Mar 022018
 

Et ce sont, bien entendu les fumeurs qui en sont les victimes : trop passives, toujours trop passives …

Selon un article édifiant des Échos (1er mars), la hausse des prix d’hier, c’est près de 500 millions de recettes fiscales en plus pour l’État, plus exactement pour la Sécurité sociale. Alors que la reprise économique commence à combler le déficit … C’est bien une opération haro sur le pouvoir d’achat des fumeurs.

Évidemment, on les culpabilise avec l’argument rabâché : le tabagisme, c’est la « première » cause de mortalité évitable et donc, forcément, des dépenses de santé. Nos ministres des Comptes publics et de la Santé ont donc préféré insister sur les implications pour la santé publique, avec « une nouvelle étape franchie pour la prévention de l’entrée dans le tabagisme et [l’incitation] des fumeurs à s’arrêter de fumer ». Mais silence radio sur le remplissage des caisses de l’État. Hypocrites.

Et le pouvoir d’achat dans tout ça ? Nos grands stratèges de la santé publique comptent bien sur le fait qu’on n’arrête pas franchement. C’est le « jeu de l’élastique ».

L’État se base dans ses calculs « sur une hypothèse d’élasticité prix de -0,75, à savoir qu’une hausse de 10 % du prix est censée se traduire par une baisse de 7,5 % des volumes vendus ». D’où les 500 millions dans les caisses de la Sécu. Lire la suite »

Fév 252018
 

Eh oui ! C’est ce jeudi 1er mars que les étiquettes vont valser à la hausse. Quasi un euro pour certaines, 70 centimes pour d’autres. On est sur le chemin du paquet à dix euros dans deux ans.

Outre notre ras-le-bol du matraquage fiscal (et sur le tabac, et sur le reste), les fumeurs vont se taper une journée de rappel à la réalité : on nous prend pour des « c … ».

Après avoir fait la queue derrière les joueurs de grattage et de cochage (qui vous bousculent au cas où ils rateraient la fortune du siècle !), le fumeur va découvrir le nouveau prix de son paquet au moment du passage en caisse … « Ah, il manque un euro ! », va nous réclamer le buraliste qui n’aura même pas pris la peine d’expliquer quoi que ce soit. « Ah, mais vous vous êtes trompé dans le rendu-monnaie ! » va constater le client une fois de plus sous-informé. Lire la suite »

Fév 052018
 

Instructif, cet article du Figaro, de ce matin, sur la prochaine augmentation des prix du tabac (au 1er mars), déclenchant le passage du paquet à 10 euros en 2020.

Instructif et, malgré tout, réconfortant parce qu’il met en évidence que nos ministres en « culotte courte » ou genre « maîtresse d’école » ont des pouvoirs limités quand il s’agit d’économie libérale et de choix individuel.

Pour la faire courte, ils (les « culottes courtes ») voulaient imposer plus un euro sur tous les paquets de cigarettes. Sauf que certains fabricants ont dit non.  Ce sera 70 centimes pour le paquet le plus emblématique et pas un centime de plus. Quitte à rogner sur sa marge et à perdre jusqu’à « 45 millions de manque à gagner en 2018 » selon les estimations. Après tout, c’est son choix d’entreprise pour rester leader.

Pour nous les fumeurs, ça va relever à peu près de la même logique. On va perdre du pouvoir d’achat si on continue à consommer ? C’est notre choix et notre problème. Et les alternatives de toutes sortes ne manquent pas … De toute façon, l’argument de la perte de pouvoir d’achat ne faisait pas trop « santé publique ».

Pour manger, on fera le plein de Nutella bradé chez Intermarché, même si une loi sur l’alimentation va bientôt l’interdire ! Soit une de plus sur la liste des « contraintes dans la vie de tous les jours » qui s’allonge.

Nov 102017
 

Allez comprendre les politiques de santé publique … Il y a un an Marisol Touraine, ministre de la Santé de l’époque, mettait en place le paquet neutre pour « rentre moins attractive » l’image du tabac à travers son packaging …

À partir de la semaine prochaine, c’est la valse des étiquettes avec des hausses continues du prix du tabac sur trois ans. 10 euros, ce n’est pas rien pour le portefeuille. Cela étant censé créer un déclic pour arrêter de fumer, en dehors des considérations touchant au remplissage des caisses de l’État.

Cela dit, on peut se poser une question. Placer le tabac à ce niveau de prix n’est certainement pas une opération de « dénormalisation ». Au contraire, plus cher et moins accessible, tel un produit de luxe, le tabac sort de la banalisation. Et qui dit luxe, dit désir. Et qui dit luxe, dit « bling bling ». Finalement, les fumeurs seront peut-être fiers d’arborer leur dernier signe extérieur de « richesse », presque comme une Rolex au poignet ou un sac Vuitton.

Nov 082017
 

Le premier tir sur le portefeuille des fumeurs c’est tout de suite maintenant : lundi 13 novembre avec plus 30 centimes en moyenne par paquet de cigarettes. La prochaine salve, c’est bientôt : dans quatre mois en mars 2018 (plus un euro). Suivies d’autres, répétées, jusqu’au paquet à 10 euros en 2020. 

Seul objectif chiffré du Gouvernement : le jackpot de 510 millions d’euros dès fin 2018 dans les caisses de l’État (ou de la Sécurité sociale), soit autant en moins dans les poches des fumeurs. Et, grâce à ce mécanisme – sorti de la tête de technocrates ou de grands pontes de la santé publique – on n’en grille plus une ! ERREUR !

Depuis de nombreuses années, la France est en haut du podium des prix en Europe continentale et son taux de tabagisme n’a pas baissé proportionnellement. Il y a comme un problème dans leur logiciel.

Autre bug. Le fumeur n’est ni le citoyen « mouton » dont rêve les dirigeants, ni l’abruti « dépendant de son addiction » décrit par les spécialistes. Il en a ras-le-bol des leçons permanentes, de la « chasse à la sorcière », du rackett … Tout concourt pour faire front au harcèlement d’une société « bien-pensante » qui ferait mieux de faire son autocritique.

UNE INCITATION À LA DÉSOBÉISSANCE 

Le fumeur sait ce qu’il fait, connaît les enjeux. C’est donc à lui de décider s’il continue ou s’il arrête et comment il arrête (avec les méthodes de son choix). Sans critiquer les bonnes intentions de « Moi(s) sans tabac », on voit bien que la mayonnaise ne prend pas. 125 000 participants au démarrage, 145 000 au dixième jour … contre 180 000 l’an dernier. Ce n’est pas l’engouement et ce malgré le coup de pub sur le paquet à 10 euros pendant tout l’été. D’autant que le sevrage va jusqu’au geste, même l’e-cigarette étant dénigrée.

Si de nouvelles contraintes fiscales viennent s’attaquer à son portefeuille, son choix sera vite fait de pratiquer un sport d’actualité auquel la France n’échappe pas (« Paradise papers ») : fuir le trop plein fiscal. Et sans pour autant tomber dans l’illégalité, il en existe beaucoup de paradis fiscaux du tabac à côté de l’enfer français. Ce n’est pas très sympa pour les buralistes, mais Agnès Buzyn ne pense qu’à nous éloigner de leurs débits.

Et le Gouvernement français ne manque pas de culot quand il dit vouloir une harmonisation de la fiscalité du tabac en Europe : ses voisins n’ont pas à payer ses propres erreurs de santé publique.

La Mère agitée

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