Sep 272015
 

Lipstick Dior addictNotre collectif d’anti-tabac voit le diable de « la cigarette » partout. Et leur obsession contre tout objet qui aurait la forme d’une cigarette, contre tout geste similaire à la tenue d’une cigarette atteint des sommets : plus addict à l’anti-tabagisme que les fumeurs à la cigarette ! Dernière exemple en date : leurs cris devant la dernière campagne publicitaire de Dior sur sa ligne « Addict » : un lipstick tenu entre un majeur et un index. Horreur. Perversité. Honte à la maison Dior voir NS 13 du 26 septembre).

Côté perversité, on leur rappellera que la maison Dior a fait plus fort, il y a quelques années, lorsque Kate Moss – la top modèle aux multiples addictions – fut l’égérie de la ligne. Mais là, on ne les a pas entendus. Peut-être qu’ils n’avaient pas saisi…

Côté marketing, il faut être gravement « addict à l’anti-tabagisme » pour estimer que l’objectif de Dior est d’inciter sa cible à pousser la porte d’un buraliste … plutôt que d’une parfumerie. Ou qu’une lectrice pense tabac plutôt que rouge à lèvre en découvrant la pub.

Une fois de plus, leur « fumophobie » prouve qu’ils ne comprennent rien à la période dans laquelle ils vivent et que leur « interprétation » – forcément faussée par des années d’idées préconçues – en dit long sur leur incapacité à accompagner le fumeur qui veut arrêter et à imaginer une véritable politique de prévention.

Alors, vont-ils brandir l’interdiction du lipstick (au cas où) ?

Alors, vont-ils nous interdire de tenir un crayon comme on en a envie (au cas où) ?

Ils se trompent de constat. Ils se trompent de combat. Si le taux de prévalence est plus élevé en France que chez nos voisins européens, c’est bien parce qu’ils doivent revoir leur copie.

Sophie Adriano

Juil 272015
 

Plage sans tabacLa plage et la bronzette, c’est d’actu. L’interdiction d’y fumer aussi, puisque cette année 12 villes ont adopté – pour un total de 21 plages (dont 10 en Corse) – le label de La Ligue national contre le Cancer « Plage sans tabac ». Heureusement, il nous en reste un paquet et, en général, la plupart des municipalités choisissent les sites les plus petits ou un modeste bout de plage (voir NS 13 du 23 juin).

Cependant, le supplément Version Femina de ce week-end y consacre une page « pour ou contre ». En faisant appel (pour une fois) à un pro-fumeur : Alexis Chabert, avocat et créateur-président de l’association « Droit des fumeurs ».

•• Pour Alexis Chabert, « le tabagisme passif en plein air, ça n’existe pas » :

« Prenez Nice, l’une des premières plages sans tabac. Des voitures passent sans discontinuer le long du littoral, des avions sillonnent le ciel … mais ce sont les fumeurs qui présenteraient un risque pour la santé de leurs voisins de serviette !

« Interdire de fumer dans un espace clos, je ne suis pas contre. Mais prétendre qu’on crée une réelle nuisance, un danger pour la santé des autres dans un espace aussi aéré et venté qu’une plage, c’est absurde.

« Le vrai problème est la pollution des mégots (…) c’est un problème de déchets, pas un problème de santé publique. Il vaudrait mieux faire appel à plus de civisme, distribuer des cendriers portatifs … et mettre un avertissement à ceux qui prennent la plage pour un cendrier (…)

« Mais interdire la cigarette et verbaliser les fumeurs, c’est une mesure qui restreint les libertés publiques. Aujourd’hui, chacun est informé des dangers du tabac et doit pouvoir décider de prendre ce risque ou pas, lorsqu’il est dans un lieu où fumer ne nuit à personne d’autre qu’à lui-même !

« Nous vivons dans une société de plus en plus contraignante et hygiéniste, qui préfère interdire et stigmatiser les comportements au nom de la santé. Il faut se demander jusqu’où on peut aller, dans quelle société on veut vivre ».

•• Albert Hirsch de La Ligue contre le Cancer défend, quant à lui, son label : « il ne s’agit pas de stigmatiser les fumeurs mais de les aider … il faut rompre le lien entre ce poison qu’est le tabac et l’idée de plein air, de loisir et de plaisir ».  

