Août 012015
 

La manif des buralistes, au Sénat la semaine dernière contre le paquet neutre, a été source d’inspiration pour les collaborateurs de Charlie. En voici quatre exemples.

Charlie Hebdo Marisol Touraine• Pour accrocher cette ministre dont le sens de l’humour n’est pas la première qualité, d’après ses collaborateurs ou ceux qui l’ont côtoyée au sein du Parti Socialiste. Tout comme le sens du dialogue, d’ailleurs. Tiens, deux anecdotes nous viennent à l’esprit.

Témoignage d’un ancien ministre qui l’a beaucoup fréquentée il y a quelques années : « vous savez, c’est du genre à sourire que quand elle se brûle ! » (on espère que c’est pas en offrant du feu).

Autre propos recueilli auprès d’un jeune mais déjà chevronné parlementaire du Centre de la France : « il y aurait eu un vrai débat au sein du groupe PS sur le paquet neutre … ça se saurait ! ». Lire la suite »

Juil 232015
 

Carottes buralistes garde républicaineOn commencera par le sort des quatre tonnes de carottes déversées, par les buralistes en colère, ce mercredi 22 juillet, en guise de protestation au paquet neutre (voir NS 13 du 23 juillet). D’après BFM, le Parti socialiste a proposé, dans un premier temps, de les donner aux associations alimentaires, mais la provenance des carottes ne pouvant pas être retracée, c’est finalement la Garde républicaine qui s’en servira pour nourrir ses 470 chevaux.

La « carotte », on a bien compris qu’elle symbolisait le losange rouge et lumineux des débits de tabac.  Mais quel est le rapport entre le légume et le tabac ?

Remontons au XVIe siècle … où le tabac était vendu en rouleaux de feuilles de quelques centimètres de long que les utilisateurs fumaient ou chiquaient.

En plus de ressembler à une carotte, ces petits rouleaux devaient être râpés à leur extrémité pour être consommés. Il n’en fallait pas plus pour que le légume devienne le symbole des débitants de tabac.

Bien avant le caducée et la croix verte des pharmacies, les apothicaires, premiers à commercialiser du tabac, ont d’ailleurs, eux-aussi, arboré une carotte comme emblème. C’est en 1906 qu’elle deviendra officiellement celui des débitants de tabac.

Juil 182015
 

Singe alcoolBoire, chiquer, sniffer (et se livrer à toutes sortes de turpitudes sexuelles) : les animaux ne nous ont pas attendus pour découvrir les joies de la « débauche ».
Le Monde y a consacré un article dans ses pages « Culture et Idées ». Le psychopharmacologue américain Ronald Siegel (professeur au département de psychiatrie et sciences du comportement de l’université de Californie) soutient que le règne animal se révèle un véritable repaire d’intoxiqués de son plein gré et pour le plaisir …

Son équipe a parcouru le monde pendant 20 ans et a observé le phénomène « des mangoustes hawaïennes aux sauterelles de l’ex-Yougoslavie en passant par les rennes du Grand Nord, les buffles d’eau du Vietnam ou notre félin sniffant avec délice de l’herbe aux chats …

« Alcool des fruits fermentés, chanvre indien, opium des fruits de pavot, cocaïne de la coca, champignons hallucinogènes : voilà tout ce qui est susceptible d’être testé et apprécié des animaux ».

« La raison ? Oublier parfois les vicissitudes de la vie. Chez les mouches drosophiles, les mâles repoussés sexuellement par les femelles sombrent ainsi dans l’alcool. Mais le plus souvent, c’est le plaisir qui mène le bal ».

Ainsi, de la grande beuverie d’une quinzaine d’éléphants en 1999, dans un village du nord ouest de l’Inde : les pachydermes défoncèrent la porte d’un hangar où fermentait de la bière de riz et se servirent copieusement, avant de tuer quatre personnes et d’en blesser six autres. Ou encore de la passion d’ours bruns dans la réserve naturelle de Kronotski (Extrême-Orient russe) pour l’aérodrome local : « les plantigrades étaient attirés par les effluves du kérosène et certains étaient devenus si accros qu’ils volaient des bidons d’essence, les roulaient vers la forêt pour en respirer les vapeurs tranquillement, avant de creuser un trou et s’y effondrer dans une position de nirvana ». Lire la suite »

Juil 112015
 

christian_combaz.jpgÉcrivain et essayiste, Christian Combaz nous livre – dans Figaro Vox du 10 juillet – un billet percutant sur « la manipulation médiatique » de la semaine (voir NS 13 du 9 juillet) et plus. En résumé : « l’augmentation ou la diminution du nombre de fumeurs sera bientôt aussi connue que le taux d’inflation mais les raisons pour lesquelles les gens fument sont dues à autre chose qu’à la puissance de l’industrie du tabac ». À lire dans son intégralité avec délectation.

