Mar 112016
 

Vapotage Léonardo Di CaprioHaro sur les moralisateurs qui voient le mal derrière le plaisir … jusqu’à la vapeur de la cigarette électronique. Un libre propos, publié ce mercredi 9 mars, sur le site libéral Contrepoints, détricote les atermoiements des autorités sur le vapotage … un plaisir dont elles n’auraient pas trouvé la sanction. Extraits :

« C’est une longue tradition en Occident : toute jouissance doit être taxée, encadrée en insistant toujours sur un revers de la médaille. Mais cette régulation des plaisirs et des addictions se justifie d’ordinaire sur un constat objectif de leurs répercussions en termes de santé publique. C’est là que la cigarette électronique pose problème au paternalisme étatique : n’ayant pas encore vérifié de répercussions sur la santé … on invoque le geste et la tentation, on se place dans le champ de la morale …

« On lit ainsi dans l’avis du Haut Conseil de la santé publique du 22 février dernier « (…)  il apparaîtrait que le marketing de ll’industrie de la cigarette électronique induise un désir de tabac chez le fumeur et un regret chez l’abstinent » et que « (…) le premier argument marketing est le nombre de consommateurs visibles » …

« Ce n’est pas une substance qui est incriminée, mais un geste. Vapoter en public, ce serait indécent, ce serait inciter à fumer. Ce serait en somme donner le mauvais exemple …

« Un geste subversif ? Oui, le « vapotage » a quelque chose de scandaleux pour les moralistes et les paternalistes de touts bords.

« Pour la première fois, nous sommes en présence d’une addiction qui n’a pas – encore – de rançon sanitaire. Il semble pourtant que toutes les délectations réservent quelque punition divine : le cancer nous guette si l’on fume, la cirrhose si l’on boit, le cholestérol si l’on mange. Mais dans le cas de la cigarette électronique, la justice immanente qu’on aime tant rappeler aux jouisseurs ne s’applique pas encore …

« Sur quoi se fonder alors, pour réclamer les interdictions, les taxes auxquelles les tenants de l’ordre sanitaire et moral sont incapables de renoncer, si ce n’est une normalisation arbitraire ? La vapeur qui devrait bénéficier de la présomption d’innocence est bannie pour la simple raison qu’elle rappelle la fumée. Ce qui est visé, ce n’est plus le danger en tant que tel, mais le désir qui lui est associé …

« On le voit par exemple dans la médicalisation qu’on cherche à imposer (…) la cigarette électronique comme médicament, comme palliatif, c’est nier la légitimité du plaisir (…) ».

Mar 082016
 

Chine censureCensure sur les écrans (petits ou grands) … Les anti-tabac la réclame, la Chine l’applique au pied de la lettre. Une semaine après avoir sucré une websérie qui narrait les amours de deux homosexuels (« Addicted »), l’Administration d’État de la radio, du film et de la télévision a durci la réglementation des fictions « en matière de sujets sensibles ».

Les scènes avec du tabac, de l’alcool, un adultère, des vêtements suggestifs, sont bannies, tout comme celles qui évoquent la réincarnation. Au même titre que les comportements sexuels anormaux, tels l’inceste, les relations homosexuelles, la perversion sexuelle ou le viol. La même administration a indiqué aux producteurs qu’elle allait surveiller de près le respect de ces règles.

Et, en Chine, on ne plaisante pas avec les autorités de contrôle. Il y a quelques années, le télécrochet « Super Girl » avait été retiré de l’antenne parce que le régime avait estimé qu’il montrait des jeunes filles dont la personnalité était jugée trop extravertie. Ce malgré de très bonnes audiences.

Quant aux séries étrangères, quand elles ne sont pas interdites, elles sont accessibles uniquement via des sites de streaming et après avoir été validées par des censeurs désignés par l’Administration d’État.

Mar 062016
 

Grace_Jones_GoudePublicité, cinéma et maintenant les musées …

Le Centre Pompidou de Paris a démarré, le 24 février dernier, une exposition réunissant une soixantaine d’œuvres photographiques des années 80 d’artistes de renoms, de Karen Knorr à Jean-Paul-Goude : « les années 80, l’insoutenable légèreté ».

« En France, ce fut une décennie cruciale pour la photographie, en tant qu’art et patrimoine » commente la commissaire de l’exposition, Karolina Lewanowska.

Une subtilité qui a totalement échappé à l’association « Alliance sans Tabac ». Toujours à l’affût, elle n’a repéré que le grand portrait, signé Jean-Paul Goude, de Grace Jones … cigarette à la bouche. Posté sur Twitter.

Fév 272016
 

CharbC’est la dernière trouvaille de la députée PS Michèle Delaunay qui, à coup d’amendements, prétend censurer les films comportant des scènes de tabagisme, faire passer le paquet à 10 euros, voire 13 euros pour « couvrir » toutes les dépenses que nous générons – maudits fumeurs que nous sommes –  à la société (« le fameux coût social » du fumeur, cause absolue de tous les déficits, la gabegie politique n’y étant pour rien, c’est bien connu …).

On ne peut que respecter cet engagement si énergique dans une cause, même si on n’en partage ni le fond, ni la forme. Mais ce n’est pas une raison pour en rajouter dans l’outrance … Sa récente interview dans le quotidien Sud Ouest, après l’annonce par Marisol Touraine de la possibilité d’un paquet neutre à 10 euros, suscite ainsi inévitablement des commentaires.

•• « Il faut éviter les maladies évitables pour des raisons humaines et financières. Mais le combat ne sera gagné que le jour où l’opinion publique le portera. Les médecins sont timorés. Michel Delpech n’est pas mort d’un cancer mais du tabac. Il n’existe pas de mot pour la maladie du tabac, le cancer n’est qu’une conséquence. Ce combat vaut-il le coup ? Sans tabac, on viderait les hôpitaux à 40 %.  Lire la suite »

Fév 142016
 

LycéeComme quoi, même en étant « hors-la-loi » (Évin), on peut avec imagination et responsabilité – pour ceux qui doivent assumer des situations concrètes – associer la protection des lycéens contre le terrorisme et la prévention sur le tabagisme (voir NS 13 des 9 février et 10 janvier) …

Ainsi, le lycée Maillol à Perpignan a été l’un des premiers lycées du département des Pyrénées-Orientales à installer, avec l’instauration de l’état d’urgence, un coin fumeur – en plein air- dans l’enceinte de l’établissement.

« Je sais très bien qu’en prenant cette décision, je ne respecte pas la loi. J’en suis pleinement conscient. Mais, je suis responsable de plus de 2 000 élèves. Il y a une hiérarchie des risques » témoigne le proviseur, Jean-Marie Mercadel, qui promet que dès la fin de l’état d’urgence, les cigarettes n’auront plus le droit de passer la porte du lycée.

Mais surtout, le lycée en a profité pour placarder des posters anti-tabac, un peu partout dans le lycée, professeurs et personnel infirmier étant incités à faire de la prévention/dissuasion.

D’ailleurs, avec un espace fumeur de 50 mètres carrés au cœur d’un immense parc, la cohabitation fumeurs/non-fumeurs se passe plutôt bien.

Sophie Adriano