Nov 252016
 

Paquet neutre

… en tant que consommateurs, entendons-nous bien. Depuis le début de la semaine, les remontées sur le paquet neutre et son contenu ne laissent pas d’étonner (avec colère) les fumeurs. Et 60 millions a veillé au grain.

•• Premier constat : mais où est passée la composition (teneur en goudrons, monoxyde de carbone ou nicotine) ? Commentaire d’un fumeur interviewé : « Je m’étonne de ne plus trouver trace des mentions légales (…) plus rien ne me garantit que je fume encore du vrai tabac ! ».

Normal, paraît-il. C’est bien ce que prévoit la nouvelle réglementation, afin de « ne pas désinformer les consommateurs sur les dangers du tabagisme », explique le ministère français de la Santé.  Autrement dit, tout tabac est nocif, peu importe sa composition. Mais pour ne pas désinformer, le ministère a choisi … de ne plus informer du tout. 

Cette explication « se heurte tout de même aux pratiques de certains fumeurs qui veillent à choisir des cigarettes contenant le moins d’additifs possible » poursuit l’article. Une autre fumeuse précise ainsi : « je ne fume que du 100 % tabac, mais sur ces nouveaux paquets, plus rien n’est indiqué ! Je suis bien moins informé qu’avant ! ».

Pour le consommateur averti, c’est kafkaien ! Il peut aller consulter la liste des ingrédients sur une base de données du Laboratoires national d’essais … qui n’est plus à jour depuis 2013 ! Le ministère de la Santé indique qu’à partir de 2017, ces informations figureront sur le site de l’Agence nationale de Sécurité sanitaire et de l’Alimentation, à peine au courant de sa mission. Reste les sites de certains fabricants … en anglais.

•• Et, puis, 60 millions s’est intéressé aux appréciations des fumeurs quant aux évolutions de goût dues à la modification de la composition de leur produit. « Fumeur depuis dix ans de la marque J… #paquetneutre a changé le goût de cette marque, déçu ! » dans un tweet sur Seita_Officiel. Un autre fumeur confie au journal : « Il n’y a pas que le paquet qui a changé ! Clairement, elles n’ont plus le même goût. J’ai demandé à ma buraliste qui m’a dit que je n’étais pas le seul à m’en rendre compte. Un commercial chez L… lui aurait confirmé qu’ils en ont profité pour mélanger les références et qu’il n’y a pas de correspondance entre l’avant et l’après paquet neutre ».

Nov 222016
 

fumeurTrès jolie tribune, sur le site Atlantico.fr, signée Olivier Méresse, consultant en entreprise, et secrétaire de l’Aleps (Association pour la liberté économique et le progrès social). Le pitch (avant des extraits) : de nouvelles taxes sur le tabac en discussion actuellement au Parlement (hausse de la fiscalité sur le tabac à rouler et création d’une contribution sur les fournisseurs de produits du tabac) révèlent une manière hypocrite de rançonner les fumeurs, sans les inciter à arrêter de fumer. Un message toujours utile en période d’élections.

« Il semble qu’aucun gouvernement n’ait jamais eu l’idée d’essayer la liberté pour lutter contre la tabagie. Nous avons pourtant toutes les raisons de penser que ce serait la plus efficace des mesures. Le personnel politique est, hélas, généralement peu tenté par les solutions qui laissent aux citoyens la liberté de choisir et d’agir. En cas d’échec, l’opposition reprocherait au gouvernement de n’avoir rien fait et, en cas de succès, il serait difficile pour ce dernier de dire « Nous n’avons rien fait et les résultats ont été très probants. » Tous les bords politiques s’accordent donc pour faire plutôt n’importe quoi que rien et ils y réussissent admirablement. Si l’inaction est peu valorisante, la liberté est quant à elle intrinsèquement un échec pour tout pouvoir en cela qu’elle est toujours le renoncement à une planification potentielle, un ordre qu’on perd pour toujours l’occasion d’aboyer et l’aveu même de son inutilité.

« En matière tabagique l’échec de la voie utilisée par nos gouvernants est patent : que de taxes, que de souffrances, de législations, d’interdits ou d’obligations et de campagnes d’information pour de si piètres résultats ! Il suffit de voir une sortie de lycée ou de faculté pour comprendre que les « jeunes » n’ont que faire des directives du Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Les vieux non plus d’ailleurs. Personne en fait. Car s’arrêter de fumer est d’abord une décision personnelle. On ne peut pas faire arrêter de fumer quelqu’un. Les spécialistes du sevrage insistent beaucoup sur cette dimension personnelle de la décision, encourageant leurs patients à se sentir prêts avant d’aborder cette épreuve, à y réfléchir, sentir monter en eux le désir d’arrêter et prendre pleinement conscience des bienfaits qu’ils ont à en attendre. Toute cette démarche repose donc bien sur un libre choix et toute pression extérieure est contre-productive ».

