La ville de Nice a été la première à s’engager dans l’opération « Plage sans tabac », conduite par La Ligue contre le Cancer (voir NS 13 du 4 mai). C’était en 2012 et depuis, chaque année, elle désigne une nouvelle plage réservée aux non-fumeurs. La quatrième de la liste, c’est le site « les Bains Militaires », collé au port … Mais quand on voit la taille de la plage, on se demande si la ville ne se moque pas et de La Ligue et des non-fumeurs.
• On n’est pas dépisté …
L’auto-test d’évaluation de l’Institut du Cancer sur les risques de cancers évitables. Le tabac et l’alcool (ainsi qu’une alimentation déséquilibrée) sont les principales causes évitables de cancer (40 % des cancers), mais les Français continueraient de croire qu’hérédité et environnement sont plus facteurs de risques. C’est pourquoi l’INCa a lancé sur son site un test « éclair » (3 minutes) permettant d’évaluer ses risques et de s’orienter vers des pistes de réduction. On teste donc … Lire la suite »
Elle y tient la députée PS Michèle Delaunay à son combat contre la cigarette au cinéma (voir NS 13 du 8 avril). « La France doit mener une action très volontaire pour sortir du tabac d’ici à 2030 et il faut, pour cela, « débanaliser » la cigarette, y compris dans ses représentations dans cet art populaire qu’est le cinéma » répète-elle encore aujourd’hui dans Sud-Ouest, avant de nous ressortir les arguments développés sur son blog, dont l’idée d’une commission de « contrôle » (voir NS 13 du 21 mai). Mais, pour éviter le monologue, le quotidien a donné la réplique au réalisateur Jean-Pierre Mocky, qui ne cède pas aux « sirènes » de l’égérie anti-tabac (voir NS 13 du 17 avril).
« Michèle Delaunay a raison de lutter contre la cigarette, car c’est un fléau. Moi-même qui suis très libéral, quand je vois une collaboratrice qui se tape 20 cigarettes dans la journée, ça me paraît beaucoup. Et quand je recevais mon ami Gainsbourg, il fallait, après son départ, tout ouvrir pour évacuer les odeurs de tabac… Mais je trouve sa proposition un peu con. Créer une commission pour examiner les scénarios… surtout pas ! Il y a déjà tant de règles, tant de censures. Une censure invisible, sournoise, économique, dont je suis victime dès que je veux faire un film sur un sujet brûlant. On vous fait croire que le film n’est pas bon pour ne pas le distribuer ou pour ne pas en parler dans la presse… Si je faisais « La Famille Bélier », je n’aurais pas de problème !
« Bref, c’est déjà compliqué d’être un cinéaste libre, il y a beaucoup de normes, de pressions… Il ne faut pas rajouter une commission. On pourrait modérer la présence de la clope dans les films qui parlent de notre société actuelle, parce que les gens fument moins, mais il n’est pas envisageable de faire un film sur la France des années 1950, ou de l’Occupation, sans cigarettes ! Michèle Delaunay pense que l’industrie du tabac finance nos films : quand j’ai commencé avec Bourvil, on avait de gros contrats avec Gitane ou Marlboro, mais ce n’est plus le cas du tout …
« Michèle Delaunay renverse le problème. Le cinéma représente la vie : avant de faire disparaître la cigarette des écrans, il faudrait la faire disparaître de la vraie vie. Et puis, la cigarette, ce peut être utile à un metteur en scène, pour camper, psychologiquement, un personnage. Souvent, les gens fument, quand ils sortent notamment, non pas par plaisir, mais pour se donner une contenance, parce qu’ils manquent d’assurance… La cigarette, c’est un truc de timide. D’ailleurs, je fume très peu ».
Et l’on nous en remet une couche avec cette, désormais redondante, « Journée mondiale sans tabac ». Pluie de chiffres alarmistes ; avalanche de résolutions, avec, en toile de fond, le même discours culpabilisateur et de stigmatisation à l’égard du fumeur.
Attention : loin de notre esprit, la négation des dangers mortels représentés par le tabac. Ni du caractère parfaitement évitable des nombreuses pathologies qu’il entraîne avec son lot de drames humains et familiers.
