Libération et Arte ont décrypté, sous forme d’une bande dessinée pédagogique, les chiffres « références » cités régulièrement par Marisol Touraine sur l’efficacité du paquet neutre mis en place depuis 2012 en Australie.
Résultat : la Ministre s’est avancée un peu vite …
Ses services auraient commis une erreur de traduction : ce qui a diminué de 3 à 4 % entre 2012 et 2013, ce n’est pas le nombre de fumeurs mais les recettes fiscales du trésor australien . Ce n’est pas la même chose. Cela signifie que les consommateurs se sont surtout rabattus sur les bas prix.
La baisse de 15,1% à 12,8% du nombre de fumeurs de plus de 14 ans entre 2010 et 2013 est-elle imputable au seul paquet neutre ? Ou plutôt au prix du tabac qui a explosé (+ 12,5% par an) ?
Une tempête dans un verre d’eau ! Voilà comment Patrick Sébastien a calmé la polémique déclenchée par sa nouvelle chanson « Une petite pipe », reprise en chœur par le public et les invités de « Nos années bonheur », sur France 2 ce samedi 2 mai. Une prestation qui n’a pas du tout été du goût de Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la famille, qui, dès lundi 4 mai sur RTL, a dénoncé un titre irrespectueux pour les familles et les enfants, avant de juger « limite incestueux de faire chanter ça devant une famille à 20h50 ».
Réponse de Patrick Sébastien, le soir même, sur le plateau de « Touche pas à mon poste » sur D8 : « Je me marre depuis le début de la journée. On vit dans un monde de fou. On a fait ce qu’a fait Gainsbourg avec « Les sucettes à l’anis » ou Lio avec « Banana Split ». Il n’y a pas un seul gros mot. Soit on comprend le double sens et il n’y a rien à expliquer, soit on ne comprend pas et on explique que c’est une cigarette … La seule chose qu’on peut me reprocher, c’est de faire l’apologie du tabac ! ».
Dans une autre déclaration à l’AFP, le comique a répondu plus vivement à la ministre : « parler de pédophilie et d’inceste, je pourrais l’attaquer en diffamation parce que c’est vraiment grave » en rappelant qu’il est parrain de l’association « Enfance et Partage ».
Avant de conclure : « on va dire que j’ai fait une chanson en hommage au patrimoine français, à George Sand qui fumait la pipe, à Simenon qui fumait la pipe, aux grands auteurs, à Brassens ».
Ça balance… Après le cigare de Manuel Valls dans son bureau à Matignon, le soir des départementales (voir NS 13 des 23 et 27 mars), la cigarette « Vogue » d’Élise Lucet dans son bureau-cagibi du quatrième étage de France Télévision…
C’est Libération qui l’a révélé, la semaine dernière, dans un portrait, mi-figue mi-raisin, de la « cash-pieds » présentatrice du JT de France 2 et enquêtrice pugnace de Cash Investigation.
Ce qui étonne toutefois dans l’article, c’est qu’elle prétend mettre au diapason sa vie privée avec l’objet de ses investigations à la hussarde : résilier son contrat GDF Suez pour souscrire l’offre groupée d’une association de consommateurs ; ne plus commander sur Amazon, mis en cause dans son documentaire consacré à l’évasion fiscale.
Pour ses « Vogue », ça n’a pas marché. Après avoir fustigé, pourtant, de façon récurrente (octobre 2014 et juin 2013) les industriels du tabac…
« Quand Big Brother se pare de compassionnel pour contrôler notre santé physique ou mentale, et punir les récalcitrants ».
Cela commence bien, et c’est le « chapô » du billet hebdomadaire de l’écrivain-éditeur-journaliste-fumeur Denis Tillinac dans Valeurs actuelles. Lequel s’attaque à une certaine façon de s’occuper de notre santé (vous voyez de qui et quoi on parle …). Il y a du parti-pris politique (on sait de quel côté penche beaucoup ValeursActuelles). Mais c’est dit avec suffisamment de style pour que ça vise juste. Un coup de gueule à la hussarde.
« La Confrérie de Jean Nicot organise, le mois prochain, un colloque en Sologne sur la tolérance et la liberté. Le fumeur invétéré que je suis salue fraternellement cette confrérie et approuve son initiative. Je n’ignore nullement la nocivité du tabac. « Fumer tue » est-il écrit sur mes paquets de cigarettes. Sans doute. Mais vivre tue, Heidegger a beaucoup disserté sur le sujet.
« Les non-fumeurs aussi cassent leur pipe. Si je chope un cancer, je ne m’en prendrai qu’à moi-même et ne poursuivrai pas devant les tribunaux les producteurs ou les marchands de tabac. J’en ai un peu marre de me congeler, l’hiver, devant les seuils des restaurants ou sur les quais de gare, effet collatéral à cette traque incessante du législateur qui entretient l’exaspération ambiante.
