Avr 272015
 

Revendeur à la sauvetteLa députée richissime socialiste de Bordeaux, Michèle Delaunay, est constamment en déni de la réalité. Elle estime qu’il suffit de faire grimper les prix au ciel pour éradiquer le tabac de nos existences. Et cela l’arrange bien de minimiser – voire de nier tout court – l’existence d’un immense marché parallèle du tabac. C’est-à-dire, tout ce qu’on n’achète pas chez les débitants de tabac français : à l’étranger, auprès de familiers qui voyagent beaucoup, sur Internet, dans certaines épiceries de nuit et même dans la rue.

Mille et une façons de se procurer du tabac moins cher. Une réalité qui va s’aggraver avec le paquet neutre.

Une réalité que la députée Michèle Delaunay feint d’ignorer. Elle tourne la tête dans une autre direction.

Remarquez, elle aurait pu porter ses yeux sur la place Bir-Hakeim de sa bonne ville de Bordeaux. Pas loin de la mairie qu’elle n’a su ravir à Alain Juppé.

Car sur cette même place Bir-Hakeim, les policiers ont arrêté, la semaine dernière, un Bulgare qui vendait, à 9 heures le matin, des paquets de cigarettes à un prix défiant toute concurrence. Elle a pu lire la nouvelle dans Sud Ouest. Un vendeur à la sauvette bulgare en plein centre de Bordeaux ! C’est bien la preuve qu’il existe un problème avec le prix du tabac en France ! Mais pas pour madame Delaunay…

Voilà comment on nous considère, nous, les fumeurs. Assez cons pour ne pas chercher du tabac moins cher, par tous les moyens. Assez cons pour se laisser humilier par les paquets neutres.

Jo Bazizin

Avr 252015
 
Denis Tillinac

AFP / Jean-Pierre Muller

« Quand Big Brother se pare de compassionnel pour contrôler notre santé physique ou mentale, et punir les récalcitrants ».

Cela commence bien, et c’est le « chapô » du billet hebdomadaire de l’écrivain-éditeur-journaliste-fumeur Denis Tillinac dans Valeurs actuelles. Lequel s’attaque à une certaine façon de s’occuper de notre santé (vous voyez de qui et quoi on parle …). Il y a du parti-pris politique (on sait de quel côté penche beaucoup Valeurs Actuelles). Mais c’est dit avec suffisamment de style pour que ça vise juste. Un coup de gueule à la hussarde.

« La Confrérie de Jean Nicot organise, le mois prochain, un colloque en Sologne sur la tolérance et la liberté. Le fumeur invétéré que je suis salue fraternellement cette confrérie et approuve son initiative. Je n’ignore nullement la nocivité du tabac. « Fumer tue » est-il écrit sur mes paquets de cigarettes. Sans doute. Mais vivre tue, Heidegger a beaucoup disserté sur le sujet.

« Les non-fumeurs aussi cassent leur pipe. Si je chope un cancer, je ne m’en prendrai qu’à moi-même et ne poursuivrai pas devant les tribunaux les producteurs ou les marchands de tabac. J’en ai un peu marre de me congeler, l’hiver, devant les seuils des restaurants ou sur les quais de gare, effet collatéral à cette traque incessante du législateur qui entretient l’exaspération ambiante.

« Aucune femme majeure n’est obligée de devenir mannequin. Mais si elle fait ce choix, elle doit se plier aux exigences des concepteurs de la mode vestimentaire, quoi qu’on pense de leur goût pour les silhouettes androgynes. Aucun sportif majeur n’est obligé de se doper. Mais s’il succombe à cette tentation en vue d’améliorer des performances, il doit en accepter les éventuels dommages pour sa santé. Ça ne regarde que lui.

« Chaque jour ou presque sort une loi qui amenuise l’espace de la liberté. Donc marginalise le sens de la responsabilité. Libre à chacun de finir cirrhotique à force de picoler. Libre à chacun de ne pas aimer les Auvergnats, les Scandinaves, les Chinois, telle religion, telle philosophie. Dans le sillage du principe de précaution, des lois sur la « repentance », et de la diabolisation des intellectuels, entrés en dissidence, se profile une société totalitaire sur les bords.

