombre d’un débat comme s’ils étaient presque tous lobotomisés.

En revanche, le « matraquage » rend plus prolixe certains. Comme le comédien et humoriste Michaël Hirsh dans sa chronique quotidienne sur Europe 1 « Lettre ou ne pas lettre ». L’exercice, en général : une lettre adressée à une personnalité ou une institution qui fait l’actualité. L’exercice du jour : s’adresser à notre médecin traitant entre « paquet à 10 euros » et « Moi(s) sans tabac 2017 ». C’est parti …

« Cher Docteur,

Je viens d’apprendre que le paquet de cigarette va progressivement passer à 10 euros. 10 balles, non mais 10 balles, ça donne envie de s’en tirer une de balle et de clope aussi, une dernière pour la route, allez s’il vous plait docteur ! Parce que oui, à ce prix-là, je n’ai plus les moyens de ne plus vous écouter.

Alors, avant même que la société de consumation ne me fasse l’impôt et que mon compte bancaire ne finisse par des cendres, j’ai décidé de commencer à arrêter.

Et pour ne pas céder à la tentation, j’ai pris des mesures drastiques

J’ai supprimé de ma bibliothèque tous les ouvrages de Georges Cendre et de Truman Crapote. Je n’écouterai plus ni Clope François, ni Filtre Colins. Par contre, pour me donner du courage j’ai gardé tous les DVD avec Sandrine Bonaire. Et bah, rien que de faire ce tri, Docteur, je respirais déjà mieux !

Seulement hier je suis tombé sur une chanson à la radio qui a tout gâché : et voilà, il aura suffi d’une étincelle !

Résultat, j’ai foncé chez mon buraliste, j’ai cassé mon PEL, et j’ai pu m’en grillé une !  Mais j’étais pas le pire Docteur, il y en a un qui fume deux paquets par jour, il a été obligé de revendre sa bagnole, et un autre qui louait sa baraque sur Airbnb pour pouvoir tirer une taff de temps en temps.

Parce que les statistiques sont formelles docteur, plus on est pauvre et plus on fume ! Et puis maintenant, plus on fume et plus on est pauvre.

Bref, en 2017, on est pas tous mégots devant l’arrêt de la clope et j’ai même l’impression que le mégot des uns fait le magot des autres. 
Parce que pendant que toute la société paie l’addiction, les cigarettiers, eux, s’enrichissent tranquillement, et continue d’avancer de cancer. Et pas besoin de chercher très loin pour trouver qui se fait rouler quand on achète leur tabac.

Alors je vous promets, Docteur, en ce mois anti-tabac qui démarre bientôt, je vais essayer d’être fort pour ne plus être tenté par leurs recettes d’ammoniaque qui nous obligent à faire un patch avec le diable. »

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Oct 172017
 

Avec son édition des 15/16 octobre, Le Monde – dans ses pages « L’Époque » – se lâche et nous parle de la vraie vie qu’on aime au fil de l’interview, verre à la main, de l’écrivain Philippe Jaenada : « Le Chameau sauvage » (prix de Flore), « La Petite Femelle » (prix Renaudot), « La Serpe ». Extraits :

Sur les bistrots :
« Le Bistrot Lafayette, c’est son fief, sa maquette de vie, comme il le dit. Il y vient tous les jours (…). Un bistrot pile comme il aime, avec des riches, des vieux, des pauvres, des tatoués, des bancals et même un bébé. On y parle de cul, de fric, de foot … »

Sur le tabac :
• « Philippe Jaenada fume pas mal de clopes. Moi aussi. Je lui dis que je viens de reprendre après dix ans d’arrêt.
P. J. :  « Pourquoi avez-vous arrêté ? Quelle erreur !
• « Pour être libre.
P. J. : « C’est les autres qui ne sont pas libres ; tous ceux qui vapotent.
• « Oui, mais j’ai peur de mourir.
P. J. : « Vous allez mourir, c’est sûr. »