Sauf que tous les fumeurs sont prévenus de ces risques. La France compte 13 millions de fumeurs. Dont la moitié déclare vouloir s’arrêter. Pas plus. Mystère. Et nous sommes une grosse majorité à assumer ce goût pour le tabac de façon responsable, sans incommoder les autres, ni faire de prosélytisme. Et nous avons le droit au respect, en tant que consommateur d’un produit légal.
Sur ce droit au respect. Il va même falloir insister un peu plus …
Et pour en conclure avec les chiffres, on pourrait entendre un discours sensiblement plus optimiste : à moyen ou long termes, sur les 5 ou 10 années passées, les chiffres du tabagisme sont à la baisse quasiment partout dans le monde. Lentement, peut-être, mais sûrement.
Et dans les quelques points où les taux augmentent, c’est bien souvent dû à des mouvements dans la structure de la population (pointe démographique ; immigration ou émigration ; conséquences de perturbations économiques, etc.).
En tant que fumeur, on sait bien à quel point tous ces discours – qu’ils se veulent alarmistes ou moralisateurs – tombent à côté de la plaque.
Marisol Touraine ameute la presse pour annoncer – c’était ce vendredi à midi, quelque part en banlieue – que dès cet été, on ne pourra « plus fumer sur les aires de jeux publiques ». Globalement, la presse s’en est foutue. Mais ça a fini par filtrer.
Et du champ d’application de la mesure, on n’en sait guère plus. Ma partie de boule avec les copains de vacances sera-t-elle sans fumeurs ? Ça va être dur. Il va falloir attendre pour savoir. Tout sera précisé dans un « décret à venir ».
Mais l’AFP a fini par se fendre d’un bref commentaire. Genre : plus de pause-cigarette devant le bac à sable. Marisol a même précisé que c’est pour « protéger les enfants ».
Fumer à proximité d’enfants (suffisamment près pour qu’ils puissent inhaler la fumée), il me semble que l’immense majorité des fumeurs s’en abstienne. Dans un parc ou n’importe où. Et s’il arrive à des parents de fumer près de leurs jeunes enfants, il apparaît qu’un traitement plus personnel et « accompagné » soit nécessaire. Car il est probable qu’un simple panneau d’interdiction n’y puisse rien. Surtout en l’absence chronique d’agent verbalisateur. On nous répondra que le comportement irresponsable de quelques-uns justifie toutes les interdictions. Alors, on serait prêt à applaudir la mesure …
… Cependant ses initiateurs ont une autre idée plus précise en tête : ce serait aussi le fait de « voir » un fumeur qui est perturbant. Ces chères têtes blondes risquant de se précipiter, plus tard, dans le tabagisme après avoir découvert, très tôt de leurs yeux innocents, le mauvais exemple.Lire la suite »
La dernière campagne anti-tabac de la Fondation thaïlandaise pour la promotion de la santé a choisi, comme pitch, la rédaction de messages avec une encre, obtenue à partir de la substance noire laissée par le goudron dans les poumons de fumeurs ou d’anciens …
Ce n’est pas de la science-fiction.
D’abord dans le film-vidéo, « The Message from the Lungs » (ou le message des poumons), le corps est censé s’exprimer par le biais de messages manuscrits à partir de cette encre : « en Thaïlande, 90 % des fumeurs veulent arrêter, mais la plupart n’essaieront pas, car leur corps ne les a pas prévenus avant qu’il ne soit trop tard ». Pour rendre crédible ces images, la vidéo contient une séquence sur le travail de fabrication du liquide.
Mais la campagne ne s’arrête pas là : « l’encre » a été distribuée à des passants dans des lieux publics, en les incitant à rédiger un message en faveur de la lutte contre le tabagisme, lequel a été partagé sur les réseaux sociaux …
Il n’y a pas qu’en Thaïlande qu’on en fait trop dans le « coup de pub choc ». Un média internet autrichien « Vangardist », spécialisé dans la mode pour un lectorat homosexuel, a choisi d’imprimer un numéro spécial (à 3 000 exemplaires) avec une encre mêlée à du sang testé positif au VIH … « un hommage aux héros du VIH et une lutte contre la stigmatisation des séropositifs ».
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.