Tous les journalistes qui l’ont fréquenté vous le confirmeront. Michel Rocard, figure historique de la Gauche et qui aura contribué aux débats politiques sur une longue quarantaine d’années – le RMI et les accords de Nouméa, c’était lui, et il a « fait » Manuel Valls – avant de s’éteindre hier à 85, persistait dans son vice de grand fumeur.
« Dans son bureau des Champs-Élysées, mis à disposition par un mécène de sa gauche, Michel Rocard recevait toujours clope au bec. Une Gitane sans filtre », confirme Libération.
Comme si sa dialectique acérée et ses projections fulgurantes s’exprimaient mieux au cœur de volutes.
Ce n’est pas politiquement correct de le rappeler.
Mais quelles que soient nos opinions, force est de reconnaître que Michel Rocard était plus fumeur – tout en soutenant la loi de son ami Claude Évin – que politiquement correct. Et sa passion des idées nous manquera.
Quand on est dirigeant suprême, on peut tout se permettre. Ainsi, du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un apparaissant, sur une photo officielle, sourire aux lèvres et cigarette fumante à la main. La photo a été prise lors de la visite dans une des colonies de vacances récemment rénovée, Kim Jong-un effectuant de tels déplacements afin d’« assurer la direction sur place ».
Et visiblement, le tout récent président du Parti du travail (CND) – adoubé le 9 mai dernier – se soucie bien peu de la campagne nationale contre le tabagisme lancé par son parti en mai 2016, doublée d’une obligation de mise en place d’avertissements sur les paquets.
Il a raison de frapper fort – comme il sait si bien le faire sur un cour – Rafael Nadal, le « neuf fois » vainqueur de Roland-Garros. Ce lundi 25 avril, il a annoncé avoir déposé une requête en diffamation visant l’ancienne ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, pour ses propos sur la chaîne française D8, l’accusant de dopage : « par cet acte, je prétends non seulement défendre mon intégrité et mon image en tant que sportif, mais aussi les valeurs que j’ai défendues tout au long de ma carrière ».
Et d’ajouter : « Je souhaite également éviter qu’une personne publique puisse lancer, par voie médiatique, des accusations injurieuses contre un athlète sans preuves ni fondements, sans que cela reste impuni », en tenant à préciser que les éventuels dommages et intérêts alloués seront intégralement reversés à une ONG ou une fondation en France.
En mars dernier, interrogée au sujet de l’affaire du contrôle positif de l’ancienne numéro 1 mondiale russe Maria Sharapova, Roselyne Bachelot avait accusé Nadal d’avoir feint une blessure pour dissimuler un contrôle antidopage positif.A l’époque, son oncle et entraîneur Toni Nadal avait, quant à lui, déploré qu’une personne « imbécile comme celle-là » puisse dire « n’importe quelle horreur » et le Comité olympique espagnol avait pris la défense de l’ex-numéro 1 mondial face aux « déclarations malheureuses et sans fondement » de Roselyne Bachelot.
Cela nous rappelle d’autres déclarations inconséquentes de Roselyne Bachelot : « … on sait maintenant que le vapotage émet des vapeurs qui sont cancérigènes … » ; « on aurait dû cogner encore plus fort … avec des hausses de 10 % … La hausse est le meilleur moyen de lutte anti-tabac » ; « vous verrez que cette mafia (ndlr l’industrie du tabac) ne recule devant rien et vous regarderez avec compassion les ministres de la Santé qui luttent contre Bercy et certains parlementaires et tentent de résister à l’enfumage de l’industrie de la mort … » tout en avouant « je n’ai pas rencontré d’industriels mais on sent leur influence … ». Et de défendre le paquet neutre alors que c’est bien elle qui a signé l’arrêté sur les photos-choc de 2011 dont on elle est bien incapable d’en tirer un bilan.
Vous savez, cet éphémère ministre vite débarqué pour avoir oublié de déclarer et payer ses impôts mais qui s’est vite dépêché de reprendre son siège de député.
Au détour de son livre qui vient de sortir (« Une phobie française », chez Grasset) on apprend qu’il avait été convoqué à Bercy, le soir même de son premier (et unique) conseil des ministres, pour y être reçu par Christian Eckert.
Lequel lui énumère les retards de déclarations et de paiements du couple Thévenoud dans une ambiance … « whisky et cigarillos ». Au ministère. Qui mieux est, dans le bureau du ministre.
Faites ce qu’ils disent et non pas ce qu’ils font !
Nous aussi, ça nous ferait plaisir de convoquer un collègue au bureau, de temps en temps, en fumant et un verre à la main. Même si c’est pour lui annoncer qu’on a de quoi le conduire à la démission.
Frédéric Péchenard est le nouveau vice-président de la région Ile-de-France, aux côtés de Valérie Pécresse. Ce très proche de Sarko est aussi ancien grand flic.
Depuis quelques jours, il est harcelé par des journalistes (bien intentionnés, cela va sans dire) s’enquérant de la façon dont il va mettre en œuvre ces fameux « tests salivaires » pour détecter des traces de cannabis chez les lycéens. L’une des propositions, dans son programme, de la toute fraîche présidente de région.
Sauf que Péchenard n’est guère impressionné par les journalistes. L’autre jour, l’une d’entre eux s’est adressée à lui, railleuse : « vous étiez à la brigade des stups, vous avez donc fumé du cannabis ? ». Si ce n’est par plaisir, par devoir professionnel s’entend.
Réponse du tac au tac de l’intéressé : « je n’ai jamais fumé de joint de ma vie, ni même de cigarette. Mais quand j’étais un grand cow-boy de 40 ans à la brigade criminelle, il m’est arrivé de fumer le cigare. Notamment lors des autopsies pour camoufler l’odeur des cadavres ! ». Oups.
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.