Nos pages sont plutôt ouvertes aux droits des fumeurs … Mais quand un fumeur a décidé d’arrêter et qu’il livre un très beau texte sur le plaisir passé et ce qu’il en reste et restera toujours, on n’hésite pas. (Témoignage publié sur la page Santé de lexpress.fr de cette Saint-Valentin).
« Un ancien fumeur n’est pas un non-fumeur. C’est un fumeur non pratiquant. Un ancien fumeur vit avec cette tentation toute sa vie, comme le fumeur de crack reconnaît tout de suite un drogué, comme un alcoolique voit immédiatement les stigmates d’un autre. Chaque occasion est une lutte intense et intime. Même quand il n’y a pas d’occasion. Même quand c’est « juste » le bon moment pour une clope. Lire la suite »
Suite aux recommandations de la Cour des comptes sur la lutte contre le tabagisme, le blog « Déjà vu » de Francetvinfo – qui se livre à l’exercice de comparer l’actualité d’aujourd’hui et les histoires d’hier – fait un retour sur d’autres croisades contre le tabac. Autrement plus dures.
•• Urbain VII, le pape anti-tabac
Urbain VII reste dans l’histoire pour deux raisons. Et d’une, son pontificat reste le plus court de l’histoire de l’Église : le malheureux pontife régna douze jours, du 15 au 27 septembre 1590, avant de mourir de malaria. Et de deux, il restera pour les siècles des siècles comme l’auteur de la première législation anti-tabac de l’histoire, du moins en Occident, en interdisant de fumer dans les lieux saints. Le pontife menaça tout bonnement les contrevenants de la peine la plus lourde : l’excommunication, autrement dit l’expulsion de la communauté chrétienne. Et Urbain précise bien que l’interdiction concerne toutes les manières de consommer du tabac que ce soit en le mastiquant, en fumant la pipe ou pétunant, autrement dit en l’aspirant par le nez sous forme de poudre.
•• Lèvres tranchées, coups de bâtons …
Au tournant des 16e et 17e siècles, plusieurs souverains réagissent à l’arrivée de l’herbe à fumer par une vague de mesures anti-tabac.
• En Perse, le shah Abbas opte pour une législation » toute en douceur » : il fait trancher les lèvres des fumeurs de pipe et couper le nez de ceux qui sniffent la plante du Nouveau Monde.
•. Le sultan ottoman Mourad IV fait, de son côté, brûler vif les malheureux surpris à fumer, sur le même bucher qui attend ceux qui boivent de l’alcool.
• En Russie, Michel 1er, fondateur de la dynastie des Romanov, menace de son côté les fumeurs de 60 coups de bâton sous la plante des pieds.
•. Roi d’Écosse et roi d’Angleterre, Jacques 1er, plutôt que de l’interdire, se fendit d’un traité acide : « A Counterblaste To Tobacco ». Il y qualifie le tabagisme d’habitude « répugnante pour l’œil, détestable pour le nez, dangereuse pour le cerveau et redoutable pour les poumons ». Il reproche aussi aux Anglais d’imiter, en fumant, « les mœurs barbares et bestiales d’Indiens sauvages et impies ». Et le souverain taxa le tabac dans des proportions sidérantes. Déjà.
•• La politique anti-tabac d’Adolf Hitler
Ancien gros fumeur lui-même, Hitler vira de bord à la trentaine et, comme beaucoup d’ex, se mua en opposant acharné de la cigarette. Dans ses discours, le tabac devient l’un des pièges tendus par les ennemis de l’Allemagne aux Aryens, dont « on » cherche à affaiblir la force et la santé. Ce qui amena le Führer à tanner tout son entourage – Goering et Eva Braun en tête – pour qu’ils cessent de fumer.
À cette vision s’ajoute le fait que la médecine allemande des années 30 est à la pointe de la recherche sur le tabac. Avant leurs confrères anglo-saxons, ils ont mis en évidence les liens entre tabagisme et cancers du poumon, et défini, au passage, le concept de tabagisme passif.
En quelques années, le IIIe Reich devient la première nation à se doter d’une véritable politique anti-tabac. En 1938, il est interdit dans les établissements de soins, dans certains services publics et dans les écoles. En 1941, sa consommation est interdite dans les tramways et se trouve prohibée dans les rues de soixante villes allemandes. La publicité naissante, alors très encadrée, est bannie des stades et des transports en commun.
