Jan 182018
 

Plutôt énervant le présenteur-vedette de BFM / RMC quand il titille ses invités sur l’augmentation du prix du tabac. Mais son interview « vérité » dans le dernier numéro (janvier/février) de la revue L’Amateur de Cigare, ponctué d’une couverture plus que parlante, le rend vraiment plus sympathique. Jean-Jacques Bourdin n’y cache pas son goût pour Le Havane.

•• En apparaissant dans L’Amateur de Cigare, vous n’avez pas peur pour votre image ? » lui demande le journaliste.

Réponse : « je m’en fous complètement. Je ne vais pas me cacher. Certains se cachent, pas moi. La police de la pensée commence à me fatiguer»

•• Puis il revient sur son initiation : « par un ami. J’ai longtemps fumé la cigarette et vers 44 ans, comme tout fumeur de cigarettes, je cherchais comment arrêter. J’ai essayé dix fois et j’ai repris dix fois. Un jour, un ami m’a dit : moi j’ai arrêté grâce au cigare. J’ai trouvé ça étrange. Il a insisté (…) Depuis, je ne fume plus, je savoure des cigares (…)

« Au moment où je le déguste, le cigare prend une place entière. C’est un moment de paix, d’observation et de réflexion (…)

« En fait, à part André Santini, je ne sais pas quels hommes politiques sont de vrais amateurs. La plupart n’assument pas … De la même manière, je ne fais partie d’aucun club. À mes yeux, le cigare est un plaisir assez solitaire. »

Jan 072018
 

Étonnant ! Les anti-tabac n’ont pas encore vociféré contre le film – sorti cette semaine – « Les Heures sombres » dont l’affiche met en évidence un cigare fumant plutôt que le facies de Churchill.

Peut-être sont-ils intimidés par l’imposante personnalité de l’homme politique incarnée par l’acteur Gary Oldman et le contexte historique choisi par le synopsis.

Mais il aurait été difficile (pour ne pas dire absurde) de gommer les fameux cigares de Winston Churchill, tout comme le whisky entamé dès le petit-déjeuner.

Et pourtant le tournage doit les faire bouillonner de rage. Il était stipulé dans le contrat qu’il a signé qu’il devrait fumer des cigares, exactement comme l’ancien Premier ministre britannique avait l’habitude de le faire.

Il ne connaissait peut-être pas les quantités … 400 pour 58 jours de tournages. « On me donnait un cigare entamé aux trois-quarts et puis au fur et à mesure des prises il se consumait. Et l’accessoiriste me redonnait un nouveau cigare. Tout cela au cours des 10 à 12 prises par scène » a expliquait l’acteur dans les médias. Quoiqu’il en soit Gary Oldman est en lice pour les Oscars.

Déc 062017
 

« Rester curieux, vivre avec excès et admirer ce monde », expliquait Jean d’Ormesson quand on lui demandait ses secrets de jeunesse à l’occasion de son libre-confession « Qu’ai-je fait » en 2008. Il avait 83 ans.

Et parmi les plaisirs de l’Immortel qui vient de disparaître, il y avait le cigare.

Le compagnon de travail (parfois) quand le désarroi s’installait.

Le compagnon des moments de loisirs, comme à Roland-Garros en 2011 où, installé à la tribune présidentielle, il avait allumé un gros barreau de chaise, sous le nez des joueuses. Enfin, le compagnon de son élégance …

Oct 072016
 

Farc ColombieQue l’on soit d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, quand on est un politique, les élections ça stresse. Et quoi de mieux que la lente dégustation d’un cigare pour suivre le décompte des résultats. Manuel Valls y avait eu recours le soir des départementales l’an dernier (voir NS 13 du 27 mars 2015). Dimanche dernier, c’était au tour du chef des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), à l’issue du référendum sur l’accord de paix « final et définitif » destiné à mettre fin à un conflit intérieur de 52 ans.

Rodrigo Loroño, plus connu sous ses noms de guerre « Timoleon Jimenez » ou « Timochenko », était revenu à Cuba ce soir-là. Confortablement installé dans un imposant fauteuil en cuir d’un club de la ville, en compagnie d’autres dirigeants de la rébellion et de journalistes, le chef de la guérilla a passé plus de deux heures à suivre la chaîne de télévision Telesur, un cigare cubain aux lèvres. Lire la suite »

Juil 252016
 

yan-pei-ming-1lowL’artiste franco-chinois Yan Pei-Ming, né dans les quartiers pauvres de Shanghai, est devenu l’un des peintres les plus cotés au monde. Célèbre pour ses portraits en noir et blanc d’icônes contemporaines (Mao Zedong, Barack Obama, Picasso, Coluche, etc.). Installé en France depuis 1983, il se partage entre ses ateliers de Dijon et d’Ivry-sur-Seine, d’anciennes usines désaffectées à la dimension de ses toiles démesurées.

Cet été, il expose à Sète une série de tableaux intitulés « Ruines du temps réel ». Ce qui donne l’occasion à « M Le magazine du Monde » d’évoquer le « cigare », omniprésent à la main ou aux lèvres de Yan Pei-Ming, « qu’il fume pour mieux trouver son rythme ».

« Je devais avoir un peu plus de 20 ans quand j’ai commencé à fumer le cigare. C’est à l’artiste Bertrand Lavier que je dois ce goût. Il m’avait commandé deux châssis. Il a insisté pour me payer mais j’ai refusé. Un jour, il est venu me voir dans mon atelier avec une boîte de 25 havanes pour me remercier. Je l’avais toujours vu fumer le cigare. J’avais observé sa façon de faire, sa gestuelle. Je l’ai donc imité ….

« Comme Internet n’existait pas, je ne pouvais pas me renseigner sur qu’il fallait faire pour les conserver, les préparer, les allumer. C’est Bertrand qui a répondu à mes questions. Aujourd’hui, on fume souvent ensemble. Mais, je n’initie personne à mon tour. Quand il m’est arrivé d’offrir des cigares, j’ai constaté que les gens les éteignaient après trois bouffées. C’est gâcher. C’est comme ouvrir un très bon vin et n’en prendre qu’une gorgée !

« J’achète toujours mes cigares en France. Je n’ai pas de filières pour les faire venir spécialement. Je paie les taxes !

« J’aime fumer le cigare pour prendre le temps, partager du temps avec moi-même. Dans mon atelier, lorsque je travaille sur une toile, pour me reposer ou observer ce que j’ai peint, je m’assois et j’allume un cigare. Au lieu de m’arrêter trente minutes, je fais des pauses plus longues pour le terminer.

« Fumer me permet de lutter contre l’immédiateté. Cela me donne le temps de réfléchir … En cinquante ans, le monde a évolué à une vitesse jamais vue … Aujourd’hui, l’information est partout. Avec les réseaux sociaux, chacun est le journaliste de sa propre vie. Dans l’idéal, je devrais me couper de tout pour travailler, mais je n’y arrive pas. Parfois, je me force à mettre le téléphone dans une autre pièce. Et je m’aide du cigare, qui m’oblige à ralentir ».