Ce n’est que de la com, alors ?

Juil 152015
 

Prix portefeuille-euro(1)Finalement, le plus intéressant dans la « fausse » alerte du Parisien / Aujourd’hui en France brandissant « Au secours : la clope revient » pour « vendre » le paquet à 10 euros des anti-tabac (voir NS 13 du 9 juillet), ce furent les témoignages des fumeurs. Mais, personne n’en a parlé et les mêmes anti-tabac ont dû refuser de lire, borgnes et ancrés dans leur déni de la réalité. Un fumeur est un citoyen conscient et responsable, pesant le pour et le contre et qui n’est pas prêt de lâcher son plaisir contre de fausses promesses.

• Graziella Vitti, 45 ans, aide puéricultrice, Colombes (92)
« J’ai essayé il y a deux ans, mais ça a été un échec, malgré les patchs. J’ai repris à 20 cigarettes par jour, à cause du stress et de problèmes familiaux. J’achète du tabac à rouler depuis quatre ans car c’est moins cher, j’économise 200 euros par mois par rapport à des cigarettes. En janvier, je suis allée en Belgique faire des réserves, avec des amies pour baisser le coût du trajet. Je le referai ».

• Alain Demory, 61 ans, consultant, Le Vésinet (78)
« Parce que j’aime ça ! J’ai commencé jeune par des Gitanes sans filtre, puis j’ai arrêté il y a vingt ans, et j’ai repris, cette fois, des blondes. Parfois, je pense à arrêter avant d’avoir des problèmes de santé. Je trouve scandaleux et hypocrite que l’État se serve autant sur les prix des paquets sous couvert de santé publique. Quant à l’e-cigarette, c’est comme une poupée gonflable, ça ne remplace pas la réalité ».

• Guillaume Plard, 27 ans, consultant recrutement, Vernon (27)
« Je viens de reprendre. Cinq cigarettes par jour, à cause d’une situation stressante alors que j’avais arrêté depuis deux ans. J’étais passé à l’e-cigarette, comme deux de mes collègues, avec qui je fumais dans notre bureau. Je ne pense pas arrêter pour l’instant, même si le paquet passe à 10 euros. Ce prix limiterait la consommation des ados. Je soutiens les plans de santé, car le tabac coûte cher à la Sécurité sociale ».

• Anna Prugne, 35 ans, paysagiste, Montreuil (93)
« Parce que je n’en ai pas envie. J’en ai marre des la hausse du tabac, du regard porté sur les fumeurs et de l’esprit d’interdiction. Faire des économies m’a traversé l’esprit, mais je suis sûre que cet argent irait dans le quotidien, les sorties. J’ai essayé l’e-cigarette : en trois jours, j’ai perdu la première et on m’a volé la deuxième. Alors à 80 euros les deux, j’ai trouvé ça cher ».

• Cynthia Ludomir, 25 ans, cuisinière, Bouillante (Guadeloupe)
« J’ai bien tenté de stopper il y a un an, à cause de la hausse des prix. Je n’ai tenu que deux jours … J’ai essayé l’e-cigarette, mais j’avais l’impression de ne rien fumer, alors elle dort dans un tiroir. Si le paquet passe à 10 euros, je pense que j’irai voir un médecin pour qu’il m’aide à arrêter, peut-être avec des patchs, car les chewing-gum, ça ne marche pas. Ma mère a arrêté il y a dix ans. Donc, je me dis que c’est possible ».

Juil 112015
 

christian_combaz.jpgÉcrivain et essayiste, Christian Combaz nous livre – dans Figaro Vox du 10 juillet – un billet percutant sur « la manipulation médiatique » de la semaine (voir NS 13 du 9 juillet) et plus. En résumé : « l’augmentation ou la diminution du nombre de fumeurs sera bientôt aussi connue que le taux d’inflation mais les raisons pour lesquelles les gens fument sont dues à autre chose qu’à la puissance de l’industrie du tabac ». À lire dans son intégralité avec délectation.