« Les mines cafardes des présentateurs qui nous annoncent que la consommation de tabac est repartie à la hausse ont beau n’impressionner personne, la litanie recommence tous les trois mois comme s’il s’agissait d’annoncer le taux d’inflation. On finit par rêver d’un rédacteur en chef qui dirait stop, c’est fini, nous ne serons plus les artisans d’une campagne prophylactique obligatoire, nous ne sommes pas dans la Chine de Mao, si le Gouvernement veut faire de la propagande anti-tabac il n’a qu’à la faire dans les gares et louer des panneaux, mais le coup du type qui se retourne vers la caméra en disant « à présent, voici des chiffres préoccupants ! », on nous l’a trop fait, personne n’écoute plus.

« Quand les pourcentages baissent il y a toujours un reportage pour vous rappeler qu’il reste trop de fumeurs en France. Quand le prix du paquet augmente il y a toujours une Marisol pour plastronner sur le thème « patience, on les aura ». Les pouvoirs publics ont tout essayé, y compris les méthodes staliniennes qui s’adressent aux enfants pour les convaincre de contrôler la consommation de leurs parents. Dans le film « Le Pari » (1997), le slogan, issu d’un cabinet de communicants médiocre (mais il est probable que ce sont plutôt les scénaristes qui ont commis l’erreur en toute ignorance), slogan qui depuis circule partout dans la presse française, était « Le tabac c’est tabou on en viendra tous à bout ! ». On imagine très bien ce que l’auteur de cette phrase idiote avait en tête : le tabac, c’est un fléau. Mais comme la différence entre un fléau et un tabou lui échappait, comme il fallait une rime forte, et comme il n’avait pas fait Normale Sup, cette incongruité de langage a fini par devenir le symbole d’une campagne permanente d’intimidation au nom de la santé publique.

« Si l’on veut enjamber un vrai tabou, commençons par rétablir sa définition. Un tabou n’est pas un fléau. C’est un sujet qu’il est de mauvais ton d’évoquer. Voilà qui tombe bien car il existe bel et bien un tabou à propos du tabac, un sujet que personne ne veut jamais évoquer : pour la moitié de ceux qui s’y adonnent, le tabac est avant tout un plaisir donc une consolation, comme l’alcool et mille autres choses qui finiront par disparaître de notre paysage mental. Le jour où les Tartuffes occuperont le terrain d’une frontière à l’autre, il faudra changer jusqu’au titre de « La première gorgée de bière » de Philippe Delerm par le même principe qui veut qu’on ne puisse plus publier, aujourd’hui, un livre intitulé « La première taf’ du matin et autres plaisirs minuscules ».

« Le vrai, le seul tabou semble être la question : de quoi les gens ont-ils besoin d’être consolés en se raccrochant ainsi à ces plaisirs humbles, addictifs, répétitifs, et quel est le profil de celui qui cherche la consolation ? C’est curieux mais sur ce sujet, les gouvernements sont incapables de fournir une réponse.

« Quant aux élites de la Nation qui lancent ces campagnes en direction de la plèbe, s’ils avaient une connaissance suffisante du coeur humain, s’ils avaient la moindre idée de ce que veulent les gens, leurs enfants seraient moins nombreux à tomber pour trafic de cannabis ou vol à main armée ».

Juil 092015
 

NumériserLequel des deux est le plus ridicule ? Le Parisien qui s’est prêté au jeu de la manipulation, sans vérifier ? Ou la bande des anti-tabac (député et experts médicaux) qui a monté l’offensive ?

En tout cas, avec la « une » et la double page du quotidien de ce jeudi 9 juillet sur une « hausse de la consommation de tabac de l’ordre de 7 % » et l’urgence à faire passer  le paquet de cigarettes à 10 euros, ils ont une fois de plus démontré à quel point ils méprisaient l’opinion publique. Parce qu’il s’agit bien d’une manœuvre de manipulation de la part d’une intelligentsia toujours prompte à donner des leçons de morale et de conduite aux  industriels comme aux buralistes en passant par les consommateurs.

« La hausse de 7 % », c’est le résultat d’un effet trompeur de statistiques. En l’occurrence, une journée de livraison de tabac supplémentaire en mars 2015 par rapport à mars 2014, avait pris le soin de préciser l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies en accompagnement de la publication de son tableau de bord mensuel Tabac. Lire la suite »