Même si les Anglais maîtrisent de mieux en mieux leur comportement de fumeurs, le problème des mégots persiste. Là comme ailleurs.
À Londres, une association environnementale, Hubbub, a lancé cet été une initiative originale en jouant sur la passion des Anglais pour le ballon rond et leur goût du pari …
Dans plusieurs endroits de la capitale, elle a installé des poubelles « très spéciales » totalement transparentes, dotées de deux compartiments avec un trou, assortis d’une question : « Quel est le meilleur footballeur au monde ? » (Ronaldo ou Messi). Pour voter, il suffit de jeter son mégot dans le trou situé en face du nom du Portugais ou de l’Argentin.Lire la suite »
On le sait, l’Australie se veut le pays d’avant-garde dans les mesures anti-tabac. C’est ce qui fascine notre Marisol Touraine, d’ailleurs. Même si leur efficacité n’est toujours pas fondamentalement prouvée : car cela fait une quinzaine d’années que le tabagisme baisse en Australie et on sait maintenant que le paquet neutre (obligatoire depuis décembre 2012) n’a absolument pas accéléré le mouvement. C’est même la croissance de la contrebande qui s’est accélérée.
Mais pour en revenir aux mesures d’avant-garde anti-tabac, on peut tomber aussi sur celle de trop … comme l’interdiction absolue de fumer en prison. C’est ce qui devait être appliqué à la prison de Melbourne (ainsi que dans l’ensemble de l’état de Victoria), ce 1er juillet …
Ça n’a pas traîné : la veille, 300 détenus mettent le feu dans certaines installations de la prison, cassent plusieurs équipements et se battent avec les policiers venus les calmer.
Huit blessés. L’équivalent de près de 6 millions d’euros de dégâts.
Et c’est bien l’interdiction totale de fumer qui a fait sortir les prisonniers de leurs gonds, si l’on ose dire. On imagine. Se retrouver en prison … et ne plus avoir le droit de fumer. Même dans les cours extérieures de prison ou autres lieux réservés exclusivement aux fumeurs jusque-là. Rappelons que plus de 80 % des prisonniers australiens sont fumeurs. C’est proprement inhumain.
Mais il suffit de jeter un œil sur le site Internet de l’administration pénitentiaire de l’état de Victoria pour comprendre comment un certain angélisme peut rejoindre la franche bêtise. Outre l’annonce de l’interdiction de fumer, il y est précisé que tabac, pipes, briquets et allumettes seront systématiquement confisqués en cellules. Avec les litanies d’usage : « les prisons sans fumée permettront d’arriver à un environnement de travail plus sûr et plus sain » (…) « le système pénitentiaire sera plus sûr » (…) « et ceux qui arrêteront de fumer auront une meilleure qualité de vie ». On vient de voir ce que cela donne.
Et les réactions n’ont pas manqué de surgir dans le pays.
• Le responsable de l’administration pénitentiaire de l’état d’Australie Occidentale (Perth) – où la mesure devait être appliquée le 10 août prochain alors que des zones-fumeurs extérieures sont encore disponibles pour les prisonniers – annonce qu’il va surseoir à son application. Selon Joe Francis : « beaucoup de mes responsables sur le terrain m’avertissent du risque de nouvelles émeutes. Et à titre personnel, j’ai la conviction que c’est la mesure de trop pour beaucoup de gens. Les détenus sont condamnés à la prison. Mais pas à une punition supplémentaire ».
• Certains font remarquer que cette interdiction de fumer en prison est déjà en vigueur dans l’état de Queensland (Brisbane) et sur le territoire de Tasmanie. Mais justement, on vient d’apprendre que la mesure était détournée : les prisonniers récupérant du thé de sachets pour le mélanger avec de la nicotine extraite de patchs …
• Un défenseur des droits des prisonniers, Julian Knight, est monté au créneau en expliquant que les responsables de la prison de Melbourne n’avaient pas fourni les patchs promis. Et il annonce que d’autres mouvements de prisonniers sont à attendre.
