Fév 252020
 

Pour une fois qu’un média ne nous tire pas dans les pattes …

Une grande entreprise espagnole vient d’être autorisée par la justice à faire pointer les salariés qui prennent une pause cigarette ou une pause-café a annoncé BFM/RMC dans Bourdin Direct de ce 25 février. Mais est-ce une mesure qui pourrait arriver en France ? 

Le Code du travail français impose 20 minutes minimum de pause par journée de plus de 6 heures.

•• Exemple : trois fois par jour, deux femmes descendent par ascenseur du 17e étage pour une pause cigarette. C’est donc plus de deux heures qui partent en fumée chaque semaine. Mais ce n’est pas du temps perdu, jurent-elles. « Ça nous permet d’échanger sur des sujets souvent professionnels » explique l’une d’elles. « Finalement la pause clope devient l’occasion de continuer le travail » ajoute l’autre.

« Certains prennent une pause clope toutes les heures. Mais bon, j’en vois au café, je descends, ils sont à la pause-café, je remonte, ils y sont toujours. Pour moi, ce n’est pas une question de fumeur ou non-fumeur » assure le responsable informatique de l’entreprise.

•• Beaucoup d’entreprises ne contrôlent pas les temps de pause de leurs salariés tout simplement parce qu’elles n’y ont pas intérêt, explique l’avocat spécialiste en droit du travail Emmanuel Gayat.

« On ne va pas contrôler le temps qui est pris pour des petites pauses afin de ne pas avoir à décompter tout le temps de travail parce qu’on constate beaucoup de salariés font beaucoup plus d’heures que ce pourquoi ils sont payés » indique-t-il.

Pour l’avocat maître Olivier Angotti, s’il y a un excès de pause de la part d’un employé c’est d’abord le signe d’une insatisfaction au travail : « ce n’est pas fautif de prendre une pause, cependant c’est fautif d’être dans l’abus et de ne plus faire le travail pour lequel on est payé ».

L’enjeu financier serait considérable pour les entreprises : selon une étude récente, 6 salariés sur 10 affirment faire des heures supplémentaires non reconnues.

Comme quoi, à travers la clope, on tombe sur d’autres problèmes …

Déc 052019
 

Décidemment, l’Institut Molinari a beaucoup à dire en ce moment. Dans la page « Idées & Débats » des Échos (édition 29 novembre), Cécile Philippe, sa présidente, lance une nouvelle alerte sur la révolte fiscale. 

« Tout le monde se souvient de la stupeur des politiques face au mouvement des « Gilets jaunes » suscité par une hausse de la fiscalité des carburants, a priori indolore. Pourtant, les appels récents à la reprise de la trajectoire carbone ou le passage du paquet de cigarettes à 10 euros laissent à penser que toutes les leçons de cet épisode de révolte fiscale n’ont pas été tirées.

•• « La théorie fiscale standard considère que la fiscalité directe est beaucoup plus douloureuse que la fiscalité indirecte. Ainsi, l’impôt sur le revenu serait moins facilement consenti que des impôts indirects, comme la TVA ou les droits d’accises (…) Rentables et efficaces, ces derniers sont progressivement devenus une source majeure de financement des États providence de nos riches démocraties, comme l’a montré Junko Kato, professeure de sciences politiques à Tokyo. Lire la suite »

Sep 142019
 

Coup de chapeau au chroniqueur et journaliste Éric Dior pour sa contribution au dernier numéro de Marianne. Il démontre avec brio la fonction centrale de bouc émissaire qu’endosse le fumeur dans et pour la société.

« Et vous, jeune homme, que faites-vous dans la vie ? » demandait une baronne victorienne à un jouvenceau prometteur imaginé par Oscar Wilde. « Je fume », répondait-il.  « C’est bien, concluait la douairière, car il est bon qu’un jeune homme ait une occupation ! » Une époque bénie où l’adepte de l’herbe à Nicot n’était pas encore traité comme un paria. Lire la suite »

Juin 302019
 

Les médias lui attribuaient 80 cigarettes par jour … Finalement, selon ses aveux dans la presse italienne (La Nuova Riviera), il ne consomme que trois paquets par jour. 

À 60 ans, Maurizio Sarri ne fait rien comme les autres : coach vénéré (puis honni) à Naples après de longues années d’anonymat, ancien entraîneur de Chelsea, où il ne sera resté qu’une seule saison, le temps de remporter la Ligue Europa, le nouveau technicien de la Juventus Turin s’est livré sans détours sur sa consommation. Lire la suite »

Mar 232019
 

Dans son blog sur Médiapart, Denys Laboutière (dramaturge, conseiller artistique) revient sur la dernière augmentation des prix du tabac du 1er mars, mise en place à la hussarde. Un déni de démocratie … à son avis. Extraits : 

« Fumeur invétéré (ni fier ni honteux de l’être), il ne m’est jamais venu à l’idée d’encourager qui que ce soit à commencer de tirer sur le moindre tuyau renfermant cette herbe à Nicot désormais diabolisée. 

Mais j’aimerais néanmoins qu’on foute la paix à mes finances qui ne sont pas si prodigues en évitant désormais qu’on les spolie, soit- disant pour des raisons sanitaires. Si l’État avait une réelle conscience que le tabac constitue un danger réel, il commencerait par interdire, en son propre pays, l’ouverture des officines agrémentées, au surplomb de leur devanture, de cette curieuse carotte rouge qui fit office de point de ralliement pour des drogués impénitents. Cela aurait le mérite d’être une politique claire et sereine et, surtout non hypocrite (…).

•• « Le plus indécent, chez Macron et ses ministres, fut ce coup de grâce supplémentaire, asséné ce 1er mars, avec une énième augmentation du paquet de cigarettes de 0,50 centimes d’euros. Sans que personne, pas même un média de presse ou télévisuel ou radiophonique d’habitude prompt à relayer l’information, n’avertisse les consommateurs.

« À moins que ces mêmes médias soient complices de ce silence, pour complaire au Château ? Car c’est devenu maintenant, depuis un an et demi, depuis l’avènement de la REM un réflexe : on ne communique surtout pas à l’avance la décision d’augmenter le prix des clopes. Journaux, radios, télévisions sont donc main dans la main avec les gouvernants : ce petit événement évident finit par le démontrer (…)

•• « Qu’est-ce donc que ce régime qui impose, ainsi, sa spoliation régulière des revenus de citoyens, sans que ceux-ci puissent protester de ce qui s’apparente réellement à un vol ? Un gouvernement vous fait les poches et l’on ne devrait pas s’en émouvoir ?

On se doute bien qu’aucun député (même s’il part en douce griller sa cibiche entre deux débats à l’Assemblée) n’ira défendre une politique en faveur de l’intoxication des citoyens.

•• « N’est-ce pas là le signe d’un mépris supplémentaire des populations que d’opérer à ce braquage éhonté de nos revenus ?

« En attendant, je trouve que, même si elle paraît dérisoire, cette énième façon d’empêcher les libertés – comme celle de manifester – est la preuve que ce régime autoritaire pollue bien plus l’atmosphère de démocratie qu’il ne le croit. 

Qu’il demeure incohérent comme ses prédécesseurs en n’interdisant tout simplement pas la consommation totale de tabac (mais au risque de se priver de copieuses taxes qui le nourrissent) et qu’il use d’une autorité méprisante, humiliante qui semble être devenue sa marque de fabrique préférée. Avec l’arrogance et la désinvolture qu’on lui connaît désormais. »

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