Nov 302019
 

Selon une étude menée – pour la troisième fois en Europe – par l’Institut économique Molinari), la France passe pour un pays plutôt « très moralisateur » concernant les produits dits de « vice » : à savoir le tabac, l’alcool, certains types de nourriture ou encore les boissons sucrées.

Si la France recule relativement dans le classement – de la 6ème place en 2017 à la 10ème place de 28 pays classés en fonction de la dureté de leur fiscalité et réglementation – c’est que la majorité des voisins européens renforcent également leur dispositif.

•• Outre les hausses successives du prix du tabac, l’étude met en exergue, pour la France, l’adoption du paquet neutre, l’interdiction totale de la publicité sur le tabac (y compris dans le point de vente) et l’interdiction de fumer dans bon nombre de lieux publics … en l’espace de quelques années seulement : « la France est devenue le 2ème pays de l’Union européenne en matière de taxes sur les fumeurs ( après ajustement en fonction des revenus ) et le 3ème en termes de recettes fiscales ». Lire la suite »

Juin 152019
 

Ouf ! Édouard Philippe a décidé de nous oublier, pour le moment.

Il y a presque deux ans, il avait annoncé le paquet à dix euros dans son discours de politique générale. Lors du deuxième exercice, ce mercredi 12 juin, il a trouvé une autre cible de santé publique : l’obésité.

Remarquez, la ministre de la Santé a de quoi faire. Avec la déferlante de la nouvelle mobilité électrique (trottinette, vélo, …) et la montée en puissance de la livraison de repas (à domicile ou au bureau) on est loin du message sanitaire : « pratiquez une activité physique régulière ».

•• Ce n’est pas notre problème … Juste une remarque, sachant que la première étape de cette prévention passe par une obligation de l’étiquette alimentaire « Nutriscore ». C’est plus judicieux que des photos de mort de maladie cardio-vasculaire … et plus informatif. Une étiquette que réclament à cors et à cris les fumeurs.

•• Tiens, à propos de fumeurs, revenons aux statistiques délivrées lors de la dernière « Journée mondiale sans Tabac », le 31 mai dernier. Lire la suite »

Mai 312018
 

La « Journée mondiale sans tabac » du 31 mai, c’est la récurrente stigmatisation pour les fumeurs. Mais, cette année, en France, ô surprise !

Les fumeurs français sont devenus vertueux. Ils arrêtent. Grâce à une étude (plus exactement un sondage) de l’organisme officiel Santé publique France publiée trois jours avant. Gros titre : un million en moins de fumeurs quotidiens entre 2016 et 2017. Plus de 50 pages de rapport pour nous abreuver de moins 3 points par-ci, de moins 2 points par-là, chez les jeunes, les populations sans diplôme ou au chômage … Tout cela pour vanter le paquet neutre, des augmentations de prix (pas effectives sur la période) et du « Mois sans tabac ». Vivent nous (les institutions) !

•• Mais il y a une faille et une grosse. Cette avalanche de chiffres et de pourcentage ne donne aucun repère précis. Quel est le nombre exact de fumeurs en France ? 12,5 millions ? 13 millions ? 13,5 millions ? Quotidiens ou pas ?

Comme un arbre qui cache la forêt. Cela vaudrait bien un recensement sur le mode Insee pour la population. Ou on reste sur le mode « courbe du chômage » qui reste aléatoire.

•• Cela dit, parmi les tentatives d’arrêt recensées au dernier trimestre 2016, 52,3 % n’ont sollicité aucune aide. Comme quoi, le fumeur fait ce qu’il veut, quand il veut. Et qu’il n’a pas besoin d’être harcelé, comme c’est le cas aujourd’hui, par l’alternative e-cigarette (le « 95 % moins nocif » aussi insipide que le Coca zéro ou light) ou les substituts nicotiniques. C’est contre-productif.

On fume par plaisir. On arrête par prise de conscience. C’est cela la liberté de choix.

Sophie Adriano

Nov 042017
 

La prévention auprès des jeunes, ce n’est pas encore ça … à en croire le dernier baromètre de la mutuelle étudiante Smerep sur le tabagisme des étudiants et des lycées, publiée à une semaine de l’opération « Moi(s) sans tabac 2017 ».

Au passage, on se dira qu’il est toujours aussi nécessaire d’analyser finement les mécanismes complexes amenant des jeunes à faire appel à une expérience dont ils sont largement informés du danger létal. Le paquet neutre n’est-il pas en place depuis le 1er janvier ? Et le paquet neutre n’était-il pas destiné, prioritairement, à dissuader les jeunes ?

•• Revenons à l’étude, conduite par l’institut Opinion Way en mai 2017 pour la Smerep, dans laquelle 26 % des étudiants se déclarent fumeurs occasionnels ou réguliers, contre 22 % l’an passé.Et parmi eux, près de 20 % ne souhaitent pas arrêter de fumer.

Seuls les étudiants d’Ile-de-France renverseraient la tendance : 26 % de fumeurs en 2017 contre 29 % en 2016.

•• Concernant les lycéens, 15 % se disent actuellement fumeurs, dont plus de 30 % ne souhaitent pas arrêter de fumer. C’est un peu mieux que l’année dernière lorsqu’ un sur deux déclarait ne pas vouloir stopper le tabac dans les douze prochains mois. Pour les étudiants et les lycées prêts à l’arrêt, la préservation de la santé reste cependant prioritaire comme motivation (avec respectivement 62 % et 47 %). La question financière est retenue par 40 % des étudiants et 33 % des lycéens.

•• 86 % des étudiants ont arrêté par leur volonté seule. Les différentes méthodes de sevrage semblent quasi-inexistantes parmi eux. Sauf en Ile-de-France où il y est fait clairement référence : 9 % des étudiants ont utilisé l’e-cigarette, 6 % des gommes nicotiniques et 3 % l’hypnose ou la médecine douce.

•• La Smerep a édité une brochure intitulée « Tabac, cannabis, j’arrête, je respire » ayant pour but d’encourager tous les jeunes à participer à l’opération « Moi(s) sans tabac  » ; « même si plus de 90 % des étudiants et des lycéens déclarent être déjà informés sur les dangers de la consommation de tabac », rappelle la mutuelle.

Oct 182017
 

Six Français sur dix applaudissent la hausse des prix du tabac, selon un sondage publié dans Les Échos du 17 octobre, et largement relayé par les médias « moutons de panurge ».

52 % estiment même que la mesure va « dans le sens de l’histoire ». Ouah ! Rien que ça. On a tout de même échappé au H majuscule.

Ne soyons pas étonnés de ces résultats « proches du plébiscite ». Un panel – de 992 personnes adultes – représentatif des sympathisants des courants ou partis politiques. On ignore, là-dedans, si les fumeurs sont particulièrement pris en compte.

Ensuite, les sondés s’emmêlent les pinceaux. 72 % pensent que la mesure est surtout motivée pour des raisons financières, plutôt que pour la santé publique 27 % (là, ils ont tout compris). En même temps, 91 % estiment que cela va booster les achats dans les pays frontaliers et 88 % la contrebande. C’est donc cela, le sens de l’histoire : en faire rentrer le moins possible dans les caisses de l’État au profit du marché parallèle.

Comme le paquet à 10 euros, le sondage est un costard taillé « sur mesure » par et pour Emmanuel Macron. Commentaire de Gaël Sliman, président d’Odoxa : « ce dernier profite que deux Français sur trois ne soient pas fumeurs pour bénéficier d’un fort soutien dans l’opinion sur une mesure qui consistera à prélever plus d’argent aux contribuables », mais pas de leur poche. Sympa ! Lire la suite »