« Big Brother se pare de compassionnel pour contrôler notre santé physique et mentale et punir les récalcitrants. En nous prenant par la main pour traverser l’existence, il démonétise le respect d’autrui et les délicatesses de la sociabilité, qui relèvent d’une attitude personnelle. En poussant à la judiciarisation du moindre conflit, il prédispose à la veulerie, à la méfiance et à la mauvaise foi. En balisant nos jours, il proscrit les griseries de l’aventure.

« Pour que la vie soit romanesque, il faut prendre des risques et en assurer les conséquences. Elle n’est pas supportable avec la menace de ce revolver braqué sur nos tempes par des bigots acharnés à définir notre bonheur. Aggravée par les directives à flux continu de la bureaucratie bruxelloise, cette manie de menotter nos jours finira par nous rendre allergiques à la démocratie.

« Régenter l’humain depuis le berceau jusqu’aux pompes funèbres en corsetant ses désirs, ses fantasmes, ses rêves, ses aspirations idéales ; asséner avec la force de la loi les normes de sa moralité, de sa culture, de sa sexualité, cela porte un nom : le socialisme. Dieu préserve l’humanité de sa chute dans un univers où les individus seraient socialisés dans toutes leurs instances. Notre part la plus précieuse et la plus noble n’est pas socialisable et ne le sera jamais.

« Certes, nos gouvernants rose bonbon ne visent pas si loin; ils se bornent à nous emmailloter dans un carcan d’irresponsabilité tiédasse et douillet. La finalité, inconsciente ou inavouée, n’en consiste pas moins à encaserner les cœurs pour banaliser les âmes, et ça passe par l’érection des barbelés législatifs.

«  Pris un à un, les attendus de la sollicitude sont anodins voire gentillets. On peut vivre sans tabac, sans alcool, sans ortolans. On peut vivre sans s’adonner à la drague. Tôt ou tard un texte la codifiera. Le puritanisme bobo-socialo-écolo a de la suite dans les idées. Il prémédite notre réclusion ad vitam dans une prison clean, cool et hygiéniste jusqu’au délire, sous haute surveillance de ses idéologues et avec le concours de ses médias. Plus de maigres, plus d’obèses : tous calibrés sur le même modèle « égalitaire » et « citoyen ». Relisez les classiques, c’est bel et bien le projet du « vivre ensemble socialiste ».

« Malheureusement, les gens de droite pour qui l’on vote n’ont guère conscience de ce péril quand ils ne donnent pas dans les panneaux du Care soi-disant protecteur. Mieux vaut miser sur un ras-le-bol populaire qui obligera gauche et droite à ne plus nous emm … ».

Avr 222015
 

A bout-de-souffle BelmondoDécidément, la députée Michèle Delaunay ne se sera pas fait que des amis avec son histoire de bannir à tout jamais le tabac du cinéma français (voir NS 13 des 8, 17 et 20 avril). C’est au tour de Nicolas Gauthier, journaliste et auteur d’« Acteurs de la comédie politique », de jeter son opprobre sur « cette bouffée de révisionnisme rétroactif », sur le site « Boulevard Voltaire » le 20 avril.

« Décidément, il n’est pas en France de faux problèmes qui ne puissent appeler un semblant de réelle solution administrative. Car enfin, que les nouvelles fictions à venir bannissent les débordements tabagiques, pourquoi pas.

« Mais que fera-t-on des films du passé ? « Un cave qui se rebiffe » sans Jean Gabin en éternelle assistance respiratoire avec ses Craven A sans filtre ? Un « Alamo » tentant de résister sans John Wayne et ses quatre paquets de Camel quotidiens ? « À bout de souffle », notre Belmondo national retrouverait-il le sien s’il cessait de tirer sur ses Gitanes, devant la caméra d’un Jean-Luc Godard, autre fumeur invétéré ? Et le commissaire Maigret ? Et Lucky Luke ? Et James Bond ? Et Humphrey Bogart ? Et Fidel Castro ? Et merde …

« Comme toujours, les lois d’exception devraient connaître un certain nombre d’exceptions. Ouf. Et ces vieux films « devraient », pour l’instant, échapper à cette bouffée de révisionnisme rétroactif. On respire un peu. Et pas seulement à cause des odeurs de cendrier froid.

