Avr 202015
 

Patrick Dewaere cigaretteElle lance une offensive contre la présence de la moindre cigarette sur le moindre petit bout de pellicule.  » Elle « , c’est la députée bobo, milliardaire, socialiste et anti-tabac de Bordeaux, Michèle Delaunay (voir NS 13 du 8 avril).

Alors, on ne résiste pas au plaisir de lui dédier deux dialogues célèbres et révélateurs où l’on parle du tabac comme dans la vie. Et ce n’est pas forcément de la propagande.

• Dans « Adieu Poulet » de Pierre Granier-Deferre (1975) avec Patrick Dewaere et Lino Ventura.

« J’ai dit pas dans la bagnole, merde !
– Tu ne vas pas remettre ça, hein ?
– Tu ne peux pas attendre deux minutes, non ?
– Baisse ta vitre ! Baisse ta vitre, et fais pas chier !
– Non! Sois gentil, éteins-la…
– Non! Tu ne m’auras pas, là ! J’en ai balancé vingt aujourd’hui à cause de toi ! Un paquet ! Cela fait trois jours que tu fumes plus, moi ça me coûte une fortune, alors celle-là, je la fume ! Et je t’emmerde.
– Si tu savais ce que tu t’envoies dans les poumons …Tu dois avoir une couche de goudron comme ça, à l’intérieur. Drogué, va !
– Arrête-moi.
– Quoi ?
– Arrête-moi, là, arrête-moi.
– Attends deux minutes …
– Arrête-moi, là !
– Sois pas con, je te raccompagne, tu ne vas pas marcher jusqu’à …
– Je vais fumer ! Ciao !
– Tu vas crever, con, et moi je me marrerai bien … » Lire la suite »

Avr 132015
 

Paquet Manif Toulouse AéroportParadoxe du temps qui passe sans savoir où il va.

Au moment où Marisol Touraine cherche à diaboliser au maximum le paquet de cigarette – genre : « enlaidissez ce paquet que je ne saurais voir ! » – , le bon peuple réagit en détournant les symboles de la lutte anti-tabagique.

Ainsi, il n’y a guère de manifs où l’on ne voit le paquet et son « fumer tue » être récupérés pour une autre cause. Comme à Toulouse, samedi dernier, où les opposants à l’entrée d’un consortium chinois dans le capital de l’aéroport ont distribué des cartes postales aux voyageurs, à adresser au Président de la République. Avec, au dos, la reproduction d’un paquet de cigarettes portant la mention sanitaire suivante : « privatiser nuit gravement à la santé et au bien public des Toulousains ».

« Neutralisé » ou « détourné », le paquet de cigarettes reste bien ancré dans l’imagination populaire.

Philippe Solchaga

Mar 222015
 

Drôle, touchant, et peut-être énervant pour certains, le double portrait de Tesson père et fils que vient de nous servir, à l’heure du déjeuner, Maitena Biraben dans « Le Supplément » de Canal +

Livre-Berezina-S-Tesson-251x30010854760406_410282c8a2Philippe le père, « dandy mondain », qui de Combat au Quotidien de Paris, a incarné certaines des plus belles pages de la presse quotidienne des années 60-90. Ce fou de théâtre n’est jamais à cours de tirades pleines de panache. Et à 87 ans, l’œil plus pétillant que jamais, discrète cigarette à la main, il ferraille contre ceux qui l’accablent d’une mauvaise polémique.

Sylvain le fils, « aventurier esthète », écrivain-voyageur d’envergure (« Berezina » est son dernier ouvrage) qui sillonne des terres infinies. Victime, l’été dernier, d’une très grave chute, il nous montre comment il arrive à fumer son cigare malgré sa gueule cassée : « il faut bien aider Cuba ».

Le style, l’élégance et la liberté de ses choix comme héritage.

Mar 132015
 

Cinéma grande_bellezzaEn même qu’une série d’interdiction de fumer (parcs, stades, plages et en voiture), la ministre de la Santé italienne avait imaginé pouvoir faire disparaître « la cigarette » des écrans de cinéma ou de télévision. Pas longtemps … 24 heures après son annonce, plusieurs réalisateurs lui ont fait comprendre, dans une lettre ouverte via La Repubblica, qu’elle « s’occupe de ses oignons ». Ce qu’elle a fait dès le lendemain s’agissant des films.

« Le cinéma, la littérature et les arts en général ne répondent à aucune consigne, même la plus honorable, la plus juste, la plus saine, la plus édifiante. Raconter l’humanité enrichit nos jours et nos nuits non pas parce qu’il faudrait indiquer comment vivre sainement, comment manger, comment aimer, comment jouir. 
« Pour cela, le ministère de la santé devrait disposer de moyens de communication qui pourraient être plus modernes. Mais ne demandez pas à un boucher de vous vendre une branche de céleri. Il vous enverra directement chez un marchand de légumes. Nous vous prions donc de vous occuper de la santé publique en avançant des propositions moins tragicomiques que de compter le nombre de bouffées de cigarette dans un livre, un film ou une BD ».

Signée Paolo Sorrentino, (oscarisé en 2014 pour « La Grande Bellezza », dans lequel Toni Servillo ne quitte guère sa cigarette, laquelle « colle » parfaitement au personnage, d’ailleurs), Mario Martone, Gabriele Muccino, Daniele Luchetti, Paolo Virzi et Gabriel Salvatores.

Mar 092015
 

Corto MalteseComme il est plus facile, de nos jours, de brosser le portrait d’un ministre que d’établir les aspects positifs de son bilan… on a donc droit à un tas de portraits, en veux-tu, en voilà, dans la presse qui s’empresse de scruter la face people du ban et l’arrière-ban de nos politiques.

Il n’y a pas si longtemps, Les Échos a passé au crible la vie d’étudiante de Marisol Touraine. Rien de croustillant, d’autant que le journal se limite à retranscrire les réponses qu’a bien voulu consentir notre bonne ministre de la Santé. Mais quand on s’enquiert des « héros préférés » de son lointain temps d’étudiante, elle réplique… Corto Maltese.

Corto Maltese ! Cet aventurier racé, solitaire, traversant ironiquement continents et épopées, initié, esprit libre, jamais neutre … et grand fumeur de longues cigarettes ou cigarillos. Attention, les admirations refoulées peuvent se révéler dangereuses.

A moins que Marisol ne se soit identifiée à d’autres personnages croisés par Corto Maltese : comme la duchesse rouge, croisée aux confins de la Sibérie et qui porte si élégamment son fume-cigarettes.

Herman Bazouk