Jan 182016
 

FumoirLa Loi Évin (1991) et son petit frère « le décret Bertrand » (2008) ont envoyé les fumeurs sur les trottoirs et par tous les temps. Il s’agit de mieux protéger les non-fumeurs et de tout tenter pour nous faire arrêter …

Soyons francs, ce fut un tournant vers une meilleure prise de conscience des inconvénients du tabagisme passif et des responsabilités à assumer par les fumeurs.

Soyons directs, ce qui a été et reste indigne c’est la froide intention d’ériger un « mur d’hostilités » entre non-fumeurs et fumeurs.

Le mur est, peut-être, en train de se lézarder parce qu’en parallèle, notre pays est devenu si normatif qu’il tue à petit feu convivialité et lien social. Et cela, de nombreux fumeurs ET non-fumeurs le ressentent et le regrettent. Ce qui est subtilement ressorti de plusieurs reportages dans les médias autour de la loi Evin, à l’occasion de ses 25 ans. On vous les livre tels quels.

•• L’actrice Sylvie Testut, invitée sur France Inter (« Si tu écoutes, j’annule tout »), le 13 janvier -jour de la sortie du film de Diane Kurys « Arrête ton cinéma » – dans lequel elle n’arrêterait pas de « cloper », comme dans sa propre vie : « vous avez remarqué comment, dans les fumoirs des établissements, tout le monde se retrouve, même les non-fumeurs (…) je les vois ainsi arriver dans les volutes et ils viennent discuter et ils se moquent des volutes qu’ils sont en train de respirer (…) finalement tout le monde se retrouve dans le fumoir, là où on est plus détendu … il se passe quelque chose ».

•• Dans un café d’un gros bourg de l’est de la Somme, l’odeur de tabac monte au nez dès l’entrée et un cendrier rempli de mégots trône sur le zinc. A l’heure de l’apéro, les habitués fument ou sortent leur pot à tabac pour se préparer quelques cigarettes d’avance. « Je ne viens pas ici parce que c’est un bar fumeurs, c’est surtout l’ambiance qui me plaît » assure un client à un journaliste du Courrier Picard, ce dernier ajoutant que, même pour un non-fumeur, il y avait quelque chose de vivifiant … Dans la commune, le fait est connu de tout le monde, y compris des autorités. Et il ne serait pas le seul en Picardie. « Il faut garder un peu de souplesse » argumente le patron, « les clients qui viennent chez nous sont là en connaissance de cause. Et quand une dame vient avec des enfants, tout le monde fume dehors ».

•• Même ambiance dans le Gard, en zone rurale ou dans les quartiers populaires. « Là, vous voyez on ne s’est jamais arrêté de fumer, en tout cas à partir d’une certaine heure, le soir. Et moi, le premier » assure un des six fumeurs présents au Midi Libre. Ailleurs dans le département, un patron d’établissement regrette d’appliquer strictement la loi, depuis un contrôle. « Bon, ça coupe l’apéritif et celui qui reste au comptoir parce qu’il ne fume pas, alors que tous ses copains sont dehors, eh bien il est tout seul comme un couillon. En tout cas, cela ne m’a pas amené une autre clientèle, soit disant plus familiale, comme ils disaient quand la loi est passée. Mes clients sont les mêmes qu’il y a dix ans ».

Jan 092016
 

Dior Poison GirlIls n’avaient pas supporté la campagne publicitaire du lipstick – de la ligne Addict de Dior – tenu comme une cigarette (voir NS 13 du 26 septembre). Là, ils vont encore hurler, aveuglement, pour la campagne du nouveau parfum de Dior « Poison Girl », programmée en ce début d’année 2016.

Une jeune frenchie – aux longs cheveux blonds et avec de jolies formes évoquées à travers le décolleté d’un blazer, loin des stéréotypes des mannequins anorexiques – qui joue le rôle d’une femme quelque peu provocatrice … en tenant une cigarette devant un panneau « no poison, no smoking ».

Un double clin d’œil. Au panneau d’interdiction de fumer de fumer devant les restaurants new-yorkais. À la célèbre inscription affichée à l’entrée de certains de ces établissements au moment du lancement du premier Poison dans les années 80 : les femmes portaient tellement le parfum, que plusieurs restaurateurs décidèrent de l’interdire dans leurs locaux tant ils en faisaient une overdose.

Un Poison, oui. Affiché avec son flacon en forme de pomme ou de fruit défendu (d’Éve à Blanche-Neige), Poison Girl cible les jeunes femmes rebelles, quelques peu féministes et soucieuses de prendre leur vie en main pour atteindre leurs rêves.

