Mar 242016
 

Paris cendrier de pocheElle a bien eu lieu l’opération de la Ville de Paris – ce mardi 22 mars (et malgré les événements traumatisants de Bruxelles) – de distribution de cendriers de poche devant les cinq grandes gares parisiennes (en partenariat avec la Sncf, la Ratp et le Syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers traiteurs). « 50 000 l’an dernier, 50 000 aujourd’hui et 125 000 dans les mois à venir » a détaillé aux médias Mao Peninou, adjoint à la Mairie de Paris en charge de la propreté et l’assainissement, « on donne (aux fumeurs) tous les moyens d’être propres. Il n’y a plus d’excuses ».

Il paraît que beaucoup de Parisiens (ou de Franciliens transitant dans la capitale, pour être précis) auraient encore du mal à avoir le réflexe à ne pas jeter leurs mégots … Mais, même avec la meilleure volonté du fumeur responsable, c’est un parcours du combattant pour trouver l’une de ces poubelles équipées d’éteignoirs (« une tous les 100 mètres » cela m’étonnerait !).

Ce qui ne nous empêche pas, pour la plupart d’entre nous, de nous montrer plus civiques que certains consommateurs de snacking ou de boissons alcoolisées ou pas … par exemple.

Mais les usagers se sont pliés au jeu en jugeant l’opération intéressante. « J’ai pris ce cendrier et je vais l’utiliser. Mais globalement, je jette moins mon mégot par terre. Et ce, plus par civisme que par crainte de l’amende », explique un homme de 50 ans cigarette entre les doigts. Xavier, 54 ans, lui refuse même l’objet, estimant avoir déjà le geste adéquat : « je mets tout le temps mon mégot dans une poubelle ».

« Merci. Je ne fume pas mais je vais le donner à un ami fumeur », lance une femme en traversant le parvis de la gare de Lyon.

Au fait, le flagrant délit de jet de mégot – passible d’une amende de 68 euros depuis octobre (voir notre article) –  s’est traduit par 1 200 verbalisations. Depuis cinq mois et pour plusieurs de millions de personnes concernées.

C’est franchement peu. Soit il n’y a que peu d’agents pour contrôler ou alors les fumeurs ne sont pas aussi irresponsables.

Sophie Adriano

Mar 242016
 

Cinéma HollywoodInterdire aux enfants non-accompagnés les films avec la moindre scène de cigarettes et de fumeurs … C’est ce que propose une « class action » (action de groupe) lancée le mois dernier par un parent énervé de San Francisco et déposée ce lundi 21 mars devant la Cour de Justice de Californie.

Comme si la pudibonderie américaine suivait, de façon exagérée et irréaliste, les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé qui a déjà appelé les gouvernements à « appliquer une classification aux films dans lesquels on consomme du tabac (…) et la diffusion préalable d’avertissements antitabac ». L’action citoyenne, en question, accuse de négligence le système de notation de Hollywood et demande à la justice d’imposer la classification R (pour « restricted ») à n’importe quel film mettant en scène le simple usage du tabac.

Tout juste déposée, l’action de groupe (qui peut s’avérer très payante aux États-Unis) n’a pas encore fait bouger les studios … Mais seront-ils prêts ainsi à tout supprimer : les injures, la drogue, le sexe, le tabac et aussi les armes à feu ?

Les scénaristes de demain vont avoir du pain sur la planche : inventer des films palpitants et distrayants sans héros ténébreux, sans alcool ni tabac, avec des héros chastes comme des anges et adeptes d’une non-violence sans faille.

Mar 062016
 

Grace_Jones_GoudePublicité, cinéma et maintenant les musées …

Le Centre Pompidou de Paris a démarré, le 24 février dernier, une exposition réunissant une soixantaine d’œuvres photographiques des années 80 d’artistes de renoms, de Karen Knorr à Jean-Paul-Goude : « les années 80, l’insoutenable légèreté ».

« En France, ce fut une décennie cruciale pour la photographie, en tant qu’art et patrimoine » commente la commissaire de l’exposition, Karolina Lewanowska.

Une subtilité qui a totalement échappé à l’association « Alliance sans Tabac ». Toujours à l’affût, elle n’a repéré que le grand portrait, signé Jean-Paul Goude, de Grace Jones … cigarette à la bouche. Posté sur Twitter.

Mar 022016
 

Cinéma GainsbourgFaut-il interdire aux mineurs les films où l’on voit des scènes de tabagisme ? Le quotidien La Croix en a remis une couche ce mardi 1er mars … sachant que les anti-tabac mettent régulièrement la pression sur le 7ème art, « accusé » de faire de la publicité déguisée et de « placement de produit ». Extraits et arguments des deux camps.

• La directrice du Comité national contre le Tabagisme (CNCT), Emmanuelle Béguinot use d’un curieux argument statistique : « Quand on voyait, en 1950, 70 % des hommes fumer dans un film, c’était normal. Car à l’époque, 70 % des hommes fumaient en France. Mais aujourd’hui, il n’est pas logique de voir encore cela dans un film alors que la prévalence est de 30 % dans notre pays »

• Adrien Gombeaud, écrivain et journaliste qui a publié « Tabac et cinéma. Histoire d’un mythe » : « Ces histoires de pourcentage sont absurdes. Selon ce principe, il faudrait qu’il y ait aussi 10 % de chômeurs dans tous les filmsEt si on suit le raisonnement des associations, il faudrait que, dans une course-poursuite à l’écran, les voitures ne dépassent pas la limitation de vitesse

« Un film n’est pas un spot de prévention du ministère de la santé. C’est une œuvre. Et il faut respecter la liberté de création du réalisateur. Si on voit beaucoup de gens fumer dans les films, c’est parce que de nombreux cinéastes estiment que la cigarette ou la fumée du tabac ont un important potentiel esthétique. Cela peut aussi être un élément de mise en scène. Par exemple, lorsqu’un réalisateur fait un plan fixe sur un acteur, le fait qu’il ait une cigarette à la main permet de créer du mouvement. Sans la cigarette, le plan risque d’être un peu mort ». Lire la suite »

Fév 262016
 

E-cigaretteSemaine riche en coups de massue, entre un paquet neutre à dix euros (pour les fumeurs) et la recommandation du Haut Conseil de la santé publique d’interdire la cigarette électronique dans tous les lieux publics (pour les vapoteurs). La chasse « au geste et aux volutes » est plus tenace que jamais, la haute institution estimant que l’e-cigarette – même si elle réduit sérieusement les risques sur la santé -, c’est aussi le diable. Ce qui annonce un renforcement du clivage entre non-fumeurs dedans, fumeurs dehors, rejoints, bientôt, par les vapoteurs qui, jusqu’à présent, étaient entre deux feux …

Sur le cafouillage de la politique de santé publique « à la française », laissons la parole à Pascal Praud, dans son billet, sur RTL ce vendredi 25 février.

« Il faut que je vous fasse une confidence ce matin : je suis un peu idiot. J’ai cru comprendre que vapoter de fumer empêcher de fumer. C’est une erreur, vapoter incite à fumer et cette raison a conduit le Haut Conseil de santé publique à interdire la vapote dans les lieux publics. Non pas parce que la cigarette électronique est dangereuse, mais elle est une tentation, une menace, un désir pour les spectateurs, expliquent les pneumologues, les tabacologues et même tout « les ologues » qui sont des gens de la même sorte. Lire la suite »