Oct 032022
 

On sait que toute discussion publique sur le tabac est forcément compromise puisque le fumeur reste invariablement considéré comme un irresponsable (pour lui-même ainsi que les autres) et les professionnels de la filière tabac comme des fauteurs de crime.

Donc, dans les médias on entend toujours les mêmes messages à quelques exceptions près. Et de bonne ou mauvaise foi un certain nombre de grosses bêtises.

Par exemple, Élisabeth Borne affirmant qu’il est nécessaire de faire augmenter le prix du tabac « comme l’inflation ». Rappelons quand même que le prix des produits du tabac en France est déterminé par les fabricants et non par l’État.

Ce qu’annonce Élisabeth Borne est donc une hausse de fiscalité sous le prétexte de l’inflation. L’argument c’est : « on ne peut pas laisser le prix du tabac ne pas bouger alors que les prix des autres produits augmentent. »

Reste que l’augmentation de prix que va connaître le paquet de cigarettes c’est de la hausse de fiscalité. Point barre. C’est une augmentation d’impôts. Même si on nous avait promis que le gouvernement s’engageait à baisser la charge fiscale pour tous les Français, donc fumeurs compris.

Et puis quand le prix du paquet de cigarettes est passé de 7,50 euros en 2017 à 10 euros en 2020, qui s’est alarmé, à l’époque, de cette inflation-record pour la bourse des fumeurs ?

Déc 262020
 

Ils ont encore frappé fort, ces dernières semaines. 

•• Prix. Lors de la dernière augmentation du 1er novembre (point d’orgue du paquet à 10 euros), on a entendu parler de pause fiscale pour 2021. Pour l’industrie du tabac et les débitants, peut-être … mais on s’aperçoit qu’il y a une nouvelle grille de prix applicable au 1er janvier et le matraquage continue.

Marlboro, Rothmans, certaines Lucky Strike … s’affichent à 0,10 euro de plus. La Marlboro cartonne à 10,50 euros désormais.

De quoi optimiser le juteux marché français avec les paquets les plus chers d’Europe alors que les Français ne décrochent pas tant que ça du tabac classique.

•• Achats frontaliers. Tempête sous un crâne à la frontière franco-andorranne pour les emplettes tabac.

En fonction du site de résidence, les quantités autorisées ne sont pas les mêmes. Et les automobilistes contrôlés un par un par les douaniers au début, ont eu du mal à comprendre les règles du jeu, faute de mode d’emploi clair et net.

En résumé, c’est 2 paquets pour les « frontaliers immédiats » (15 kilomètres à vol d’oiseau, alors que peu de gens n’habitent dans ces montagnes ), pour les autres c’est 300.

La communication n’a été ni brillante ni claire, et les douaniers ont peut-être des missions plus importantes que de compter une par une les cigarettes. Mais là aussi l’État cherche à préserver les recettes d’une manne fiscale aboutissant au paquet le plus cher d’Europe.

•• Mois sans Tabac. Quelle idée de lancer une nouvelle édition de cette campagne anti-tabac en pleine pandémie ! Aveugles et bornées les autorités sanitaires, le fiasco était annoncé : 125 783 inscrits sur le site « on arrête ensemble » contre 203 175 l’année dernière.

Il était quasi certain que privé de sorties et de distractions, on n’allait pas se brancher sur une appli vous relançant toutes les 30 minutes avec une question énervante (« tu tiens, bravo » « tu as rejoint la communauté, bravo »). Pas très fins psychologues les experts tabacologues.

Comment voulez-vous adhérer ensuite à des opérations gérées par des experts « à côté de la plaque » qui ne captent pas les bonnes priorités au bon moment. Il en est de leur crédibilité. Tant pis pour eux.

Bonne fin d’année tout de même et formons le vœu que tous ces acteurs impitoyables qui prennent les fumeurs pour des « débiles addicts » s’attachent à fournir un produit de qualité à la hauteur de son prix : avec le paquet neutre, les goûts avaient changé ; avec le paquet à 10 euros, ça recommence !

La Mère déchaînée

Nov 012020
 

Ce triste dimanche, le paquet de cigarettes explose le plafond des 10 euros.

Taxé, surtaxé, le paquet atteint des sphères tarifaires inabordables. « 10,40 euros le paquet de 20 clopes ? Ah, quand même … »

Et pour ceux qui ont fait le choix de rester fumeur adulte et responsable, une double peine tombe sur leurs épaules : on se ruine et même plus la possibilité, avec ce confinement et ces entraves à la circulation, de s’approvisionner autrement et ailleurs.

Car il faut le dire gentiment à ceux qui pompent ainsi sans vergogne dans notre portefeuille : la course au tabac moins cher va devenir encore plus frénétique que la recherche de PQ une veille de confinement.

De plus en plus cher, le tabac va aussi devenir encore plus anonyme. Peu importe la provenance du paquet, l’authenticité même de ce qu’il contient, seul le prix compte. Dommage que le paquet neutre nous interdise d’avoir la moindre information sur la qualité et la provenance de ce que l’on fume (en dehors des avertissements sanitaires). À force de diaboliser le produit, on donne des ailes à la contrebande.

Raymond Serna

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Oct 142020
 

Le paquet à 10 euros annoncé pour ce 1er novembre 2020, c’est quasiment de l’histoire ancienne …

La liste des prix du tabac a été publié au Journal Officiel : c’est l’enchère … la surenchère. La Marlboro à 10,40 euros … jusqu’à 10,70 euros pour la Dunhill International … Seules les News et certaines Lucky Stricke restent juste sous la barre (9,90 euros).

•• Et pourquoi se gêneraient-ils ? L’État a touché le jackpot en 2020 (près de 14 milliards d’euros selon la presse) avec ces augmentations de taxes  et le confinement. Les fumeurs doivent bien être un des rares pans de recettes au milieu de ce désastre économique. Les fabricants comme les buralistes en profitent aussi : merci à la fausse politique de santé publique à la française.

•• Cerise sur le gâteau : la limitation à une cartouche des achats transfrontaliers … Une belle entaille à l’espace commercial européen. La France pays de liberté, on rit jaune.

•• Portefeuille dépouillé, liberté d’achat spoliée … tout ça pour diriger le fumeur vers un produit officiel qui a perdu beaucoup, mais beaucoup, de ses qualités depuis l’instauration du paquet neutre (les messages continuent d’arriver sur le site).

Alors, un conseil avant le 1er novembre : faites des provisions, même chez les buralistes.

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Fév 282020
 

En réponse au poncif médiatique du jour … « Le trafic de cigarettes, un business attractif à l’arrivée du paquet à dix euros »

Non, messieurs les journalistes … ce dimanche 1er mars, les Franciliens n’iront pas faire du « tourisme fiscal » à Saint-Denis, ni les autres week-ends. Même avec un paquet à 5 euros. Nous ne sommes pas des junkies.

•• C’est peut-être sympa en Andorre (il y a la montagne, la neige et d’autres produits attractifs par leur prix, …). Mais à Saint-Denis, non. Il faut vraiment être contraint d’y vivre pour y mettre les pieds.

Et, puis ce type de contrebande (comme à Barbès, comme dans la « petite couronne ») ne s’adresse pas au fumeur lambda : la « clientèle » c’est une population sans pouvoir d’achat qui continue de vivre avec le système D du bled. Tout comme les marchés, les petits commerces de ces quartiers de démunis perpétuant leurs modes de vie. Lire la suite »