Fév 032018
 

« Lire tue … la pensée unique ».

Elle frappe fort la quatrième de couverture de l’ouvrage signé par Gérard Cherbonnier : « La volupté littéraire du tabac » (éditions du Petit Pavé qu’il a créées en 1995).

L’auteur y explique ensuite :

« Le tabac : être pour ou être contre ne doit pas nous empêcher d’accéder à la connaissance de notre littérature, de notre culture. Les écrivains, les poètes, ont toujours écrit, sauf peut-être de nos jours, en raison de la période moraliste et puritaine que nous vivons, sur ou par l’herbe qui fume et enfume. 

« Comment notre société a-t-elle pu passer de la lutte antitabac à la lutte anti-fumeurs ? N’est-il pas aussi grave de retirer la pipe du portrait d’un acteur, de censurer le poème d’un fumeur, que d’aimer la clope qui les a fait rêver d’un monde sans censeur ?  Lire la suite »

Déc 062017
 

« Rester curieux, vivre avec excès et admirer ce monde », expliquait Jean d’Ormesson quand on lui demandait ses secrets de jeunesse à l’occasion de son libre-confession « Qu’ai-je fait » en 2008. Il avait 83 ans.

Et parmi les plaisirs de l’Immortel qui vient de disparaître, il y avait le cigare.

Le compagnon de travail (parfois) quand le désarroi s’installait.

Le compagnon des moments de loisirs, comme à Roland-Garros en 2011 où, installé à la tribune présidentielle, il avait allumé un gros barreau de chaise, sous le nez des joueuses. Enfin, le compagnon de son élégance …

Nov 282017
 

Dans un éditorial du site littéraire ActuaLitté, Nicolas Gary craint la chasse au tabac dans les textes, entre les bulles. « Bientôt, plus aucune œuvre de l’esprit n’évoquera même l’idée des volutes bleutées : enfin, un monde sain pour des esprits sains … »

« Mais pourquoi pas la littérature ? Après tout, le livre est la première industrie culturelle de France ! Et puis, on a déjà pris le pli : il y eut en 2005, à la BNF, cette exposition autour de Sartre, privé de sa légendaire cigarette sur l’affiche de l’exposition. Alors, pourquoi ne pas pousser le bouchon et par souci de santé publique, doucement glisser aux auteures, illustrateurs, romanciers, dessinatrices et consorts, qu’il faut se mouiller et en finir avec les sèches !

•• « D’ailleurs, ça s’est déjà fait : lors de la publication des mémoires de Jacques Chirac, chez Nil, en 2009, le président s’était fait sucrer sa clope, frappé par la loi Évin. On se souvient en effet du passé de fumeur du président de la République. Avant d’arrêter officiellement en 88.

•• « Comment oublier — on s’éloigne un peu des maisons d’édition — le timbre Malraux sans clope, lui aussi passé sous les fourches caudines de la photoshopisation de notre société ? À cette époque, le député Didier Mathus avait même tenté de faire réviser la loi Évin, pour que soit exclu de son champ d’application le patrimoine culturel. Le Haut Conseil à la Santé publique avait estimé que donner « un signal d’assouplissement [était] contraire aux objectifs de la lutte contre le tabagisme ». Lire la suite »

Oct 172017
 

Avec son édition des 15/16 octobre, Le Monde – dans ses pages « L’Époque » – se lâche et nous parle de la vraie vie qu’on aime au fil de l’interview, verre à la main, de l’écrivain Philippe Jaenada : « Le Chameau sauvage » (prix de Flore), « La Petite Femelle » (prix Renaudot), « La Serpe ». Extraits :

Sur les bistrots :
« Le Bistrot Lafayette, c’est son fief, sa maquette de vie, comme il le dit. Il y vient tous les jours (…). Un bistrot pile comme il aime, avec des riches, des vieux, des pauvres, des tatoués, des bancals et même un bébé. On y parle de cul, de fric, de foot … »

Sur le tabac :
• « Philippe Jaenada fume pas mal de clopes. Moi aussi. Je lui dis que je viens de reprendre après dix ans d’arrêt.
P. J. :  « Pourquoi avez-vous arrêté ? Quelle erreur !
• « Pour être libre.
P. J. : « C’est les autres qui ne sont pas libres ; tous ceux qui vapotent.
• « Oui, mais j’ai peur de mourir.
P. J. : « Vous allez mourir, c’est sûr. »

Août 152017
 

L’ancien ministre et philosophe Luc Ferry s’est fendu, récemment, d’une tribune dans Le Figaro où il entend « en finir avec le tabac », avec les poncifs habituels. Un lecteur du site Le Monde du Tabac a réagi par un billet bien tourné que nous reprenons ci-après

« Remplacez le mot tabac par alcool, sel, sucre, mal bouffe, sports à risque, extrémisme religieux… et vous pouvez pondre exactement le même texte. Interdisez le tabac, les gens se tourneront vers autre chose, drogue ou anti dépresseur. Son interdiction produira inévitablement des trafics, de la criminalité et des prisons causant de la souffrance supplémentaire. Ce n’est pas l’interdit qui doit être promu mais la responsabilité individuelle, celle qui consiste à ne pas demander en permanence à l’État ce que l’on peut faire ou pas comme un enfant de six ans qui découvre le monde. Cela s’apprend, dès le plus jeune âge. Notre société aura gagné le jour où le tabac, gratuit, n’intéressera plus personne.

« Le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie, le jeu, toutes les addictions sont les conséquences d’un seul véritable fléau : la souffrance. Le produit n’a aucune importance.

« La plupart des héroïnomanes, soldats pendant la guerre du Vietnam ont arrêté cette drogue après la guerre. La souffrance liée à la guerre n’étant plus présente, l’addiction (pourtant très forte) à l’héroïne disparaissait. Placez un rat de laboratoire dans un environnement agréable avec des congénères et de la nourriture, il n’appuiera plus de manière compulsive sur la manette à cocaïne comme le fait cet autre, laissé seul et sans autre occupation.

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