Tout l’appareil de la propagande du Reich est déployé pour lancer des campagnes de prévention notamment auprès des jeunes. Même dans l’armée, la cigarette est rationnée : six par soldat et par jour, pour une vingtaine jusque-là.
Tout ça pour rien. Entre 1933 et 1939, le nombre de cigarettes consommées en Allemagne est multiplié par deux ; plus vite qu’en France où aucune législation n’est alors en place.
L’acteur, scénariste et chroniqueur, François Morel n’est ni fumeur, ni pro-tabac. Cependant, il a laissé libre cours – dans son dernier billet hebdomadaire sur France Inter (le vendredi 5 février) – à son bon sens critique et ironique (mais jamais intolérant) à propos de la polémique suscitée par le fait de pouvoir fumer, en période d’état d’urgence, dans des zones à l’air libre … mais à l’intérieur des lycées.
Comme quoi on peut parler, avec humour et mesure, du tabagisme.
« Est-il possible de fumer à l’intérieur de l’ambassade d’Équateur ? Parce que si Julien Assange a envie de s’en griller une, il serait plus prudent pour lui d’en fumer une à l’intérieur des locaux diplomatiques que sur les trottoirs de Londres.
« Je soulève cette question parce que, cette semaine, un syndicat de professeurs en France a alerté le gouvernement pour que celui-ci autorise les lycées à fumer à l’intérieur des lycées, plutôt que devant où ils pourraient être la cible des attentats terroristes.
« Pour l’instant, le gouvernement réserve sa réponse. Les proviseurs s’impatientent. Ils veulent que le gouvernement se prononce et prenne une décision rapide. Pour l’instant, silence radio. Le gouvernement n’a pas pris la peine de réunir un conseil extraordinaire pour s’occuper des lycéens fumeurs. À sa décharge, en ce moment, il a deux/trois trucs à régler …
Dès que la menace terroriste se sera éloignée, que la courbe du chômage se sera inversée, que la crise agricole sera réglée, il pourra réfléchir et prendre les décisions qui s’imposent concernant la « fameuse » question de la cigarette dans les lycées.
« Et puis, ce n’est pas si simple. On n’aimerait pas que des abrutis sanguinaires s’en prennent à des adolescents fumeurs en train de discuter tranquillement devant les grilles de leur lycée.
« Mais on a le droit aussi de ne pas trouver complètement formidable de banaliser le fait de fumer. Avec ses conséquences sur la santé, si je ne me trompe pas.
« Vaut-il mieux être la cible de terroristes ou du cancer ? Pour l’instant, le cancer tue plus que le terrorisme. Pour l’instant …
« Peut-être faut-il leur demander leur avis aux lycéens. Il faut les consulter, il faut les responsabiliser. En début d’année – au moment où il faut faire remplir à chacun une fiche afin de connaître la profession des parents, le sport pratiqué ou le cursus souhaité après le bac – on pourrait leur demander s’ils préfèrent mourir du terrorisme ou du cancer.
« C’est, comme vous voulez, vous avez le choix … Ah, j’hésite, là je me tâte un peu. L’un est expéditif, l’autre est plus lent. Est-ce que je peux réserver ma réponse ?
« Dans les cinémas, dans les théâtres, on n’a pas non plus le droit de fumer. Pour l’instant, les spectateurs acceptent à l’entracte d’aller fumer devant les théâtres. Les directeurs de théâtres feraient-ils preuve de plus d’autorité que les proviseurs ?
« Dans l’enceinte des gares, il est également interdit de fumer. Mais qui prend le train remarque que nombreux sont les contrôleurs à se griller une petite cibiche quand le train est à l’arrêt.
« La loi est faite pour être respectée et détournée quand on ne peut vraiment pas faire autrement.
« Si un jour, le directeur de Radio France écrit au Gouvernement pour qu’il autorise le personnel à fumer à l’intérieur de la Maison Ronde, personnellement je militerai contre ».
L’humour et la dérision comme anti-dote à la bêtise montante.
Nous ne résistons pas au plaisir de reproduire la chronique du vétéran Philippe Bouvard dans le Figaro Magazine de cette semaine. La récente offensive des anti-tabac contre le monde du cinéma l’a inspiré. Et sa plume est encore incisive comme il convient.
