Mai 232018
 

Coup de gueule de Laurent Mimouni sur le site cigars-conect.com contre certains établissements parisiens qui font de la surenchère dans la discrimination des fumeurs … de cigares, cette fois.

•• On connait déjà la notion de « terrasse non-fumeur », avec le label « Ma terrasse sans tabac », mis en place par le ministère de la Santé l’été dernier. Cela dit en passant, le site et l’appli recensent 28 établissements pour Paris et 75 à l’échelle du pays (…)

•• On voit désormais fleurir la notion, contestable, de terrasse « fumeur sauf cigare ». C’est parfois écrit en toutes lettres (comme au Café de la Place dans le 16ème à Paris). Ça peut aussi être pratiqué plus discrètement, comme à La Petite (toujours à Paris, dans le 5ème) où le gérant, « affirmant que nous allions « lui vider sa terrasse », a accepté de renoncer à 4 consommations déjà servies pourvu que nous déguerpissions … pour aller sur le trottoir d’en face.

•• La pression n’ayant pas de limites, poursuit Laurent Mimouni, « nous sommes tombés récemment sur une nouveauté encore plus aberrante : le « fumoir interdit au cigare ». Cette forme nouvelle d’ostracisme se pratique au restaurant Bambou (Paris 2ème). Sur consigne de la direction, le serveur nous a poliment éconduits, lorsqu’il s’est aperçu que nous nous apprêtions à profiter de son vaste fumoir en dégustant un cigare. Notre Montecristo Edmundo aurait sans doute outrageusement dérangé les fumeurs de Camel ou de Marlboro … ».

Avr 062018
 

En Autriche, le gouvernement a pris courageusement position en faveur de « zones fumeurs » dans les bars et restaurants. Le Parlement a validé la décision le 22 mars dernier.

Une brèche s’est-elle ouverte ? Oui, pour le directeur de Forest EU – association européenne de défense des droits des fumeurs responsables et des non-fumeurs tolérants – qui signe, dans Contrepoints, un plaidoyer pour une révision des lois d’interdiction de fumer. Extraits.

•• « L’Europe est réputée pour son approche tolérante et décontractée de la vie. Nous sommes fiers de notre sens de la nuance et de notre volonté de compromis. Il est donc alarmant de constater le pouvoir croissant des militants antitabac et leur volonté inébranlable de « dénormaliser » les fumeurs, comme ils disent. En particulier, leurs efforts visant à empêcher les gens de fumer en public – et maintenant de plus en plus en privé – sont de plus en plus inquiétants (…) On peut se demander où tout cela finira. Quand verra-t-on des policiers frapper à votre porte pour vérifier que vous ne buvez ou ne fumez pas devant vos enfants ? Lire la suite »

Déc 282017
 

La confusion entre corrélation et causalité – entre lien statistique et lien de cause à effet – est le péché mignon du chroniqueur Dominique Dupagne sur France Inter. Pour cette fin d’année, il revient sur une « statalacon » édifiante …

« Intuitivement, mais à tort, nous avons l’impression que lorsque la fréquence de deux événements augmente parallèlement, l’un est la conséquence de l’autre. C’est parfois vrai  … Mais le plus souvent, c’est à tort que l’on affirme un lien de cause à effet devant une simple corrélation statistique.

« Un exemple illustre ce piège qui guette tous les journalistes, notamment scientifiques. Il concerne les prisons anglaises où le tabac vient d’être interdit. Quelques mois après, les aumôniers ont été débordés par les demandes de bibles de la part des détenus.  L’arrêt du tabac aurait-il fait réfléchir les prisonniers sur l’avenir leur âme ?  C’est la conclusion hâtive et erronée qui pourrait naître de la confusion entre corrélation et causalité.

« Or la raison de cette piété aussi soudaine qu’apparente est toute autre : le papier bible est idéal pour rouler des cigarettes artisanales, et la demande s’est effondrée lorsque les prisons ont commandé des bibles en papier recyclé, bien plus épais ! ».

Nov 282017
 

Dans un éditorial du site littéraire ActuaLitté, Nicolas Gary craint la chasse au tabac dans les textes, entre les bulles. « Bientôt, plus aucune œuvre de l’esprit n’évoquera même l’idée des volutes bleutées : enfin, un monde sain pour des esprits sains … »

« Mais pourquoi pas la littérature ? Après tout, le livre est la première industrie culturelle de France ! Et puis, on a déjà pris le pli : il y eut en 2005, à la BNF, cette exposition autour de Sartre, privé de sa légendaire cigarette sur l’affiche de l’exposition. Alors, pourquoi ne pas pousser le bouchon et par souci de santé publique, doucement glisser aux auteures, illustrateurs, romanciers, dessinatrices et consorts, qu’il faut se mouiller et en finir avec les sèches !

•• « D’ailleurs, ça s’est déjà fait : lors de la publication des mémoires de Jacques Chirac, chez Nil, en 2009, le président s’était fait sucrer sa clope, frappé par la loi Évin. On se souvient en effet du passé de fumeur du président de la République. Avant d’arrêter officiellement en 88.

•• « Comment oublier — on s’éloigne un peu des maisons d’édition — le timbre Malraux sans clope, lui aussi passé sous les fourches caudines de la photoshopisation de notre société ? À cette époque, le député Didier Mathus avait même tenté de faire réviser la loi Évin, pour que soit exclu de son champ d’application le patrimoine culturel. Le Haut Conseil à la Santé publique avait estimé que donner « un signal d’assouplissement [était] contraire aux objectifs de la lutte contre le tabagisme ». Lire la suite »

Nov 232017
 

Clap final sur la polémique de l’interdiction de la cigarette sur les écrans français ?

Pas sûr … même si la montée au créneau contre Agnès Buzyn et pour la liberté de la création artistique a été notable.

Et pas seulement du côté des professionnels. Dans Slate, William Lowenstein, addictologue et président de SOS Addictions, a signé une tribune recadrant la ministre de la Santé.

« Censurer est un symptôme d’infantilisme. Entre censure et incitation à la consommation du plus grand serial killer de tous les temps – je parle bien du tabac fumé –, entre effacement des œuvres et « placement de produit », devrais-je, moi addictologue, choisir ? 

•• Alors choisissons. Parce que l’addictologue est du côté de la vie, il ne saurait la gommer. Nos biens les plus précieux sont la santé et la liberté. Les addictions menacent les deux. Pour autant, en aucun cas, on ne saurait toucher à la liberté d’expression pour des raisons hygiénistes.  Lire la suite »