« Heureusement que les clopeurs sont plutôt bonnes poires et ne promettent pas à Michèle Delaunay de la passer à tabac. Car autrefois, elle y allait du cigare, tel qu’on disait à ceux promis à la machine du bon docteur Guillotin. En attendant, la politique n’est plus jamais qu’écran de fumée destiné à masquer des problèmes autrement moins fumeux.

« Au fait, Michèle, t’aurais pas un clope ? Parce qu’avec le paquet de cibiches à sept euros, il n’y a plus que les riches qui puissent encore fumer, tandis que les pauvres sont condamnés à désormais se la rouler sous le bras ».

Avr 212015
 

gang-anti-tabac-russieVladimir Poutine a initié  sa guerre contre le tabac il y deux ans.

Lancée, en juin 2013, la première étape a interdit de fumer à moins de quinze mètres des lieux publics (gares, arrêts de bus, écoles, universités et bâtiments gouvernementaux). Puis, la seconde, en juin 2014, a élargi l’interdiction aux bars, restaurants, trains longue distance, cités universitaires, hôtels et quais de gare. La publicité pour le tabac étant également hors la loi ; de même,  plus de vente du tabac dans les magasins de petite taille, où l’on voyait trop les paquets … Une vraie révolution dans les habitudes des Russes. 

Mais, il y a encore plus radical que Vladimir Poutine, comme ce groupuscule radicalement anti-tabac qui se fait appeler « Russie Saine » et qui n’hésite pas à faire des descentes musclées dans des restaurants ou des bars pour… faire appliquer la loi.

La semaine dernière, cette « milice » a, ainsi,  pris d’assaut un bar à chicha dans le quartier de Tverskaya à Moscou. Cagoulés et armés de kalashnikovs, ils s’en sont pris aux clients afin de les terroriser,  en annonçant leur faire passer toute envie de fumer dans … les lieux publics (http://www.dailymotion.com/video/x2n6275).

Comme quoi, un certain discours radical peut déboucher sur n’importe quoi. A moins que cette initiative ne cache autre chose … Ce ne serait pas la première fois que la« noble cause anti-tabagique»  couvre d’obscurs intérêts. 

 Harold Smoking 

Avr 172015
 

Le tweet du 3 avril de la députée PS Michèle Delaunay, pour un renforcement de « l’œil de Caïn » sur le cinéma français (voir NS 13 du 8 avril) , aura tout de même soulevé un vent de protestation par médias interposés. Jusqu’au réalisateur Jean-Pierre Mocky qui a, paraît-il, déversé un flot d’injures dans le téléphone de la députée.

Aujourd’hui, c’est au tour de l’hebdomadaire Télérama de revenir ironiquement sur l’offensive de Michèle Delaunay : « le cinéma français donnerait donc un mauvais exemple à la jeunesse ? Bonne nouvelle : les jeunes, que l’on pensait addicts aux blockbusters américains (où personne ne fume) et aux séries US (où tout le monde clope et picole), regardent donc des films français ». Et toc.

Puis, d’imaginer des pistes « de bonne conduite », si le cinéma devait devenir un espace public réglementé :

. « Pas plus d’un verre par personnage, et uniquement en cas de mariage. Les alcools forts seront réservés aux flics corrompus et aux tueurs en série ».
. « Les poursuites en voiture seront limitées à 110 sur l’autoroute et à 50 en ville ».
. « Au café, préférer le thé vert lors des scènes de planques policières ».
. « Piercing et tatouage devront indiquer que l’ado est sur une mauvaise pente »
. « Cinq fruits et légumes frais seront consommés dans chaque film français ».
. « Chaque scénario prévoira, évidemment, une séquence de tri sélectif ».

Madame Delaunay, vous qui êtes également médecin, lors de votre prochaine offensive, n’oubliez pas d’y ajouter une prescription d’antidépresseurs …