Mar 132018
 

Ne vous méprenez pas : « Nicotine » (éditions Autrement) n’est pas un guide pour arrêter de fumer, mais une analyse minutieuse, teintée d’humour noir, des mécanismes de l’addiction et des rapports ambigus que l’on peut entretenir à la cigarette.

De la révélation de la première bouffée à la toute dernière clope, l’écrivain allemand Gregor Hens retrace les origines de sa longue relation à la nicotine et détaille ses multiples tentatives pour s’en défaire.

La première fois, c’est arrivé lors de la nuit de la Saint-Sylvestre 1970. Avec une Kim. Il avait cinq ans. Ce soir-là, on tirait, en famille, des feux d’artifice depuis les trottoirs de Cologne.

Sa mère sortit de son manteau de fourrure un paquet de Kim dont elle tira une cigarette. Une longue tige fine et light qu’elle alluma avant de la tendre à l’enfant, l’invitant à allumer une mèche de fusée du bout de la braise incandescente. « Il faut que tu tires dessus, sinon elle va s’éteindre ». Autre époque, autres mœurs. Ce soir-là, écrit Gregor Hens, c’est peut-être la première fois qu’il s’est senti lui-même.

Quarante ans plus tard, le romancier et traducteur a fumé « plus de cent mille cigarettes ». Dans des bibliothèques et des salles de cours, sur des navires et des sommets de montagnes, sur le méridien zéro à Greenwich et la longitude 180° aux îles Fidji. Il a clopé comme on aime. Sans rien regretter. Il l’assure « chaque cigarette que j’ai fumée était une bonne cigarette » Aujourd’hui, il a arrêté. Jusqu’à la prochaine. Lire la suite »

Mar 092018
 

La revoilà, nous annonce le magazine M du Monde de cette semaine … La cigarette.

Disparu depuis les années 2000 avec la multiplication des campagnes de prévention, le tabac revient en force dans la mode. L’article parle « d’emblème vintage, de nostalgie » … Pas sûr.

On « la » retrouve à la bouche en cœur du mannequin de la campagne printemps-été de Saint Laurent, sur un pull en cachemire Lucien Pellat-Finet, suggérée sur des briquets-talons chez Vetements ou un pendentif écrin pour cigarette chez Ambush …

•• Elle a disparu donc à partir des années 2000 avec les campagnes chocs de prévention et le développement du sportswear. Mais depuis quelques saisons, les jus détox, le yoga et autres loisirs sains ont perdu de leur potentiel inspirant au profit d’un certain goût de la fête. C’est dans ce contexte festif, loin des obsessions « healthy » du début du siècle, que la cigarette fait son retour, nous explique l’article.

•• Derrière l’oreille des mannequins comme chez Philipp Plein ou accessoire en plastique chez Molly Goddard, sa présence continue de convoquer une imagerie rock. Lire la suite »

Fév 032018
 

« Lire tue … la pensée unique ».

Elle frappe fort la quatrième de couverture de l’ouvrage signé par Gérard Cherbonnier : « La volupté littéraire du tabac » (éditions du Petit Pavé qu’il a créées en 1995).

L’auteur y explique ensuite :

« Le tabac : être pour ou être contre ne doit pas nous empêcher d’accéder à la connaissance de notre littérature, de notre culture. Les écrivains, les poètes, ont toujours écrit, sauf peut-être de nos jours, en raison de la période moraliste et puritaine que nous vivons, sur ou par l’herbe qui fume et enfume. 

« Comment notre société a-t-elle pu passer de la lutte antitabac à la lutte anti-fumeurs ? N’est-il pas aussi grave de retirer la pipe du portrait d’un acteur, de censurer le poème d’un fumeur, que d’aimer la clope qui les a fait rêver d’un monde sans censeur ?  Lire la suite »

Jan 072018
 

Étonnant ! Les anti-tabac n’ont pas encore vociféré contre le film – sorti cette semaine – « Les Heures sombres » dont l’affiche met en évidence un cigare fumant plutôt que le facies de Churchill.

Peut-être sont-ils intimidés par l’imposante personnalité de l’homme politique incarnée par l’acteur Gary Oldman et le contexte historique choisi par le synopsis.

Mais il aurait été difficile (pour ne pas dire absurde) de gommer les fameux cigares de Winston Churchill, tout comme le whisky entamé dès le petit-déjeuner.

Et pourtant le tournage doit les faire bouillonner de rage. Il était stipulé dans le contrat qu’il a signé qu’il devrait fumer des cigares, exactement comme l’ancien Premier ministre britannique avait l’habitude de le faire.

Il ne connaissait peut-être pas les quantités … 400 pour 58 jours de tournages. « On me donnait un cigare entamé aux trois-quarts et puis au fur et à mesure des prises il se consumait. Et l’accessoiriste me redonnait un nouveau cigare. Tout cela au cours des 10 à 12 prises par scène » a expliquait l’acteur dans les médias. Quoiqu’il en soit Gary Oldman est en lice pour les Oscars.

Déc 092017
 

En dehors de la fatigante Michèle Delaunay (« ce n’est pas le cancer du poumon mais la cigarette qui l’a tué » après s’être félicitée dans un premier temps que la maladie soit citée …) et de l’inimitable Philippe Manœuvre (« le tabac a enlevé de sa vie dix années à Johnny », lancé sur le plateau d’une chaîne d’information continue), peu de commentaires scabreux sur les excès qui ont façonné la voix, la gueule et l’énergie scénique de notre Johnny, à jamais dans son cercueil blanc.

Il a fallu que le journaliste Jean-Yves Nau dégote une interview administrée par Frédéric Beigbeder (le mensuel Lui d’avril 2014) pour que Johnny survole le sujet : le vin, sur le tard, après une cinquantaine d’années sans modération sur les alcools forts …

La coke, oui pas mal, mais aussi « beaucoup de buvards aux champignons ».

Le tabac ?

Begbeider : « tu fumes toujours tes trois paquets de Gitanes par jour ? »

Ce à quoi Johnny répondait, il y a trois ans et demi, par un laconique : « Non plus maintenant, seulement dix cigarettes quand je suis en France et rien du tout quand je suis en Californie. Parce que là-bas, y en a pas !  Et moi, j’aime pas les blondes ! ».

Un cas.