Fév 122016
 

Suite aux recommandations de la Cour des comptes sur la lutte contre le tabagisme, le blog « Déjà vu » de Francetvinfo – qui se livre à l’exercice de comparer l’actualité d’aujourd’hui et les histoires d’hier – fait un retour sur d’autres croisades contre le tabac. Autrement plus dures.

Urban_VII•• Urbain VII, le pape anti-tabac

Urbain VII reste dans l’histoire pour deux raisons. Et d’une, son pontificat reste le plus court de l’histoire de l’Église : le malheureux pontife régna douze jours, du 15 au 27 septembre 1590, avant de mourir de malaria. Et de deux, il restera pour les siècles des siècles comme l’auteur de la première législation anti-tabac de l’histoire, du moins en Occident, en interdisant de fumer dans les lieux saints. Le pontife menaça tout bonnement les contrevenants de la peine la plus lourde : l’excommunication, autrement dit l’expulsion de la communauté chrétienne. Et Urbain précise bien que l’interdiction concerne toutes les manières de consommer du tabac que ce soit en le mastiquant, en fumant la pipe ou pétunant, autrement dit en l’aspirant par le nez sous forme de poudre.

•• Lèvres tranchées, coups de bâtons …

Au tournant des 16e et 17e siècles, plusieurs souverains réagissent à l’arrivée de l’herbe à fumer par une vague de mesures anti-tabac.
• En Perse, le shah Abbas opte pour une législation  » toute en douceur  » : il fait trancher les lèvres des fumeurs de pipe et couper le nez de ceux qui sniffent la plante du Nouveau Monde.
•. Le sultan ottoman Mourad IV fait, de son côté, brûler vif les malheureux surpris à fumer, sur le même bucher qui attend ceux qui boivent de l’alcool.
• En Russie, Michel 1er, fondateur de la dynastie des Romanov, menace de son côté les fumeurs de 60 coups de bâton sous la plante des pieds.
•. Roi d’Écosse et roi d’Angleterre, Jacques 1er, plutôt que de l’interdire, se fendit d’un traité acide : « A Counterblaste To Tobacco ». Il y qualifie le tabagisme d’habitude « répugnante pour l’œil, détestable pour le nez, dangereuse pour le cerveau et redoutable pour les poumons ». Il reproche aussi aux Anglais d’imiter, en fumant, « les mœurs barbares et bestiales d’Indiens sauvages et impies ». Et le souverain taxa le tabac dans des proportions sidérantes. Déjà.

Hitler campagne anti tabac•• La politique anti-tabac d’Adolf Hitler 

Ancien gros fumeur lui-même, Hitler vira de bord à la trentaine et, comme beaucoup d’ex, se mua en opposant acharné de la cigarette. Dans ses discours, le tabac devient l’un des pièges tendus par les ennemis de l’Allemagne aux Aryens, dont « on » cherche à affaiblir la force et la santé. Ce qui amena le Führer à tanner tout son entourage –  Goering et Eva Braun en tête – pour qu’ils cessent de fumer.
À cette vision s’ajoute le fait que la médecine allemande des années 30 est à la pointe de la recherche sur le tabac. Avant leurs confrères anglo-saxons, ils ont mis en évidence les liens entre tabagisme et cancers du poumon, et défini, au passage, le concept de tabagisme passif.
En quelques années, le IIIe Reich devient la première nation à se doter d’une véritable politique anti-tabac. En 1938, il est interdit dans les établissements de soins, dans certains services publics et dans les écoles. En 1941, sa consommation est interdite dans les tramways et se trouve prohibée dans les rues de soixante villes allemandes. La publicité naissante, alors très encadrée, est bannie des stades et des transports en commun.
Tout l’appareil de la propagande du Reich est déployé pour lancer des campagnes de prévention notamment auprès des jeunes. Même dans l’armée, la cigarette est rationnée : six par soldat et par jour, pour une vingtaine jusque-là.
Tout ça pour rien. Entre 1933 et 1939, le nombre de cigarettes consommées en Allemagne est multiplié par deux ; plus vite qu’en France où aucune législation n’est alors en place.

Fév 082016
 

Jean-Pierre MockyLe réalisateur, scénariste, producteur et acteur, Jean-Pierre Mocky, l’a clairement énoncé, avec son style sans détour, au micro de Bourdin Direct sur RMC, ce lundi 8 février : « ils s’imaginent que, parce que l’on ne verra pas des gens fumer dans des films, les gens fumeront moins : c’est idiot, il n’y a pas de rapport ! ».

Ce n’est pas la première fois que Jean-Pierre Mocky  s’oppose à la députée Michèle Delaunay – égérie anti-tabac – sur le sujet.

Lorsqu’elle a avancé ses pions, l’année dernière, avec la création d’une commission de contrôle des films intégrant des scènes de tabagisme ou évoquant le tabac : « je trouve sa proposition un peu con » avait-il tranquillement affirmé (voir NS 13 du 4 juin 2015).

