On ignore s’il s’en est « grillé une » à l’issue de son dîner d’hier dans le Marais. Même devant un président Hollande « tout neutre ».
Car si on sait que le président des États-Unis a arrêté de fumer en 2010, son épouse, pourtant très vigilante sur le sujet, l’aurait autorisé à fumer une cigarette d’urgence après les évènements survenus ces derniers temps, selon Le Point et L’Express de la semaine dernière. Ainsi, le président aurait eu le droit de s’en griller dans le bureau ovale de la Maison Blanche.
La première avait été tolérée, toujours par Michelle Obama, après l’assassinat d’un jeune garçon noir et les émeutes de Ferguson et au moment où il ordonnait des frappes en Irak contre l’État Islamique.
En 2011, il confiait : « le tabagisme reste la première source de décès prématurés dans ce pays. Et c’est difficile d’arrêter de fumer. Croyez-moi. Je le sais ».
Le paquet neutre : un effet d’enfumage ? Pour une fois, c’est un professeur en bio-statistiques et médecin de santé publique qui l’affirme : le docteur François-André Allaert.
Contributeur au site Huffingtonpost, auteur de 1 000 communications dans le domaine de l’évaluation, il en évalue – justement – son inefficacité par les contre-effets qu’il va générer, dans un billet publié, ce dimanche 29 novembre, sur le site et web-tv Dijon-Santé.fr.
« Bientôt, tous les paquets de cigarettes devront être vendus sous un emballage neutre afin de casser leur image et ne pas séduire les consommateurs par leurs aspects esthétiques, voire chics.
« Entre nous, les paquets de cigarettes ne l’étaient déjà plus beaucoup depuis que figuraient sur eux les messages « fumer tue » ou des images montrant les dégâts du cancer au niveau de la bouche, du poumon ou de la vie sexuelle et je ne crois pas qu’en rendant le paquet neutre, cela changera grand chose… Ou plutôt si, je pense qu’à vouloir trop bien faire, on va susciter un effet inverse et que dans quelques mois seront disponibles des étuis à cigarettes qui de nouveau, voire même plus encore qu’actuellement, conférerons une image de luxe et de « classe » au fait de fumer.Lire la suite »
« Le fumeur est donc une espèce qui résiste, même si le tabac est aujourd’hui considéré comme une drogue qui tue 78 000 Français chaque année » … Bravo le JT de 13h de France 2 de ce 12 novembre pour cette conclusion d’un reportage consacré à la « résistance de la cigarette » en plein examen du paquet neutre par les députés.
Toute minorité, organisée en association, aurait engagé immédiatement des poursuites pour propos diffamatoires …
Le reportage en soi est une histoire du fumeur en France, avec des archives de l’INA. Partant de la distribution de « cartes » pour le tabac aux femmes en 1945 (sous le ton « égalité des sexes ») puis passant aux images (les plus enfumées qui soient) dans des trains, des restaurants, à la télévision … On arrive aux législations anti-tabac : loi Veil (qui se voulait préventive, mais là…silence), puis la loi Evin « créant des espaces fumeurs / non fumeurs », puis « les fumeurs exclus des lieux publics » et enfin les photos-choc (dont des images de paquets de cigarettes en arabe).
Au lieu de nous traiter « d’espèce » qui résiste, France 2 aurait pu se poser les vraies questions : pourquoi nos gouvernants sont à côté de la plaque en matière de lutte pour la réduction du tabagisme ? Parce qu’ils nous considèrent comme une « espèce » justement ?
Sophie Adriano
NB : On va cafter … La présentatrice du JT, Elise Lucet, qui fait de l’audience racoleuse grâce à l’industrie du tabac pour son émission « Cash Investigation », et bien … elle fait partie de « l’espèce » (Voir NS 13 du 4 mai).
C’est ce lundi 9 novembre que les députés planchent en commission sur le sort du « totem » de Marisol Touraine : le paquet « gore », appellation plus réaliste et moins aseptisante que paquet neutre.
Le compte à rebours commence, avant le vote définitif à partir du 16 novembre. Angoisse après le vote « limite » des députés en sa faveur et le non catégorique des sénateurs (voir Lmdt des 4 avril et 16 septembre).
Pour nous rassurer ou en rajouter, un rapide tour d’horizon des dernières prises de position repérées dans les médias.Lire la suite »
Excusez ce style direct mais c’est tout ce que mérite la publication, la semaine dernière, d’un rapport d’une de ses agences sanitaires (Centre international de recherche sur le cancer / Circ), classant la viande transformée (charcuterie et même à base de volaille) et les viandes rouges dans le groupe des produits cancérogènes pour l’homme.
Après le « fumer tue », débarque le « manger tue », sans trop de discernement … Tout d’abord, cette étude est choquante quand on pense aux millions d’êtres humains qui aimeraient pouvoir consommer un produit « même cancérogène ». Segundo, encore une bonne raison pour nous empêcher de profiter des plaisirs de la vie en paix … sachant que, inéluctablement, « la vie est une maladie mortelle » (Woddy Allen).
Ne soyons pas naïfs : ce genre de rapport « promu de façon racoleuse » ne cherche pas à contribuer à notre bien-être … Mais à nous confiner dans des quotas : « à 50 grammes (de jambon, saucisse, ou de pâté) par jour, le risque de cancer augmente de 18 % ; à 100 grammes de viande rouge par jour, c’est 17 % de cancer colorectal en plus » comme le déclare les experts du Circ … Mais à nous plonger dans la peur : « verrons-nous bientôt ce genre d’avertissement anxiogène, assorti d’une imagerie médicale bien trash de cancer colorectal, apposé en gras sur une entrecôte pour dissuader le consommateur d’en manger comme le fumeur de fumer » s’interroge, fort à propos, Le Canard Enchaîné.
Stop ! Que les experts, qui nous balancent des conclusions scientifiques catastrophiques arrêtent de nous prendre pour des « c… ». En matière alimentaire, pas besoin d’être scientifique pour comprendre que c’est l’industrialisation à outrance qui est cause de tous les maux.
Et qu’il vaut mieux consommer tous les jours plus de 100 grammes d’un poulet fermier élevé en plein air que 10 grammes d’un poulet venant d’un élevage intensif. Tout comme de manger des tomates gorgées de vitamines grâce au soleil plutôt que celle cultivée à la lumière d’une serre.
La lutte pour la santé, ce n’est pas la quantité, ce n’est pas l’avertissement, ce n’est pas le principe de précaution, c’est la qualité. Et, il y a de quoi faire.
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.