Mai 212015
 

Cinéma CigaretteLe Festival de Cannes bat son plein et on attendait, depuis une semaine, l’offensive de la députée anti-tabac Michèle Delaunay (PS – Gironde) sur l’interdiction de la cigarette au cinéma (voir NS 13 du 8 avril). Courageuse – mais pas téméraire après la volée de noms d’ oiseau  de Jean-Pierre Mocky et d’articles scandalisés (voir NS 13 des 17, 20 et 22 avril) -, elle remet ça sur son blog, ce mercredi 20 mai.

« Alors quoi, je veux « interdire » toute présence de la cigarette au cinéma ? Même pas ! ». Non, Michèle Delaunay a une nouvelle idée qu’elle doit trouver moins liberticide : une commission de déontologie qui contrôlerait « l’intérêt artistique ou historique de scènes de tabagisme, la multiplicité des scènes visant à banaliser la consommation du tabac ou identifiant le fait de fumer à la jeunesse, à la beauté, à la minceur et à la séduction ». En clair : une commission de censure.

Car Michèle Delaunay récidive dans la suspicion concernant les « scènes de tabagisme» dans les films , en particulier français (sur 180 films français sortis entre 2005 et 2010, 80 % en présenteraient selon une étude Ligue contre le Cancer / Ipsos) : « je sais, cher Jean-Pierre Mocky, qui avez hurlé des insultes dans mon téléphone après une simple question écrite, c’est désagréable à entendre mais c’est ainsi : le cinéma est un art, mais ce n’est pas l’Art qui pousse nos cinéastes à servir d’écran publicitaire et d’alibi à des multinationales de ce crime organisé, planifié, assumé qu’est le tabac ». Pas sûr que l’attaque calme Jean-Pierre Mocky.

Et Michèle reste plus que jamais Delaunay dans sa conclusion : « Jean-Pierre Mocky, tous les autres qui aimez cinéma et artistes, souvenez-vous de la toute dernière scène de Yul Brynner, peu avant sa mort d’un cancer pulmonaire. Il avait tenu à être filmé pour un ultime message : Now I am gone.. I just tell you :  don’t smoke ! ». 

Mai 192015
 
Sophie Marceau

Ian Langsdon/EPA

Membre du jury du 68ème festival de Cannes, Sophie Marceau n’en finit plus de faire parler d’elle. Le 14 mai, aux côtés de Guillermo del Toro, sa robe longue très évasée dévoilait une charmante culotte en montant les marches du tapis rouge. Dimanche 17 mai, c’était au tour d’un sein sortant d’une veste smoking, avant la montée des marches, cette fois.

Mais il y a plus chaud ! Quelques jours auparavant, l’actrice avait déjà été épinglée par le quotidien anglais The Guardian. Pas pour ses choix vestimentaires … mais pour cette cigarette « grillée », sur un balcon, lors du cocktail d’accueil du jury. Sophie, tu exagères !

Mai 132015
 

Catherine Deneuve Cannes 2011Ça commence bien, le Festival de Cannes … Catherine Deneuve est à l’affiche de La Tête Haute (film d’Emmanuelle Bercot) qui sera projeté en ouverture, ce mercredi 13 mai. Lors d’un entretien publié dans le magazine Elle, l’actrice a expédié son séjour à Dunkerque, le temps du tournage, en deux phrases peu flatteuses : « sur le plateau  de La Tête haute, à Dunkerque, je ne peux pas me vanter d’avoir écumé les boîtes de nuit. Ça m’a semblé d’une tristesse, cette ville ! C’est un port, certes, mais ce qui marche vraiment, ce sont les cigarettes et l’alcool ».

Ces propos n’ont pas été du goût des autorités régionales (qui ont participé au financement du film) et encore moins du maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, qui a réagi dans un communiqué : « Le cinéphile que je suis, qui a vu le talent de Catherine Deneuve s’exprimer dans de nombreux films, est non seulement blessé, mais très déçu d’apprendre que l’actrice a complètement manqué son rendez-vous avec notre si belle ville. C’est la tête basse que Catherine Deneuve devrait monter ce mercredi les célèbres marches du festival de Cannes ». D’autant que, lors du tournage en août 2014, Catherine Deneuve logeait dans un quatre-étoile, à quelques kilomètres et s’est montrée plus que distante avec le public.