« Alors que, sur le plan de la prohibition du tabac, la salle d’enfumage de l’hôtel Matignon bénéficie d’un ultime sursis, la purification des écrans de cinéma contraint désormais les producteurs, les réalisateurs, les scénaristes et surtout les dialoguistes à réaménager à l’intérieur de chaque long-métrage le quart d’heure que les acteurs passaient généralement à pétuner. Avec des « séquences de substitution » très diversifiées.
• À un bar où il vient de faire la connaissance d’une femme forcément facile puisqu’elle lui accordera ses faveurs en moins de 90 minutes, le séducteur de service n’offrira plus du feu mais fredonnera après Brel « Je vous ai apporté des bonbons ».
• Les gros plans sur les volutes de fumée montant vers le plafond seront remplacés par des contre-plongées sur les détecteurs d’incendie obligatoires dans les locaux où ont lieu les échanges les plus torrides.
• Au silence observé par les comédiens en train d’inhaler ou d’expirer les dérivés de l’herbe à nicot qui ne faisait guère progresser l’action, on préférera le récit circonstancié (marques et prix) des menus achats effectués dans la journée, beaucoup plus révélateurs du caractère des personnages.Lire la suite »
La vedette de cette semaine ? Le paquet neutre, après les déclarations de Nicolas Sarkozy s’inquiétant de voir apparaître « bouteille de vin neutre » ou « fromage neutre » imposés par « quelques intégristes ».
Branle-bas de combat chez les intégristes anti-tabac justement … qui ont hurlé à l’irresponsabilité et à la pêche aux voix.
Avec des réactions franchement « limites ».
Parmi ceux-là, on mettra une mention « carton rouge » aux journalistes du PAF public : Michel Cymès et Marina Carrère d’Encausse du « Journal de la Santé » sur France 2.
En plein buzz médiatique de ce jeudi 4 février, ils ont ouvert leur émission sur un ton glacial et solennel pour déclarer : « Alors Monsieur Sarkozy, sachez : un, que le tabac tue et que l’alcool ne tue qu’en cas de consommation excessive, mais que le fromage ne tue pas. Deuxièmement, que la culture du tabac en France ne représente que 200 hectares (sic). Vous en conviendrez, il est très étrange d’associer la notion de « terroir » à un produit mortifère. Et troisièmement, qu’il est pour le moins blessant pour tous les médecins ou acteurs de la santé de se faire traiter d’intégristes quand on défend des décisions de santé publique ». Mais ce n’est pas fini …
Michel Cymès s’est mis à parodier Nicolas Sarkozy déballant un programme en faveur du tabagisme … dans un faux clip de campagne pour la présidentielle 2017 : « Mes chers compatriotes, si ,vous aussi , vous souhaitez qu’il y ait toujours autant de morts liés au tabagisme, si,vous aussi, vous aimez croiser dans la rue des amis qui ne se déplacent qu’avec la moitié du corps, l’autre étant paralysée par un accident vasculaire cérébral dû au tabagisme, si,vous aussi, vous aimez réconforter des enfants ayant perdu leur papa, mort jeune d’un infarctus lié au tabagisme, si vous aussi vous avez envie d’avoir un déclin plus rapide de vos capacités cognitives lié au tabagisme, si vous aussi vous rêvez de vous voir retirer un poumon et profiter d’une vie raccourcie… Alors, soutenez mon action pour le tabagisme. Pour cette tradition française, associant fromage, alcool et cigarette ! Vive le tabac, vive la France ! ».
Plutôt lourd le coup de gueule, récupérant le buzz justement … comme l’ont fait remarquer certains commentateurs sur les réseaux sociaux :
. « C’est assez excellent qu’être contre le tabac est devenu « convenu, « politiquement correct ». Bientôt, ce sera la même chose avec les mangeurs de viande ou avec les gens qui ne mangent pas bio. Dès qu’on veut défendre le droit de fumer, si on le souhaite, on peut facilement se faire insulter. Je connais un certain nombre de gens qui aiment bien s’en griller une et qui sont conscients des risques depuis longtemps. Ils choisissent de fumer et ils assumeront leurs ennuis de santé, comme les gens qui mangent trop de gras, trop de sucre ou font trop d’UV. Ce n’est pas moi qui irais leur dire comment vivre, c’est leur liberté ».
. « Je ne regarde jamais cette émission, mais ce jour-là j’ai assisté à une bonne dose d’anti-sarkozysme alors que le contribuable paie ces gens-là sur le service public ».
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.