Sep 062016
 

Saint Lazare concertIl n’y avait pas que le sas de fumée blanche à l’entrée de la gare parisienne de Saint-Lazare, dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 septembre …

Fermée pour cause d’arrêt du trafic (pendant la mise en place d’un pont routier et d’une passerelle piéton un peu plus au nord), la gare a accueilli 5 000 personnes le temps d’une nuit de concert électro, confié à Aurélien Dubois (l’organisateur des soirées Concret et du Weather Festival).

Vers 22 heures, le dernier train parti, deux scènes, des bars, des sunlights ont émergé. Programmation 100 % house, pas de têtes d’affiches, si ce n’est la gare elle-même.

Deux quais dédiés aux toilettes et un troisième transformé … en coin fumeur (ah ! quand on veut). Mais, il paraît que l’on fumait de partout, comme on buvait jusqu’à plus soif. Sur son stand, la patrouille de la police ferroviaire distribuait bien des boules Quiès, des messages d’avertissements sur l’abus d’alcool et de stupéfiants … tout en dansant d’un pied sur l’autre.

C’est ça la fête, même si 150 policiers étaient en faction dehors. La préfecture n’a donné l’autorisation que le matin même : « la préfecture a toujours cherché des solutions. Je crois qu’on devait prouver qu’on peut continuer à rendre les gens heureux », raconte Benjamin Huteau, un jeune chef de gare de 33 ans, à l’origine de l’idée.

Sep 012016
 

Salzburger FestspieleC’est France Musique qui donne l’alerte. Sans faire de scandale. Pourtant la radio (même si elle est publique et donc « politiquement correcte ») le devrait.

Le festival d’opéra et de musique de Salzbourg qui s’est clôturé ce 31 août vient de perdre l’un de ses principaux sponsors : le fabricant Japan Tobacco International qui lui apportait annuellement 600 000 euros. Un visiteur (ou un inspecteur anti-tabac…on connaît) aurait remarqué la présence du logo de l’entreprise sur la liste des financeurs du festival.

Or, l’Autriche a renforcé sa législation anti-tabac, dans le cadre de la transposition de la directive Tabac de 2014 prônant l’interdiction de publicité ou de parrainage d’événement par des entreprises du tabac … Les organisateurs ont donc été contraints de rompre le contrat de parrainage et ont dû s’acquitter d’une amende de 3 850 euros.

C’est bien de vouloir s’intéresser à notre santé physique … mais de là à vouloir aussi régenter la culture.

Énervant.

Du coup, on n’a qu’une envie, c’est de mettre de la musique classique à fond et de s’en fumer une.

Août 252016
 

Disney CruellaDavid Lowery, le réalisateur de « Peter et Elliott le dragon », en salle depuis le 17 août, a révélé les trois choses qui sont strictement interdites de faire apparaître dans les films de la maison Disney, stipulées noir sur blanc dans les contrats : tabac, empalement et décapitation ! Étonnante association.

Le tabac a pourtant été bien présent dans les « 101 Dalmatiens », avec le célèbre porte cigarettes de Cruella d’Enfer ou dans « Pinocchio », dégustant un cigare … Mais, bien avant l’interdiction établie en mars 2015 (et également appliquée aux films distribués par les filiales Marvel, Pixar et Lucasfilm). D’ailleurs, le dragon de David Lowery ne semble pas cracher de feu …

Disney cigaretteIl existerait cependant des exceptions à la charte. Un film Disney pourrait mentionner le tabac, mais en donnant une image négative de celui-ci. Il est également admis de voir fumer un personnage, seulement s’il s’agit d’une figure historique connue pour son amour de la cigarette, auquel cas il serait difficile de se passer de ce détail. Ainsi, « Dans l’ombre de Mary », qui évoque la relation entre Pamela L. Travers, l’auteure de Mary Poppins, et Walt Disney, grand fumeur par devers soi … Mais le film est sorti en 2014 et la scène veut surtout démontrer que le génie était un fumeur discret voire culpabilisé.

Plus rares sont les scènes de décapitation dans l’œuvre Disney, hormis dans « Aladin ». Mais, au cas où certains réalisateurs l’auraient envisagé (inspirés par les exactions de Daech), la règle est désormais très claire. En revanche, la mort d’Ursula – empalée – dans « La Petite Sirène » de 1989 n’avait pas du tout été acceptée par le public ! Alors les studios en ont tiré leçon.