Quant aux médias régionaux, ils se sont empressés de rappeler que l’alcool et les cigarettes n’avaient guère entravé – ni attristé – la carrière de Catherine Deneuve. Laquelle se serait mise à l’e-cigarette, il n’y a pas si longtemps. C’est peut-être cela qui l’a mise de fâcheuse humeur.

Avr 222015
 

A bout-de-souffle BelmondoDécidément, la députée Michèle Delaunay ne se sera pas fait que des amis avec son histoire de bannir à tout jamais le tabac du cinéma français (voir NS 13 des 8, 17 et 20 avril). C’est au tour de Nicolas Gauthier, journaliste et auteur d’« Acteurs de la comédie politique », de jeter son opprobre sur « cette bouffée de révisionnisme rétroactif », sur le site « Boulevard Voltaire » le 20 avril.

« Décidément, il n’est pas en France de faux problèmes qui ne puissent appeler un semblant de réelle solution administrative. Car enfin, que les nouvelles fictions à venir bannissent les débordements tabagiques, pourquoi pas.

« Mais que fera-t-on des films du passé ? « Un cave qui se rebiffe » sans Jean Gabin en éternelle assistance respiratoire avec ses Craven A sans filtre ? Un « Alamo » tentant de résister sans John Wayne et ses quatre paquets de Camel quotidiens ? « À bout de souffle », notre Belmondo national retrouverait-il le sien s’il cessait de tirer sur ses Gitanes, devant la caméra d’un Jean-Luc Godard, autre fumeur invétéré ? Et le commissaire Maigret ? Et Lucky Luke ? Et James Bond ? Et Humphrey Bogart ? Et Fidel Castro ? Et merde …

« Comme toujours, les lois d’exception devraient connaître un certain nombre d’exceptions. Ouf. Et ces vieux films « devraient », pour l’instant, échapper à cette bouffée de révisionnisme rétroactif. On respire un peu. Et pas seulement à cause des odeurs de cendrier froid.

« Heureusement que les clopeurs sont plutôt bonnes poires et ne promettent pas à Michèle Delaunay de la passer à tabac. Car autrefois, elle y allait du cigare, tel qu’on disait à ceux promis à la machine du bon docteur Guillotin. En attendant, la politique n’est plus jamais qu’écran de fumée destiné à masquer des problèmes autrement moins fumeux.

« Au fait, Michèle, t’aurais pas un clope ? Parce qu’avec le paquet de cibiches à sept euros, il n’y a plus que les riches qui puissent encore fumer, tandis que les pauvres sont condamnés à désormais se la rouler sous le bras ».

Avr 202015
 

Patrick Dewaere cigaretteElle lance une offensive contre la présence de la moindre cigarette sur le moindre petit bout de pellicule.  » Elle « , c’est la députée bobo, milliardaire, socialiste et anti-tabac de Bordeaux, Michèle Delaunay (voir NS 13 du 8 avril).

Alors, on ne résiste pas au plaisir de lui dédier deux dialogues célèbres et révélateurs où l’on parle du tabac comme dans la vie. Et ce n’est pas forcément de la propagande.

• Dans « Adieu Poulet » de Pierre Granier-Deferre (1975) avec Patrick Dewaere et Lino Ventura.

« J’ai dit pas dans la bagnole, merde !
– Tu ne vas pas remettre ça, hein ?
– Tu ne peux pas attendre deux minutes, non ?
– Baisse ta vitre ! Baisse ta vitre, et fais pas chier !
– Non! Sois gentil, éteins-la…
– Non! Tu ne m’auras pas, là ! J’en ai balancé vingt aujourd’hui à cause de toi ! Un paquet ! Cela fait trois jours que tu fumes plus, moi ça me coûte une fortune, alors celle-là, je la fume ! Et je t’emmerde.
– Si tu savais ce que tu t’envoies dans les poumons …Tu dois avoir une couche de goudron comme ça, à l’intérieur. Drogué, va !
– Arrête-moi.
– Quoi ?
– Arrête-moi, là, arrête-moi.
– Attends deux minutes …
– Arrête-moi, là !
– Sois pas con, je te raccompagne, tu ne vas pas marcher jusqu’à …
– Je vais fumer ! Ciao !
– Tu vas crever, con, et moi je me marrerai bien … » Lire la suite »