« Les mines cafardes des présentateurs qui nous annoncent que la consommation de tabac est repartie à la hausse ont beau n’impressionner personne, la litanie recommence tous les trois mois comme s’il s’agissait d’annoncer le taux d’inflation. On finit par rêver d’un rédacteur en chef qui dirait stop, c’est fini, nous ne serons plus les artisans d’une campagne prophylactique obligatoire, nous ne sommes pas dans la Chine de Mao, si le Gouvernement veut faire de la propagande anti-tabac il n’a qu’à la faire dans les gares et louer des panneaux, mais le coup du type qui se retourne vers la caméra en disant « à présent, voici des chiffres préoccupants ! », on nous l’a trop fait, personne n’écoute plus.

« Quand les pourcentages baissent il y a toujours un reportage pour vous rappeler qu’il reste trop de fumeurs en France. Quand le prix du paquet augmente il y a toujours une Marisol pour plastronner sur le thème « patience, on les aura ». Les pouvoirs publics ont tout essayé, y compris les méthodes staliniennes qui s’adressent aux enfants pour les convaincre de contrôler la consommation de leurs parents. Dans le film « Le Pari » (1997), le slogan, issu d’un cabinet de communicants médiocre (mais il est probable que ce sont plutôt les scénaristes qui ont commis l’erreur en toute ignorance), slogan qui depuis circule partout dans la presse française, était « Le tabac c’est tabou on en viendra tous à bout ! ». On imagine très bien ce que l’auteur de cette phrase idiote avait en tête : le tabac, c’est un fléau. Mais comme la différence entre un fléau et un tabou lui échappait, comme il fallait une rime forte, et comme il n’avait pas fait Normale Sup, cette incongruité de langage a fini par devenir le symbole d’une campagne permanente d’intimidation au nom de la santé publique.

« Si l’on veut enjamber un vrai tabou, commençons par rétablir sa définition. Un tabou n’est pas un fléau. C’est un sujet qu’il est de mauvais ton d’évoquer. Voilà qui tombe bien car il existe bel et bien un tabou à propos du tabac, un sujet que personne ne veut jamais évoquer : pour la moitié de ceux qui s’y adonnent, le tabac est avant tout un plaisir donc une consolation, comme l’alcool et mille autres choses qui finiront par disparaître de notre paysage mental. Le jour où les Tartuffes occuperont le terrain d’une frontière à l’autre, il faudra changer jusqu’au titre de « La première gorgée de bière » de Philippe Delerm par le même principe qui veut qu’on ne puisse plus publier, aujourd’hui, un livre intitulé « La première taf’ du matin et autres plaisirs minuscules ».

« Le vrai, le seul tabou semble être la question : de quoi les gens ont-ils besoin d’être consolés en se raccrochant ainsi à ces plaisirs humbles, addictifs, répétitifs, et quel est le profil de celui qui cherche la consolation ? C’est curieux mais sur ce sujet, les gouvernements sont incapables de fournir une réponse.

« Quant aux élites de la Nation qui lancent ces campagnes en direction de la plèbe, s’ils avaient une connaissance suffisante du coeur humain, s’ils avaient la moindre idée de ce que veulent les gens, leurs enfants seraient moins nombreux à tomber pour trafic de cannabis ou vol à main armée ».

Juil 092015
 

NumériserLequel des deux est le plus ridicule ? Le Parisien qui s’est prêté au jeu de la manipulation, sans vérifier ? Ou la bande des anti-tabac (député et experts médicaux) qui a monté l’offensive ?

En tout cas, avec la « une » et la double page du quotidien de ce jeudi 9 juillet sur une « hausse de la consommation de tabac de l’ordre de 7 % » et l’urgence à faire passer  le paquet de cigarettes à 10 euros, ils ont une fois de plus démontré à quel point ils méprisaient l’opinion publique. Parce qu’il s’agit bien d’une manœuvre de manipulation de la part d’une intelligentsia toujours prompte à donner des leçons de morale et de conduite aux  industriels comme aux buralistes en passant par les consommateurs.

« La hausse de 7 % », c’est le résultat d’un effet trompeur de statistiques. En l’occurrence, une journée de livraison de tabac supplémentaire en mars 2015 par rapport à mars 2014, avait pris le soin de préciser l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies en accompagnement de la publication de son tableau de bord mensuel Tabac. Lire la suite »