Fév 142016
 

LycéeComme quoi, même en étant « hors-la-loi » (Évin), on peut avec imagination et responsabilité – pour ceux qui doivent assumer des situations concrètes – associer la protection des lycéens contre le terrorisme et la prévention sur le tabagisme (voir NS 13 des 9 février et 10 janvier) …

Ainsi, le lycée Maillol à Perpignan a été l’un des premiers lycées du département des Pyrénées-Orientales à installer, avec l’instauration de l’état d’urgence, un coin fumeur – en plein air- dans l’enceinte de l’établissement.

« Je sais très bien qu’en prenant cette décision, je ne respecte pas la loi. J’en suis pleinement conscient. Mais, je suis responsable de plus de 2 000 élèves. Il y a une hiérarchie des risques » témoigne le proviseur, Jean-Marie Mercadel, qui promet que dès la fin de l’état d’urgence, les cigarettes n’auront plus le droit de passer la porte du lycée.

Mais surtout, le lycée en a profité pour placarder des posters anti-tabac, un peu partout dans le lycée, professeurs et personnel infirmier étant incités à faire de la prévention/dissuasion.

D’ailleurs, avec un espace fumeur de 50 mètres carrés au cœur d’un immense parc, la cohabitation fumeurs/non-fumeurs se passe plutôt bien.

Sophie Adriano

Fév 092016
 

Lycée FumeursL’acteur, scénariste et chroniqueur, François Morel n’est ni fumeur, ni pro-tabac.  Cependant, il a laissé libre cours – dans son dernier billet hebdomadaire sur France Inter (le vendredi 5 février) – à son bon sens critique et ironique (mais jamais intolérant) à propos de  la polémique suscitée par le fait de pouvoir fumer, en période d’état d’urgence, dans des zones à l’air libre … mais à l’intérieur des lycées.

Comme quoi on peut parler, avec humour et mesure, du tabagisme. 

« Est-il possible de fumer à l’intérieur de l’ambassade d’Équateur ? Parce que si Julien Assange a envie de s’en griller une, il serait plus prudent pour lui d’en fumer une à l’intérieur des locaux diplomatiques que sur les trottoirs de Londres.

« Je soulève cette question parce que, cette semaine, un syndicat de professeurs en France a alerté le gouvernement pour que celui-ci autorise les lycées à fumer à l’intérieur des lycées, plutôt que devant où ils pourraient être la cible des attentats terroristes.

« Pour l’instant, le gouvernement réserve sa réponse. Les proviseurs s’impatientent. Ils veulent  que le gouvernement se prononce et prenne une décision rapide. Pour l’instant, silence radio. Le gouvernement n’a pas pris la peine de réunir un conseil extraordinaire pour s’occuper des lycéens fumeurs. À sa décharge, en ce moment, il a deux/trois trucs à régler …

Dès que la menace terroriste se sera éloignée, que la courbe du chômage se sera inversée, que la crise agricole sera réglée, il pourra réfléchir et prendre les décisions qui s’imposent concernant la « fameuse » question de la cigarette dans les lycées.

« Et puis, ce n’est pas si simple. On n’aimerait pas que des abrutis sanguinaires s’en prennent à des adolescents fumeurs en train de discuter tranquillement devant les grilles de leur lycée.

« Mais  on a le droit aussi de ne pas trouver complètement formidable de banaliser le fait de fumer. Avec ses conséquences sur la santé, si je ne me trompe pas.

« Vaut-il mieux être la cible de terroristes ou du cancer ? Pour l’instant, le cancer tue plus que le terrorisme. Pour l’instant …

« Peut-être faut-il leur demander leur avis aux lycéens. Il faut les consulter, il faut les responsabiliser. En début d’année – au moment où il faut faire remplir à chacun une fiche afin de connaître la profession des parents, le sport pratiqué ou le cursus souhaité après le bac – on pourrait leur demander s’ils préfèrent mourir du terrorisme ou du cancer.

« C’est, comme vous voulez,  vous avez le choix … Ah, j’hésite, là je me tâte un peu. L’un est expéditif, l’autre est plus lent. Est-ce que je peux réserver ma réponse ?

Sncf« Dans les cinémas, dans les théâtres, on n’a pas non plus le droit de fumer. Pour l’instant, les spectateurs acceptent à l’entracte d’aller fumer devant les théâtres. Les directeurs de théâtres feraient-ils preuve de plus d’autorité que les proviseurs ?

« Dans l’enceinte des gares, il est également interdit de fumer. Mais qui prend le train remarque que nombreux sont les contrôleurs à se griller une petite cibiche quand le train est à l’arrêt.

« La loi est faite pour être respectée et détournée quand on ne peut vraiment pas faire autrement.

« Si un jour, le directeur de Radio France écrit au Gouvernement pour qu’il autorise le personnel à fumer à l’intérieur de la Maison Ronde, personnellement je militerai contre ».