• Polémique aussi au niveau des anti-tabac : un professeur de santé publique de l’université de Sidney, Simon Chapman, partisan en général de l’interdiction de fumer, estime qu’empêcher les détenus de fumer dans les cours extérieures de prison finit par poser « des problèmes d’éthique » : « fumer dehors reste l’une de leurs quelques libertés ; c’est comme si l’on estimait qu’ils ne méritaient pas d’être traités comme les autres citoyens ».
• Autre position, celle d’une spécialiste de la défense des droits de l’homme, la docteure Bronwyn Naylor : tout le monde a encore le droit de fumer à l’extérieur et cela procure au détenu un plaisir et un sentiment de liberté personnelle « dans un environnement par ailleurs hautement contrôlé » (…) « l’expérience internationale montre que l’interdiction totale de ce que les gens continuent à aimer, cela ne débouche que sur le marché noir, le racket et la violence ».
Tout est parti d’une photo diffusée sur Instagram, où l’on voit Barack Obama, en discussion sur un balcon avec le Premier ministre italien Matteo Renzi, lors du sommet du G7 en Bavière des 7 et 8 juin, tenir un objet de la taille d’un paquet de cigarettes dont il semble sur le point d’extraire quelque chose. Barack Obama aurait-il replongé ?
« Ce ne sont pas des cigarettes », a tranché son porte-parole Josh Earnest, interrogé avec insistance, lors d’un point de presse quotidien, sur cette photo, au coeur d’intenses spéculations pendant 48 heures.
La relation, puis la rupture, de Barak Obama avec le tabagisme fait l’objet d’une attention toute particulière de la part des médias américains. En décembre 2010, son porte-parole avait assuré que le président n’avait pas fumé depuis neuf mois. Il avait reconnu qu’abandonner la cigarette constituait un « combat » pour Barack Obama étant donné le stress auquel il est soumis, mais qu’il avait réussi car il était « têtu ». Fin 2011, il avait exhorté ses compatriotes à cesser de fumer tout en reconnaissant, encore, la difficulté de l’exercice.
Superbe et aigre-douce, cette photo publiée sur double-page par Le Nouvel Observateur. Elle est signée Marc Dufour de l’AFP qui l’a accompagnée de ce billet exquis, rédigé par ses soins :
« J’ai réalisé cette photographie afin d’évoquer l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés de Pékin. Quelques jours avant cette nouvelle disposition, je suis allé dans un café où il y avait un espace fumeurs pour les clients.
« Ce soir-là, en arrivant au premier étage, je suis tombé sur cette jeune femme qui fumait tout en consultant ses messages sur téléphone (…)
« Mon image était là : la belle robe chinoise de Shanghai, une atmosphère à la Wong Kar-Wai … Il n’y avait plus qu’à photographier. Je me suis approché de la jeune femme et je lui ai demandé si je pouvais faire une image d’elle avec sa cigarette. Elle a hésité puis m’a donné son autorisation (…)
« Elle a délicatement allumé une cigarette et fumé comme si je n’existais plus. Moment magique. Très bref, puisque écourté par la venue du serveur qui m’a indiqué qu’il était formellement interdit de photographier dans ce lieu. La jeune Pékinoise a fini sa cigarette. Puis elle est partie … ».
Les fumeurs représentent 22,5 % de la population mondiale de plus de 15 ans. C’est une étude australienne (« Global statistics on addictive behaviour : 2014 status report » de l’université d’Adelaïde) qui l’a calculé. Soit 32 % des hommes et 7 % des femmes. Toujours au niveau mondial.
Les zones où il y aurait le plus de fumeurs : l’Europe de l’Est (30,5 %), l’Océanie (29,5 %), l’Europe de l’Ouest (28,5 %). Là, où il y en aurait le moins : l’Afrique (13 %).
Des chiffres à prendre avec précautions. On ignore tout de la fiabilité des chiffres venant de Chine, par exemple.
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.