Mai 082018
 

Elle est très visible, cette campagne de communication, menée par la Mairie de Paris actuellement, parce que présente sur tous les camions-poubelle. Elle s’adresse aux fumeurs et, pour une fois, on ne les traite pas de gougnafiers.

Bien au contraire : on les remercie d’avoir jeté leurs mégots dans les poubelles installées à cet effet. Le texte exact, sur toute la longueur du camion-poubelle : « Merci. Vous avez éteint et jeté votre mégot dans l’une des 30 000 poubelles à votre disposition. Ensemble, rendons Paris plus propre. Paris.fr/propreté ». Lire la suite »

Août 132016
 

megot dessinDes comportements inciviques salissant la rue, on en voit tout le temps.

Papiers négligemment répandus, chewing-gums parsemant le trottoir, emballages graisseux avec reliefs douteux de repas à quelques mètres d’un sac-poubelle public.

Et des mégots. Oui, des mégots aussi … Trop de mégots s’amassant quelquefois en certains lieux précis.

Et l’on n’insistera jamais assez – nous, fumeurs adultes et responsables – sur la nécessité de faire gaffe, de nous montrer précautionneux sur ce que nous faisons de notre mégot … nous qui devons déjà préserver notre liberté de fumer là où nous en avons encore le droit.

Il n’empêche que chaque fois qu’un élu local veut faire reluire un tant soit peu son image, il monte une campagne anti-mégots. Comme l’avait fait Anne Hidalgo, il y a un peu moins d’un an, pour lancer son PV à 68 euros. En pleine grève des éboueurs dans la moitié des arrondissements parisiens. Degré zéro de crédibilité.

À Colmar, c’est le maire Gilbert Meyer – au caractère peu facile, vous souffleront ses concitoyens – qui s’y met. En lançant même une consultation publique sur le site Internet de la ville : faut-il verbaliser les jets de mégots dans la rue ? Question banale pour réponse attendue.

Mais, pour être sûr de son effet, le maire n’hésite pas à employer de grosses ficelles :
• tout le monde peut participer à ce référendum du pauvre, y compris les non-Colmariens … « Je souhaitais recueillir l’avis du plus grand nombre, sachant que 3,5 millions de touristes passent dans le centre-ville de Colmar » plaide l’intéressé dans Le Parisien/ Aujourd’hui en France du 11 août. Tu parles, Gilbert !
• le système de scrutin n’étant pas verrouillé, on peut prendre part au vote de façon illimitée … Un malin, ce Gilbert !

Jo Bazizin

Mar 242016
 

Paris cendrier de pocheElle a bien eu lieu l’opération de la Ville de Paris – ce mardi 22 mars (et malgré les événements traumatisants de Bruxelles) – de distribution de cendriers de poche devant les cinq grandes gares parisiennes (en partenariat avec la Sncf, la Ratp et le Syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers traiteurs). « 50 000 l’an dernier, 50 000 aujourd’hui et 125 000 dans les mois à venir » a détaillé aux médias Mao Peninou, adjoint à la Mairie de Paris en charge de la propreté et l’assainissement, « on donne (aux fumeurs) tous les moyens d’être propres. Il n’y a plus d’excuses ».

Il paraît que beaucoup de Parisiens (ou de Franciliens transitant dans la capitale, pour être précis) auraient encore du mal à avoir le réflexe à ne pas jeter leurs mégots … Mais, même avec la meilleure volonté du fumeur responsable, c’est un parcours du combattant pour trouver l’une de ces poubelles équipées d’éteignoirs (« une tous les 100 mètres » cela m’étonnerait !).

Ce qui ne nous empêche pas, pour la plupart d’entre nous, de nous montrer plus civiques que certains consommateurs de snacking ou de boissons alcoolisées ou pas … par exemple.

Mais les usagers se sont pliés au jeu en jugeant l’opération intéressante. « J’ai pris ce cendrier et je vais l’utiliser. Mais globalement, je jette moins mon mégot par terre. Et ce, plus par civisme que par crainte de l’amende », explique un homme de 50 ans cigarette entre les doigts. Xavier, 54 ans, lui refuse même l’objet, estimant avoir déjà le geste adéquat : « je mets tout le temps mon mégot dans une poubelle ».

« Merci. Je ne fume pas mais je vais le donner à un ami fumeur », lance une femme en traversant le parvis de la gare de Lyon.

Au fait, le flagrant délit de jet de mégot – passible d’une amende de 68 euros depuis octobre (voir notre article) –  s’est traduit par 1 200 verbalisations. Depuis cinq mois et pour plusieurs de millions de personnes concernées.

C’est franchement peu. Soit il n’y a que peu d’agents pour contrôler ou alors les fumeurs ne sont pas aussi irresponsables.

Sophie Adriano

Oct 122015
 

Mégot MontbéliardÀ Montbéliard dans le Doubs, la municipalité n’a pas du tout envie de suivre la chasse aux mégots lancée par la capitale (voir NS 13 des 3, 5 et 11 octobre) et ce, malgré la parution du décret faisant passer l’amende à 68 euros pour toutes les incivilités de propreté publique (et il n’y a pas que les mégots).

La réponse provient de Philippe Duvernoy, l’adjoint en charge de la sécurité. « Non, ce n’est pas une priorité » a-t-il déclaré à la presse locale. Concrètement, il voit mal les agents de la police municipale courir derrière les fumeurs pollueurs pour venir les verbaliser. Placer un PV sous un essuie-glace, c’est plus facile que de pourchasser un quidam pas forcément identifiable.

L’adjoint reconnaît néanmoins que ces mégots, comme les autres jets d’immondices sur la voie publique, constituent des désagréments que la loi réprime théoriquement mais « on espère que le civisme l’emportera ». Lire la suite »

Oct 112015
 

Mégots grève ParisLe 1er octobre, la Ville de Paris laissait lourdement entendre que les fumeurs comptent parmi les principaux fauteurs de pollution avec leurs jets de mégots : ceci pour mieux « vendre » son opération « verbalisation à 68 euros » (voir NS 13 des 3 et 5 octobre)

Patatras. Quatre jours plus tard, les trottoirs de la moitié de la capitale se remplissaient de poubelles débordantes et puantes … suite à la grève des 4 900 agents chargés de la propreté et revendiquant revalorisation des salaires et avancement de carrière.

De quoi relativiser sur la hiérarchie des problèmes de pollution. Le mégot est brusquement apparu comme une goutte d’eau dans cet océan de déchets (résultat de la grande consommation à outrance et génératrice de gâchis) posant un problème sérieux d’insalubrité.

Alors, la stigmatisation du « fumeur », générant une montagne de mégots virtuellement aussi grande que Notre-Dame, ça nous fait rigoler ! Surtout, pendant quatre jours, on a été choqué par l’attitude irresponsable de certains et, en particulier (on va cafter), de nombreux commerces liés à l’alimentaire jetant n’importe où et n’importe comment.

Grève ou pas, la Ville de Paris est toujours à côté de la plaque en matière de propreté. Et plutôt que de tomber sur des « têtes de turc », pollueurs marginaux, elle ferait mieux d’investir dans du matériel performant et des hommes. Pour agir vraiment et non faire de la com facile.

Sophie Adriano