Nov 042016
 

raphael-enthovenBelle envolée du professeur de philosophie Raphaël Enthoven – au lendemain du lancement du « Moi(s) sans tabac » – dans sa chronique « La Morale de l’Info » sur Europe 1.

Ou plus exactement, une grosse charge de plombs à l’encontre « des vertueux », des malins « avec le rose imaginaire de leurs poumons » qui « croient ne jamais mourir en ne fumant pas » … Un pamphlet à savourer, par petites bouffées, dans son intégralité.

•• « Pour arrêter de fumer, « Moi(s) sans tabac » met à la disposition des fumeurs un ensemble d’outils aux noms tout à fait ambigus. Il y a le livret « je me prépare avec mon agenda » ; le sticker « je retrouve la forme, pas les formes » ; la roue « je calcule mes économies réalisées » ; le tout assorti de promesses qui résonnent comme des menaces : cancer, arrêt cardiovasculaire, etc.

« Ambigus, parce qu’ils parlent tous à la première personne, c’est-à-dire à la place du fumeur.

•• « N’est-ce pas le propre de l’empathie ? Non, l’empathie est de se mettre à la place de l’autre et d’écouter ce qu’il a à dire. Ici, c’est l’inverse : en disant « je », à la place du fumeur, on se substitue à lui, on décide pour lui et, tout en prétendant être à son écoute, on le prive de parole.

•• « Si le fumeur avait le droit de parler, ce qui, en terre démocratique, n’est autorisé que s’il est pénitent, il dirait peut-être ceci : Lire la suite »

Août 052016
 

KabylieFumer pour une femme reste un tabou absolu en Kabylie, entre pression des conservateurs et du « sanitairement correct ». Les femmes fumeuses sont de plus en plus nombreuses, mais n’osent jamais griller une cigarette en public. À Tizi Ouzou (à une centaine de kilomètres d’Alger), un groupe de femmes demande l’égalité du droit de fumer …

« On fume en cachette et loin des regards. Dans des toilettes, dans la chambre, mais jamais dans la rue. Les femmes fumeuses sont nombreuses, mais elles souffrent le martyre à cause du poids de la société qui voit d’un mauvais œil une femme qui fume. En tant que femme, je veux que je sois libre et fumer en plein public. Ce n’est pas une incitation pour les femmes à fumer, mais je revendique juste mes droits au même titre que les hommes » déclare Nihad – qui est infirmière au CHU de la ville – sur le site algérien Tamurt.

Qu’elles soient instruites, femmes aux foyers, étudiantes ou femmes voilées et pratiquantes, elles sont toutes victimes des mêmes préjugés, alors que « les femmes kabyles fument publiquement en France et au Canada par exemple et devant leurs enfants ou proches, pourquoi on ne tolère pas ça chez nous en Kabylie ou on ne cesse de réclamer une liberté collective et individuelle », fait remarquer la jeune infirmière. Lire la suite »

Juin 192016
 

OMSJournée mondiale sans tabac, déclarations tonitruantes lors d’éternels sommets appelant à toujours plus d’interdictions, à toujours plus de hausses de prix et au paquet neutre … l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) n’est pas en reste dans la persécution des fumeurs. Comme si nous n’étions pas dignes d’être soignés ! Comme si l’OMS n’avait pas d’autres missions plus prioritaires entre les épidémies frappant des pays sous-développés et le manque d’infrastructures sanitaires de nombreuses régions du monde !

Seulement voilà, aveuglée par son rôle de « grand commandeur », l’OMS pousse le bouchon de plus en plus loin … Comme s’en inquiète Guy Dartiailh, un professeur de Sciences économiques et sociales dans un collège du Nord, qui contribue régulièrement sur le site Contrepoints face à ces incessantes pressions pesant sur le droit du fumeur.

Jusqu’où ira l’OMS au nom de sa lutte anti-tabac ?

• « À la surprise générale, pour le sommet qu’elle organisait les 28 et 29 avril derniers sur l’implantation de la Convention-cadre sur le contrôle du tabac, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas choisi une autre destination que la ville d’Achkhabad, capitale du Turkménistan. Pays dont elle met en avant la politique anti-tabac, mais où, selon Amnesty International, « aucune amélioration de la situation relative aux droits humains n’a été constatée en 2015 ». Le Turkménistan disposait pourtant d’une grosse marge de progression, que ce soit en matière de liberté d’expression, de liberté de religion, de torture et autres mauvais traitements, de disparitions forcées, d’entraves à la libre circulation ou autres. Lire la suite »