Jan 282016
 

allume-cigareLes anti-tabac veulent nous harceler et nous, les fumeurs, n’allons pas tarder à nous fâcher …

Surtout quand leur acharnement confine à la bêtise, si ce n’est à l’absurde … Ainsi de cette question écrite de la députée « activiste » Michèle Delaunay au ministre de l’Intérieur, en octobre dernier, sur l’utilisation et l’appellation des allume-cigares dans les véhicules.

La voici dans son intégralité :

« Alors que le Gouvernement a pris position dans la lutte contre le tabagisme par des mesures, qu’il convient de renforcer, comme l’interdiction de fumer en voiture en présence d’un mineur mise en œuvre depuis le 1er juillet 2015, la présence dans les véhicules de prises dites « allume-cigare » arborant le symbole d’une cigarette allumée semble désuète.

« L’article R.412-6 du Code de la route stipule que « tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent (…) Son interprétation a déjà conduit à la verbalisation d’automobilistes fumant une cigarette tout en conduisant.

« Il ne s’agit pas de supprimer cette prise qui permet aujourd’hui à de nombreux automobilistes de charger un GPS ou un téléphone ou encore brancher une glacière, mais d’en modifier le fonctionnement par la fin de la fonction « allume-cigare » et l’abandon de l’iconographie de la cigarette fumante.

« Madame Michèle Delaunay lui demande de bien vouloir lui indiquer dans quelle mesure le Gouvernement pourrait influer dans ce sens ».

Bernard Cazeneuve n’a rien d’autre à faire effectivement … et les constructeurs automobiles non plus.

Jan 262016
 

DélationCe n’est pas la première fois que nous alertons les fumeurs sur les méthodes de privation exagérée de liberté qui se développent dans l’Hexagone à leur encontre … Rappelez-vous ces agents guettant un flagrant délit de jet de mégot (voir NS 13 du 3 octobre).

Une association anti-tabac – Alliance contre le Tabac, présidée par la « très active» députée Michèle Delaunay rêvant d’un paquet à 10 euros au moins pour une France sans tabac – a lancé, ce mardi 26 janvier, un appel pour le moins ambigu et angoissant sur son compte Twitter : « vous constatez une violation de la loi Evin (publicité dissimulée, tabac dans lieux interdits …), n’hésitez pas à nous le signaler ».

Il s’agit de profiter du moindre petit incident, de la moindre infraction potentielle pour dénoncer.

La première étape consistait à nous transformer en paria.
La seconde (avec le paquet neutre) à nous humilier et nous stigmatiser.
La troisième va être de nous dénoncer et de faire de nous la cible de délateurs.
Et la quatrième sera de nous enfermer dans des camps de rééducation, à ce train-là.

Mais on ne va pas se laisser intimider par des méthodes de harceleurs : on a toujours le droit de fumer en France quand on est adulte et que l’on respecte la réglementation.

Comme on a toujours le droit de vendre du tabac, semble-t-il, aux personnes majeures dans les points de vente officiels. Alors, pourquoi cet exemple de délation, en pointant du doigt, toujours sur Twitter, « la gare de Bordeaux en triste contravention par la présence d’un bureau de tabac » ? C’est le réseau Relay de Lagardère qui va être content.

Jan 102016
 

Lycée fumeursIronie du sort … Alors que nous sommes aux 25 ans de la loi de santé Évin (10 janvier 1991), les élèves peuvent désormais fumer dans l’enceinte même des établissements scolaires (voir NS 13 du 21 novembre).

Cette tolérance – à caractère provisoire – a même fait l’objet d’une circulaire, datée du 25 novembre 2015, dans le cadre du plan Vigipirate, de la prévention attentat et de l’état d’urgence.

Dans le contexte actuel, il s’agit d’éviter que les élèves fumeurs forment des attroupements sur les trottoirs devant les établissements. Les responsables d’établissements ont donc mis la pression afin que les vraies priorités soient respectées. La circulaire – déclarée illégale par des autorités moralo-sanitaires furieuses – a d’ailleurs pris les devants en parlant subtilement « d’aménagement de zones spécifiques ».

Laissons la parole au proviseur d’un lycée de Landerneau en Bretagne (sur France Bleue Breizh Izel) : « il faut choisir le moins pénible. Il y a des évènements en France à l’heure actuelle. Il faut se protéger. La première responsabilité d’un chef d’établissement est de veiller à la sécurité des élèves. La sécurité est notre premier objectif … C’est marrant de voir des élèves fumer à l’intérieur de l’établissement. Mais comment faire autrement ? ».

Une idée à soumettre aux anti-tabac qui préfèrent interdire que dialoguer : aller voir les jeunes et parler avec eux pendant ces pauses tabac … à l’abri dans la cour des lycées.

Sophie Adriano