Déc 212022
 

Tiens, tiens … Nos institutions viennent de comprendre que les Français fument ! Pas besoin d’études pour le constater … il suffisait de descendre de son piédestal, de descendre dans la rue, de côtoyer les citoyens.

Au moins, les « grands manitous de la santé publique » ont des chiffres et nous aussi. 30 % de fumeurs réguliers, 25,6 % quotidiens (selon le baromètre de Santé publique France). Sans appel.

Pourtant, ils ont tout essayé … Le paquet le plus cher de l’Union européenne, le paquet neutre, les photos-choc, le « Mois sans tabac … on arrête ensemble » (qui ne convainc pas dans un pays aussi individualiste que la France). Ça ne marche pas.

Alors les experts dégainent des explications rationnelles à l’échec de leur stratégie pré-formatée sur le tabagisme :
les catégories « défavorisées » qui resteraient fermées aux messages de santé publique (des sous-développés, en somme)
les femmes (bien sûr des êtres faibles qui continuent à rechercher « des symboles de liberté »)
et puis la crise du Covid avec ses impacts psychologiques …

Si on suit cette logique, ce n’est pas demain la veille que le tabagisme va baisser : inflation, pression sur la consommation d’énergie, guerre en Ukraine … en 2022. Tout est là pour le stress.

Autre considération : il y aurait donc plus de classes défavorisées en France qu’au Royaume-Uni où la prévalence est à 13 %. Cherchez l’erreur de diagnostic !

La réalité, c’est que parmi les Français comptent bien un certain nombre d’irréductibles fumeurs : dont un certain nombre par goût, par plaisirtaba … Le changement ne passera ni par la leçon de morale, ni par la menace, encore moins par le matraquage fiscal mais par la compréhension du choix personnel de chacun.

Tolérance … Cela vous dit quelque chose ?

Nov 302019
 

Selon une étude menée – pour la troisième fois en Europe – par l’Institut économique Molinari), la France passe pour un pays plutôt « très moralisateur » concernant les produits dits de « vice » : à savoir le tabac, l’alcool, certains types de nourriture ou encore les boissons sucrées.

Si la France recule relativement dans le classement – de la 6ème place en 2017 à la 10ème place de 28 pays classés en fonction de la dureté de leur fiscalité et réglementation – c’est que la majorité des voisins européens renforcent également leur dispositif.

•• Outre les hausses successives du prix du tabac, l’étude met en exergue, pour la France, l’adoption du paquet neutre, l’interdiction totale de la publicité sur le tabac (y compris dans le point de vente) et l’interdiction de fumer dans bon nombre de lieux publics … en l’espace de quelques années seulement : « la France est devenue le 2ème pays de l’Union européenne en matière de taxes sur les fumeurs ( après ajustement en fonction des revenus ) et le 3ème en termes de recettes fiscales ». Lire la suite »

Juin 152019
 

Ouf ! Édouard Philippe a décidé de nous oublier, pour le moment.

Il y a presque deux ans, il avait annoncé le paquet à dix euros dans son discours de politique générale. Lors du deuxième exercice, ce mercredi 12 juin, il a trouvé une autre cible de santé publique : l’obésité.

Remarquez, la ministre de la Santé a de quoi faire. Avec la déferlante de la nouvelle mobilité électrique (trottinette, vélo, …) et la montée en puissance de la livraison de repas (à domicile ou au bureau) on est loin du message sanitaire : « pratiquez une activité physique régulière ».

•• Ce n’est pas notre problème … Juste une remarque, sachant que la première étape de cette prévention passe par une obligation de l’étiquette alimentaire « Nutriscore ». C’est plus judicieux que des photos de mort de maladie cardio-vasculaire … et plus informatif. Une étiquette que réclament à cors et à cris les fumeurs.

•• Tiens, à propos de fumeurs, revenons aux statistiques délivrées lors de la dernière « Journée mondiale sans Tabac », le 31 mai dernier. Lire la suite »

Mai 312018
 

La « Journée mondiale sans tabac » du 31 mai, c’est la récurrente stigmatisation pour les fumeurs. Mais, cette année, en France, ô surprise !

