Le grand écrivain – auteur de l’œuvre « Le nom de la rose » mais aussi « Le pendule de Foucault » ou dernièrement de « Numéro zéro », pour ne citer que ces titres – et qui vient de nous quitter à 84 ans était un grand fumeur : de cigarettes, de cigarillos et de pipe. Comme en témoignent de nombreuses photos.
En 1992, il déclarait tout bonnement sur le plateau de Bernard Pivot que le tabac était « sa drogue ».
Regrettable addiction ou remarquable aide à l’inspiration ?
Il est vrai que les nouveaux inquisiteurs sont toujours là.
Le réalisateur, scénariste, producteur et acteur, Jean-Pierre Mocky, l’a clairement énoncé, avec son style sans détour, au micro de Bourdin Direct sur RMC, ce lundi 8 février : « ils s’imaginent que, parce que l’on ne verra pas des gens fumer dans des films, les gens fumeront moins : c’est idiot, il n’y a pas de rapport ! ».
Ce n’est pas la première fois que Jean-Pierre Mocky s’oppose à la députée Michèle Delaunay – égérie anti-tabac – sur le sujet.
Lorsqu’elle a avancé ses pions, l’année dernière, avec la création d’une commission de contrôle des films intégrant des scènes de tabagisme ou évoquant le tabac : « je trouve sa proposition un peu con » avait-il tranquillement affirmé (voir NS 13 du 4 juin 2015).
Pour son défilé haute-couture été-printemps 2016, dévoilé lors de la Fashion Week de Paris, Jean-Paul Gaultier a rendu hommage à la mythique boîte de nuit parisienne des années 80 : le « Palace ».
Pour ce faire, les créatures de Jean-Paul Gaultier ont défilé cigarettes – fumantes ou pas – coincées entre deux doigts manucurés, coupes de champagne renversées au rythme saccadée des stilettos à paillettes, chewing-gum mâchées avec désinvolture … Le créateur s’est inspiré de ses amies noctambules de l’époque : le pyjama de Loulou de la Falaise, le perfecto de Farida Khelfa, la nuisette d’Eva Ionesco, la combinaison à paillettes de Grace Jones, la coupe androgyne de Leslie Winer…
Nostalgie ou envie de célébrer la fête quoi qu’il arrive même dans une époque « plombé » ? Un peu des deux, en même temps qu’il rendait hommage à son amie Edwige Belmore, icône de la génération punk et portière au « Palace », décédée en décembre dernier.
Alors sulfureuses les cigarettes de Jean-Paul Gaultier ? Non, elles nous rappellent l’esprit de liberté et de « bouillon de culture » qui régnait au Palace, attirant tout à la fois les mondes de la mode, de la littérature, du cinéma, des médias et le tout-venant de la nuit. Sans discrimination, sans sectarisme, sans prêt-à-penser, sans standardisation …
« Time takes a cigarette, puts in your mouth, You pull on your finger, then another finger, then your cigarette, The wall-to-wall is calling, it lingers, then you forget, Ohh how how how, you’ re a rock’ n’ roll suicide ».
Pluies d’hommages après l’annonce du décès de l’icône David Bowie, à l’âge de 69 ans, quelques jours après la sortie de son dernier album « Blackstar », le jour même de son anniversaire.
« David Bowie est mort paisiblement aujourd’hui, soutenu par sa famille après un courageux combat de 18 mois contre le cancer » ont annoncé ses comptes Twitter et Facebook.
Dignement, sans étalage sur les causes de son cancer, alors que sa fine et longue silhouette a longtemps été accompagnée par une tout aussi fine cigarette blonde … Mais personne ne songe à faire d’amalgames, même pas Michèle Delaunay qui a accompagné le départ de son « jumeau » (ils sont nés le même jour de la même année) par un tweet poétique : « un « grand » mort presque par jour en cette période étrange. Et dehors, une bourrasque de fin du monde ».Lire la suite »
Le vœu de Michel Galabru aura été exaucé … En 2010, interrogé à la « Quinzaine des réalisateurs » à Cannes, il avait expliqué qu’il n’avait pas vraiment peur de la mort en ajoutant : « il y a une chose qui est merveilleuse, c’est quand vous mourrez en dormant ».
De même qu’il n’aura jamais pratiquement jamais quitté la scène … seulement quelques mois avant son décès, ce lundi 4 janvier, à l’âge de 93 ans.
Acteur populaire et aimé des français, il laisse derrière lui une carrière forte de plus d’une centaine de films, des pièces de théâtre et des apparitions dans des séries télévisées. Et des souvenirs …
Comme celui de son dernier passage au théâtre de Cholet en 2008, raconté par l’ancien propriétaire du restaurant Grand Café : « le théâtre était tout juste à côté et il n’était pas rare que les comédiens, après les spectacles, viennent dîner. Mais, en général, ils cherchaient un coin discret. Pas Michel Galabru. Il est entré dans le restaurant comme il monte sur la scène. Avec un énorme cigare à la bouche ».
Galabru, le cigare à la bouche, les images ne manquent pas.
Il a abandonné le cigare à 90 ans, suite à une consultation médicale racontée dans le Midi Libre alors qu’il prête, en 2013, sa notoriété à la journée mondiale contre l’AVC : « un docteur m’a envoyé faire une radio des poumons. Il a collé la radio sur un mur. Et ça a donné ça « Euhhhhhh (…) Euhhhhhh ». On est seul. Le type n’en a rien à secouer de vos émotions ». Toujours dans le même article, il confie qu’il a fumé beaucoup. Dès l’âge de 16 ans, des Gauloises, des cigares. Mais maintenant « dans la vie, je dis … attention au type qui fume, qui boit. Je le dis vingt fois, trente fois. À mes enfants, à mes proches ».
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