Avr 172015
 

Le tweet du 3 avril de la députée PS Michèle Delaunay, pour un renforcement de « l’œil de Caïn » sur le cinéma français (voir NS 13 du 8 avril) , aura tout de même soulevé un vent de protestation par médias interposés. Jusqu’au réalisateur Jean-Pierre Mocky qui a, paraît-il, déversé un flot d’injures dans le téléphone de la députée.

Aujourd’hui, c’est au tour de l’hebdomadaire Télérama de revenir ironiquement sur l’offensive de Michèle Delaunay : « le cinéma français donnerait donc un mauvais exemple à la jeunesse ? Bonne nouvelle : les jeunes, que l’on pensait addicts aux blockbusters américains (où personne ne fume) et aux séries US (où tout le monde clope et picole), regardent donc des films français ». Et toc.

Puis, d’imaginer des pistes « de bonne conduite », si le cinéma devait devenir un espace public réglementé :

. « Pas plus d’un verre par personnage, et uniquement en cas de mariage. Les alcools forts seront réservés aux flics corrompus et aux tueurs en série ».
. « Les poursuites en voiture seront limitées à 110 sur l’autoroute et à 50 en ville ».
. « Au café, préférer le thé vert lors des scènes de planques policières ».
. « Piercing et tatouage devront indiquer que l’ado est sur une mauvaise pente »
. « Cinq fruits et légumes frais seront consommés dans chaque film français ».
. « Chaque scénario prévoira, évidemment, une séquence de tri sélectif ».

Madame Delaunay, vous qui êtes également médecin, lors de votre prochaine offensive, n’oubliez pas d’y ajouter une prescription d’antidépresseurs …

Avr 082015
 

Elle n’avait rien de mieux à faire, dans l’après-midi du vendredi 3 avril, la députée PS Michèle Delaunay pendant que, dans l’hémicycle du Palais Bourbon, on discutait de ses nombreux amendements anti-tabac ?

Non, elle tweettait.
Pour demander, en plus, la stricte application de la loi Evin « pour les films français qui contiennent aujourd’hui 80 % de scènes de tabagisme ».

« Une mauvaise idée à plusieurs titres » a réagi une journaliste de France Tv Info sur le site du média. Tout d’abord, parce que « le cinéma est un art, pas un espace public ou commercial. Il doit donc garder son indépendance et sa liberté de création, au même titre que tous les autres domaines artistiques ».

Deuxième argument : « associer la cigarette à des rôles strictement négatifs aura sûrement pour effet de conforter les non-fumeurs dans leur abstinence vertueuse, mais stigmatisera un peu plus les personnes dépendantes à la cigarette. Fumeur ne doit pas devenir synonyme de salopard, cancéreux ou dépressif ».

Et j’irai de mon commentaire, également … Censure au cinéma, obligation de montrer une pièce d’identité pour acheter un produit légal, interdiction de ceci ou interdiction de cela, discrimination du fumeur « dont la conscience serait altérée par la dépendance ». Stop Madame Delaunay, votre « combat » devient dangereusement totalitaire.

Mar 132015
 

Cinéma grande_bellezzaEn même qu’une série d’interdiction de fumer (parcs, stades, plages et en voiture), la ministre de la Santé italienne avait imaginé pouvoir faire disparaître « la cigarette » des écrans de cinéma ou de télévision. Pas longtemps … 24 heures après son annonce, plusieurs réalisateurs lui ont fait comprendre, dans une lettre ouverte via La Repubblica, qu’elle « s’occupe de ses oignons ». Ce qu’elle a fait dès le lendemain s’agissant des films.

« Le cinéma, la littérature et les arts en général ne répondent à aucune consigne, même la plus honorable, la plus juste, la plus saine, la plus édifiante. Raconter l’humanité enrichit nos jours et nos nuits non pas parce qu’il faudrait indiquer comment vivre sainement, comment manger, comment aimer, comment jouir. 
« Pour cela, le ministère de la santé devrait disposer de moyens de communication qui pourraient être plus modernes. Mais ne demandez pas à un boucher de vous vendre une branche de céleri. Il vous enverra directement chez un marchand de légumes. Nous vous prions donc de vous occuper de la santé publique en avançant des propositions moins tragicomiques que de compter le nombre de bouffées de cigarette dans un livre, un film ou une BD ».

Signée Paolo Sorrentino, (oscarisé en 2014 pour « La Grande Bellezza », dans lequel Toni Servillo ne quitte guère sa cigarette, laquelle « colle » parfaitement au personnage, d’ailleurs), Mario Martone, Gabriele Muccino, Daniele Luchetti, Paolo Virzi et Gabriel Salvatores.