Jan 232016
 

Dessin manifestationAlors, ça y est, le paquet neutre c’est pour bientôt. En mai ou un peu  plus tard. Mais on y est, quoi !

Il paraît que le Conseil constitutionnel a donné son aval. Et que plus aucun obstacle juridique, étatique, constitutionnaliste ou procédural ne s’oppose à la chose.

La chose ? Une mesure humiliante, stigmatisante et discriminatoire à notre encontre.

La chose ? Un curieux exercice d’exhibitionnisme anti-tabagique qui ne fera reculer en rien le nombre de fumeurs.

Posez la question aux infortunés fumeurs qui partagent avec nous ces coins où nous nous réfugions, dans un froid de canard. Déjà que l’on se sentait exclu, victime de cette sorte d’apartheid que l’on veut bien accepter pour ne pas gêner son voisin … Oui, posez-leur la question : le paquet neutre de toutes les horreurs, ça va changer quelque chose ?

Eh bien non ! Évidemment.

On est déjà parfaitement au courant des dangers que nous courons et ce ne sont pas les photos gore qui vont y changer quelque chose. Et puis, cela va faire repartir la mode des cache-paquets et autres étuis discrets ou drôles ou élégants.

Reste que l’on va être obligés d’acheter ces paquets de la honte chez le débitant de tabac du coin. S’il les retrouve et s’il s’y retrouve. Quel bordel ! Lire la suite »

Jan 102016
 

Lycée fumeursIronie du sort … Alors que nous sommes aux 25 ans de la loi de santé Évin (10 janvier 1991), les élèves peuvent désormais fumer dans l’enceinte même des établissements scolaires (voir NS 13 du 21 novembre).

Cette tolérance – à caractère provisoire – a même fait l’objet d’une circulaire, datée du 25 novembre 2015, dans le cadre du plan Vigipirate, de la prévention attentat et de l’état d’urgence.

Dans le contexte actuel, il s’agit d’éviter que les élèves fumeurs forment des attroupements sur les trottoirs devant les établissements. Les responsables d’établissements ont donc mis la pression afin que les vraies priorités soient respectées. La circulaire – déclarée illégale par des autorités moralo-sanitaires furieuses – a d’ailleurs pris les devants en parlant subtilement « d’aménagement de zones spécifiques ».

Laissons la parole au proviseur d’un lycée de Landerneau en Bretagne (sur France Bleue Breizh Izel) : « il faut choisir le moins pénible. Il y a des évènements en France à l’heure actuelle. Il faut se protéger. La première responsabilité d’un chef d’établissement est de veiller à la sécurité des élèves. La sécurité est notre premier objectif … C’est marrant de voir des élèves fumer à l’intérieur de l’établissement. Mais comment faire autrement ? ».

Une idée à soumettre aux anti-tabac qui préfèrent interdire que dialoguer : aller voir les jeunes et parler avec eux pendant ces pauses tabac … à l’abri dans la cour des lycées.

Sophie Adriano

Jan 062016
 

Fumeur Contrôle trainCela fait 20 ans qu’il est interdit de fumer dans les lieux publics et donc dans les trains. Tous les fumeurs le savent … Mais certains jeunes sembleraient l’avoir oublié et passent outre. Plus proches de l’incivilité et de la provocation que de la revendication au droit de fumer, tout cela.

Ainsi, sur la ligne de grande banlieue Paris/Meaux/Château-Thierry, le wagon de queue est régulièrement – et depuis longtemps – squatté par des usagers fumeurs de cigarettes et de joints. Les PV distribués ou les opérations anti-fumeurs n’y changent rien …

Ce qui paraît on ne peut plus normal pour ces deux jeunes, interviewés par RTL dans un reportage diffusé ce mercredi 6 janvier : « fumer … on peut fumer, on n’embête pas … on fait passer le temps et c’est comme une distraction ».

Mais l’odeur persistante de tabac et les mégots au sol ont plutôt tendance à excéder les autres voyageurs. Et ce « wagon fumeur » aurait déjà généré quelques altercations. Enfin, pas toujours : « l’odeur de la cigarette est un peu incommodante. Mais s’ils sont 25, je n’irai pas leur demander d’arrêter. Ils seront peut-être hostiles … C’est à la Ratp ou à la Sncf de faire ce qu’il faut ».

Pourtant, les agents de la sûreté ferroviaire patrouillent régulièrement mais leur uniforme, facilement repérable, permet aux fumeurs de jeter leur cigarette avant de se faire attraper. Les agents miseraient désormais sur un décret, encore à l’étude, qui permettrait de patrouiller en civil de manière plus discrète.

Et pendant ce temps, si un fumeur adulte normal se fait surprendre en train de fumer sur un quai de gare, sans gêner personne, il peut se faire rapidement rappeler à l’ordre …