Enfin, il n’existerait aucune règle concernant le sexe, contrairement à la personnalité pudique de Walt Disney.

Quant aux armes, rien. En dehors du refus de la violence physique ou verbale.

Comme quoi, finalement, l’esprit Disney est utilisé à géométrie variable …

Juil 302016
 

Tintin-HaddockCinq chercheurs en génétique moléculaire et en infectiologie ont publié une étude très sérieuse sur les pépins médicaux accumulés par le compagnon de Tintin au cours de leurs aventures rocambolesques.

« Nous avons trouvé 225 événements conduisant à 249 soucis de santé », recensent les chercheurs dans les conclusions publiées le 21 juillet dans la revue Presse médicale. Le marin a connu 109 commotions cérébrales légères ou moyennes. Il a également perdu connaissance treize fois, dont quatre liées à des commotions cérébrales sévères, dont quatre autres survenues lors de décollages de fusée ou d’atterrissages dans l’album « On a marché sur la lune ».

En plus des traumatismes crâniens, le capitaine souffrirait d’une cirrhose alcoolique. Les chercheurs tintinophiles ont dénombré 21 états d’ivresse aiguë. Plus nombreux d’ailleurs au cours des premières aventures que par la suite. L’étude parle même d’une évolution sociale du personnage : « il passe progressivement d’un statut de capitaine de marine, alcoolique invétéré, à celui de châtelain, avec un alcoolisme plus mondain, mais est toujours resté un fumeur de pipe invétéré ». Lire la suite »

Juil 252016
 

yan-pei-ming-1lowL’artiste franco-chinois Yan Pei-Ming, né dans les quartiers pauvres de Shanghai, est devenu l’un des peintres les plus cotés au monde. Célèbre pour ses portraits en noir et blanc d’icônes contemporaines (Mao Zedong, Barack Obama, Picasso, Coluche, etc.). Installé en France depuis 1983, il se partage entre ses ateliers de Dijon et d’Ivry-sur-Seine, d’anciennes usines désaffectées à la dimension de ses toiles démesurées.

Cet été, il expose à Sète une série de tableaux intitulés « Ruines du temps réel ». Ce qui donne l’occasion à « M Le magazine du Monde » d’évoquer le « cigare », omniprésent à la main ou aux lèvres de Yan Pei-Ming, « qu’il fume pour mieux trouver son rythme ».

« Je devais avoir un peu plus de 20 ans quand j’ai commencé à fumer le cigare. C’est à l’artiste Bertrand Lavier que je dois ce goût. Il m’avait commandé deux châssis. Il a insisté pour me payer mais j’ai refusé. Un jour, il est venu me voir dans mon atelier avec une boîte de 25 havanes pour me remercier. Je l’avais toujours vu fumer le cigare. J’avais observé sa façon de faire, sa gestuelle. Je l’ai donc imité ….

« Comme Internet n’existait pas, je ne pouvais pas me renseigner sur qu’il fallait faire pour les conserver, les préparer, les allumer. C’est Bertrand qui a répondu à mes questions. Aujourd’hui, on fume souvent ensemble. Mais, je n’initie personne à mon tour. Quand il m’est arrivé d’offrir des cigares, j’ai constaté que les gens les éteignaient après trois bouffées. C’est gâcher. C’est comme ouvrir un très bon vin et n’en prendre qu’une gorgée !

« J’achète toujours mes cigares en France. Je n’ai pas de filières pour les faire venir spécialement. Je paie les taxes !

« J’aime fumer le cigare pour prendre le temps, partager du temps avec moi-même. Dans mon atelier, lorsque je travaille sur une toile, pour me reposer ou observer ce que j’ai peint, je m’assois et j’allume un cigare. Au lieu de m’arrêter trente minutes, je fais des pauses plus longues pour le terminer.

« Fumer me permet de lutter contre l’immédiateté. Cela me donne le temps de réfléchir … En cinquante ans, le monde a évolué à une vitesse jamais vue … Aujourd’hui, l’information est partout. Avec les réseaux sociaux, chacun est le journaliste de sa propre vie. Dans l’idéal, je devrais me couper de tout pour travailler, mais je n’y arrive pas. Parfois, je me force à mettre le téléphone dans une autre pièce. Et je m’aide du cigare, qui m’oblige à ralentir ».