« Aucune femme majeure n’est obligée de devenir mannequin. Mais si elle fait ce choix, elle doit se plier aux exigences des concepteurs de la mode vestimentaire, quoi qu’on pense de leur goût pour les silhouettes androgynes. Aucun sportif majeur n’est obligé de se doper. Mais s’il succombe à cette tentation en vue d’améliorer des performances, il doit en accepter les éventuels dommages pour sa santé. Ça ne regarde que lui.
« Chaque jour ou presque sort une loi qui amenuise l’espace de la liberté. Donc marginalise le sens de la responsabilité. Libre à chacun de finir cirrhotique à force de picoler. Libre à chacun de ne pas aimer les Auvergnats, les Scandinaves, les Chinois, telle religion, telle philosophie. Dans le sillage du principe de précaution, des lois sur la « repentance », et de la diabolisation des intellectuels, entrés en dissidence, se profile une société totalitaire sur les bords.
« Big Brother se pare de compassionnel pour contrôler notre santé physique et mentale et punir les récalcitrants. En nous prenant par la main pour traverser l’existence, il démonétise le respect d’autrui et les délicatesses de la sociabilité, qui relèvent d’une attitude personnelle. En poussant à la judiciarisation du moindre conflit, il prédispose à la veulerie, à la méfiance et à la mauvaise foi. En balisant nos jours, il proscrit les griseries de l’aventure.
« Pour que la vie soit romanesque, il faut prendre des risques et en assurer les conséquences. Elle n’est pas supportable avec la menace de ce revolver braqué sur nos tempes par des bigots acharnés à définir notre bonheur. Aggravée par les directives à flux continu de la bureaucratie bruxelloise, cette manie de menotter nos jours finira par nous rendre allergiques à la démocratie.
« Régenter l’humain depuis le berceau jusqu’aux pompes funèbres en corsetant ses désirs, ses fantasmes, ses rêves, ses aspirations idéales ; asséner avec la force de la loi les normes de sa moralité, de sa culture, de sa sexualité, cela porte un nom : le socialisme. Dieu préserve l’humanité de sa chute dans un univers où les individus seraient socialisés dans toutes leurs instances. Notre part la plus précieuse et la plus noble n’est pas socialisable et ne le sera jamais.
« Certes, nos gouvernants rose bonbon ne visent pas si loin; ils se bornent à nous emmailloter dans un carcan d’irresponsabilité tiédasse et douillet. La finalité, inconsciente ou inavouée, n’en consiste pas moins à encaserner les cœurs pour banaliser les âmes, et ça passe par l’érection des barbelés législatifs.
« Pris un à un, les attendus de la sollicitude sont anodins voire gentillets. On peut vivre sans tabac, sans alcool, sans ortolans. On peut vivre sans s’adonner à la drague. Tôt ou tard un texte la codifiera. Le puritanisme bobo-socialo-écolo a de la suite dans les idées. Il prémédite notre réclusion ad vitam dans une prison clean, cool et hygiéniste jusqu’au délire, sous haute surveillance de ses idéologues et avec le concours de ses médias. Plus de maigres, plus d’obèses : tous calibrés sur le même modèle « égalitaire » et « citoyen ». Relisez les classiques, c’est bel et bien le projet du « vivre ensemble socialiste ».
« Malheureusement, les gens de droite pour qui l’on vote n’ont guère conscience de ce péril quand ils ne donnent pas dans les panneaux du Care soi-disant protecteur. Mieux vaut miser sur un ras-le-bol populaire qui obligera gauche et droite à ne plus nous emm … ».
Le tweet du 3 avril de la députée PS Michèle Delaunay, pour un renforcement de « l’œil de Caïn » sur le cinéma français (voir NS 13 du 8 avril) , aura tout de même soulevé un vent de protestation par médias interposés. Jusqu’au réalisateur Jean-Pierre Mocky qui a, paraît-il, déversé un flot d’injures dans le téléphone de la députée.
Aujourd’hui, c’est au tour de l’hebdomadaire Télérama de revenir ironiquement sur l’offensive de Michèle Delaunay : « le cinéma français donnerait donc un mauvais exemple à la jeunesse ? Bonne nouvelle : les jeunes, que l’on pensait addicts aux blockbusters américains (où personne ne fume) et aux séries US (où tout le monde clope et picole), regardent donc des films français ». Et toc.
Puis, d’imaginer des pistes « de bonne conduite », si le cinéma devait devenir un espace public réglementé :
. « Pas plus d’un verre par personnage, et uniquement en cas de mariage. Les alcools forts seront réservés aux flics corrompus et aux tueurs en série ».
. « Les poursuites en voiture seront limitées à 110 sur l’autoroute et à 50 en ville ».
. « Au café, préférer le thé vert lors des scènes de planques policières ».
. « Piercing et tatouage devront indiquer que l’ado est sur une mauvaise pente »
. « Cinq fruits et légumes frais seront consommés dans chaque film français ».
. « Chaque scénario prévoira, évidemment, une séquence de tri sélectif ».
Madame Delaunay, vous qui êtes également médecin, lors de votre prochaine offensive, n’oubliez pas d’y ajouter une prescription d’antidépresseurs …
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.