Les fumeurs français sont devenus vertueux. Ils arrêtent. Grâce à une étude (plus exactement un sondage) de l’organisme officiel Santé publique France publiée trois jours avant. Gros titre : un million en moins de fumeurs quotidiens entre 2016 et 2017. Plus de 50 pages de rapport pour nous abreuver de moins 3 points par-ci, de moins 2 points par-là, chez les jeunes, les populations sans diplôme ou au chômage … Tout cela pour vanter le paquet neutre, des augmentations de prix (pas effectives sur la période) et du « Mois sans tabac ». Vivent nous (les institutions) !

•• Mais il y a une faille et une grosse. Cette avalanche de chiffres et de pourcentage ne donne aucun repère précis. Quel est le nombre exact de fumeurs en France ? 12,5 millions ? 13 millions ? 13,5 millions ? Quotidiens ou pas ?

Comme un arbre qui cache la forêt. Cela vaudrait bien un recensement sur le mode Insee pour la population. Ou on reste sur le mode « courbe du chômage » qui reste aléatoire.

•• Cela dit, parmi les tentatives d’arrêt recensées au dernier trimestre 2016, 52,3 % n’ont sollicité aucune aide. Comme quoi, le fumeur fait ce qu’il veut, quand il veut. Et qu’il n’a pas besoin d’être harcelé, comme c’est le cas aujourd’hui, par l’alternative e-cigarette (le « 95 % moins nocif » aussi insipide que le Coca zéro ou light) ou les substituts nicotiniques. C’est contre-productif.

On fume par plaisir. On arrête par prise de conscience. C’est cela la liberté de choix.

Sophie Adriano

Nov 042017
 

La prévention auprès des jeunes, ce n’est pas encore ça … à en croire le dernier baromètre de la mutuelle étudiante Smerep sur le tabagisme des étudiants et des lycées, publiée à une semaine de l’opération « Moi(s) sans tabac 2017 ».

Au passage, on se dira qu’il est toujours aussi nécessaire d’analyser finement les mécanismes complexes amenant des jeunes à faire appel à une expérience dont ils sont largement informés du danger létal. Le paquet neutre n’est-il pas en place depuis le 1er janvier ? Et le paquet neutre n’était-il pas destiné, prioritairement, à dissuader les jeunes ?

•• Revenons à l’étude, conduite par l’institut Opinion Way en mai 2017 pour la Smerep, dans laquelle 26 % des étudiants se déclarent fumeurs occasionnels ou réguliers, contre 22 % l’an passé.Et parmi eux, près de 20 % ne souhaitent pas arrêter de fumer.

Seuls les étudiants d’Ile-de-France renverseraient la tendance : 26 % de fumeurs en 2017 contre 29 % en 2016.

•• Concernant les lycéens, 15 % se disent actuellement fumeurs, dont plus de 30 % ne souhaitent pas arrêter de fumer. C’est un peu mieux que l’année dernière lorsqu’ un sur deux déclarait ne pas vouloir stopper le tabac dans les douze prochains mois. Pour les étudiants et les lycées prêts à l’arrêt, la préservation de la santé reste cependant prioritaire comme motivation (avec respectivement 62 % et 47 %). La question financière est retenue par 40 % des étudiants et 33 % des lycéens.

•• 86 % des étudiants ont arrêté par leur volonté seule. Les différentes méthodes de sevrage semblent quasi-inexistantes parmi eux. Sauf en Ile-de-France où il y est fait clairement référence : 9 % des étudiants ont utilisé l’e-cigarette, 6 % des gommes nicotiniques et 3 % l’hypnose ou la médecine douce.

•• La Smerep a édité une brochure intitulée « Tabac, cannabis, j’arrête, je respire » ayant pour but d’encourager tous les jeunes à participer à l’opération « Moi(s) sans tabac  » ; « même si plus de 90 % des étudiants et des lycéens déclarent être déjà informés sur les dangers de la consommation de tabac », rappelle la mutuelle.