Mar 182019
 

Les demandes polies de cigarettes – dans la rue ou même lors de soirées par exemple – se heurtent généralement à des grognements et des hochements de tête peu amènes. Il arrive même que les demandeurs soient généralement brocardés et traités de « mendiants » sur les forums en ligne.

C’est l’inverse en Russie. On n’achète pas un paquet de cigarettes uniquement pour son propre usage … Il faut s’attendre à le partager avec chaque Natacha ou Vladimir croisés dans la rue.

Ce genre de « mendiants » n’est pas considéré avec le même niveau de suspicion dans les rues de Russie. Il y a même un mot d’argot pour rendre la pratique plus cool : « стрелять сигареты » (« tirer des cigarettes »).

Le site d’informations Russia Beyong explique pourquoi … Et ça nous change d’horizon.

En août 2017, le sociologue Viktor Vakhstein a précisé les raisons pour lesquelles il y est socialement acceptable de quémander des cigarettes, mais pas un chewing-gum.

« Pour une personne qui achète un paquet, une cigarette est un prix acceptable pour se sortir d’une situation potentiellement désagréable. La perte d’une cigarette n’est donc pas considérée comme un dommage ».

• David Woodburn, professeur d’anglais originaire de Nouvelle-Zélande et résidant à Moscou, explique que les Russes sont tellement habitués à ne pas se voir refuser de cigarettes qu’ils sont choqués de se faire rejeter.

Bien sûr, la raison la plus évidente pour laquelle les Russes sont prêts à céder une clope est le prix. Bien que les tarifs augmentent régulièrement depuis une loi antitabac de 2013, le prix moyen d’un paquet fluctue toujours autour de 90 roubles (moins de 1,5 euro).

Il est donc considéré comme extrêmement radin de ne pas dépenser quelques roubles. Comparez cela à 8,80 euros en France ou 13 dollars à New York … Lire la suite »

Mar 052019
 

Nous ne résistons pas au plaisir de reproduire le billet d’humeur de Philippe Schmidt paru dans La Provence du 1er mars … « premier jour avant la prochaine augmentation des prix ». 

« Les fumeurs pourront dire merci à Emmanuel Macron. Car le Président ne mollit pas sur l’augmentation du prix du tabac. Il y va à la schlague.

« Cette nuit, le paquet de clopes a pris 60 centimes. En 2020, une seule cigarette coûtera alors 50 centimes. Sans doute le signe d’une société qui se police, en acceptant que l’État tape au portefeuille ses administrés qui choisissent de s’empoisonner. C’est pour leur bien … Le résultat est la baisse du nombre d’accros à la nicotine – moins un million en un an, paraît-il – même si notre région reste la plus enfumée du pays avec 32 % de pratiquants.

« Il n’y a donc que le fric qui compte. Car les campagnes de prévention ne sont pas nouvelles. Lequel des 12 millions de fumeurs réguliers ignore que le cancer du poumon lui pend au nez  ? On aimerait – les buralistes aussi – que l’État fasse preuve d’autant de courage pour mater la contrebande.

« À Marseille, on peut acheter dans la rue en toute impunité des cigarettes bien moins chères. Sont-elles vraies ou sont-ce des contrefaçons farcies de saloperies encore plus cancérigènes ? On l’ignore. Mais la schlague fonctionne donc à géométrie variable sur un problème identique. C’est plus facile de faire raquer le consommateur légal. Qui est naturellement tenté de se fournir au coin de la rue. Ça fera toujours baisser le nombre officiel de fumeurs. »

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Mar 032019
 

Vous avez vu cela, vous ? On augmente d’un coup de 50 ou 60 centimes, un produit de consommation courante (encore à moins de 10 euros), que plusieurs millions de consommateurs vont acheter quasiment une fois par jour, et pas le moindre coup de grisou ?

Les buralistes ? Eux-mêmes, n’avaient pas vraiment l’air au courant. Les médias ? Quasiment pas un mot. Et une information relativement discrète dans un coin, le matin même.

Le prix du paquet de clopes aura augmenté de 50, voire 60 centimes d’euros, d’un coup, ce 1er mars. Sans que l’on entende bruisser, gronder, hurler le moindre groupe de fumeurs.

La résignation, le fatalisme … nouvelles addictions des fumeurs. C’est le silence des agneaux, ou quoi ?

Jo Bazizin