Du marketing pour capter une nouvelle catégorie de jeunes femmes ? C’est mal les connaître … Aujourd’hui, elles décident par elles-mêmes pour échapper au carcan d’un monde moralisateur et passablement machiste.

Jan 062016
 

Fumeur Contrôle trainCela fait 20 ans qu’il est interdit de fumer dans les lieux publics et donc dans les trains. Tous les fumeurs le savent … Mais certains jeunes sembleraient l’avoir oublié et passent outre. Plus proches de l’incivilité et de la provocation que de la revendication au droit de fumer, tout cela.

Ainsi, sur la ligne de grande banlieue Paris/Meaux/Château-Thierry, le wagon de queue est régulièrement – et depuis longtemps – squatté par des usagers fumeurs de cigarettes et de joints. Les PV distribués ou les opérations anti-fumeurs n’y changent rien …

Ce qui paraît on ne peut plus normal pour ces deux jeunes, interviewés par RTL dans un reportage diffusé ce mercredi 6 janvier : « fumer … on peut fumer, on n’embête pas … on fait passer le temps et c’est comme une distraction ».

Mais l’odeur persistante de tabac et les mégots au sol ont plutôt tendance à excéder les autres voyageurs. Et ce « wagon fumeur » aurait déjà généré quelques altercations. Enfin, pas toujours : « l’odeur de la cigarette est un peu incommodante. Mais s’ils sont 25, je n’irai pas leur demander d’arrêter. Ils seront peut-être hostiles … C’est à la Ratp ou à la Sncf de faire ce qu’il faut ».

Pourtant, les agents de la sûreté ferroviaire patrouillent régulièrement mais leur uniforme, facilement repérable, permet aux fumeurs de jeter leur cigarette avant de se faire attraper. Les agents miseraient désormais sur un décret, encore à l’étude, qui permettrait de patrouiller en civil de manière plus discrète.

Et pendant ce temps, si un fumeur adulte normal se fait surprendre en train de fumer sur un quai de gare, sans gêner personne, il peut se faire rapidement rappeler à l’ordre …

Déc 262015
 

Raphaël EnthovenL’autre matin, dans sa chronique radio matinale (« La Morale de l’info » sur Europe 1), Raphaël Enthoven s’est lâché contre les habituels contempteurs de la cigarette électronique qui ne prennent pas en compte à quel point la cigarette électronique peut aider les fumeurs traditionnels à diminuer leur consommation, voire à arrêter tout court. On connait suffisamment de cas autour de soi. Mais que voulez-vous, cela ne rentre pas dans le discours du politiquement correct hygiéniste.

Et là où Raphaël Enthoven tape particulièrement juste c’est quand il parle du fumeur et de ses motivations : « La cigarette électronique est un truc qui vous permet de ne plus mourir à petit feu sans vous laisser pourrir la vie pour autant par les ayatollahs de l’hygiène. Notre époque et notre civilisation n’ont absolument pas les moyens de comprendre et d’accepter ce genre de liberté.

« Les palliatifs traitent le fumeur comme un drogué auquel il suffirait d’injecter sa dose de nicotine pour qu’il s’arrête de fumer. Alors qu’un fumeur, ce n’est pas seulement un drogué, c’est aussi un jouisseur qui aime tellement son plaisir qu’il est prêt à lui sacrifier un peu de sa vie.

« Comme toute drogue, la cigarette n’est pas seulement une dépendance, pas uniquement un esclavage. C’est aussi une joie dont la positivité est irréductible au simple comblement d’un manque. Et c’est pour n’avoir pas compris cela que les palliatifs ne pèsent rien à côté de la cigarette électronique ». 

Déc 032015
 

Szczesny SmokingÀ l’heure d’expliquer la non titularisation de Wojciech Szczesny dans les buts romains lors de la rencontre du dimanche 29 novembre avec l’Atalante Bergame, l’entraîneur de l’AS Rome, Rudy Garcia, avait préféré botter en touche, évoquant juste un « choix tactique ». Un choix tactique aux relents de tabac …

À en croire la Gazzetta dello Sport, si Morgan De Sanctis a officié en lieu et place du gardien polonais, c’est en raison d’une petite incartade … Wojciech Szczesny aurait en effet été surpris en train de fumer en marge de la rencontre face au FC Barcelone. De quoi justifier selon le quotidien italien sa mise à l’écart du groupe. Un écart de conduite dont s’était rendu coutumier le Polonais lors de son passage à Arsenal et qui lui avait valu plusieurs remontrances de la part d’Arsène Wenger.