Avr 032016
 

burgerElle remet les pendules à l’heure, l’interview du critique gastronomique (à Marianne) Perico Légasse et que publie le Figaro Magazine de ce week-end. Cela, à l’occasion de la parution de son essai « À table citoyens ! » où il ne garde pas sa langue dans sa poche. C’est le cas de le dire. Un extrait :

• Question de la journaliste : « quels mensonges les Français ne doivent-ils plus gober ? »

• Perico Légasse : « Émissions, colloques, publications … Les Français sont informés, mais ils ne doivent plus gober ce que la publicité alimentaire leur martèle : Mangez tranquille, on s’occupe du reste ! C’est faux ! La malbouffe conduit les Français chez le médecin, au cimetière, notre agriculture à la ruine et la France à la débandade.

« L’aliment industriel surchargé de pesticides, de conservateurs, ne tue pas comme une rafale de mitraillette, mais il nous empoisonne. D’abord le cholestérol, le diabète, puis les cancers … La malbouffe tue 63 000 personnes par an en France, dont 2 500 enfants. Comment l’accepter ?

« Aux États-Unis, actuellement, la campagne d’une blogueuse met à mal Coca-Cola et McDonald’s en les accusant, au même titre que les marchands de cigarettes, de vendre des produits qui empoisonnent les Américains à petit feu. Attendons-nous à voir très bientôt des procès pour dénoncer des maladies d’origine alimentaire ».

Mar 112016
 

Vapotage Léonardo Di CaprioHaro sur les moralisateurs qui voient le mal derrière le plaisir … jusqu’à la vapeur de la cigarette électronique. Un libre propos, publié ce mercredi 9 mars, sur le site libéral Contrepoints, détricote les atermoiements des autorités sur le vapotage … un plaisir dont elles n’auraient pas trouvé la sanction. Extraits :

« C’est une longue tradition en Occident : toute jouissance doit être taxée, encadrée en insistant toujours sur un revers de la médaille. Mais cette régulation des plaisirs et des addictions se justifie d’ordinaire sur un constat objectif de leurs répercussions en termes de santé publique. C’est là que la cigarette électronique pose problème au paternalisme étatique : n’ayant pas encore vérifié de répercussions sur la santé … on invoque le geste et la tentation, on se place dans le champ de la morale …

« On lit ainsi dans l’avis du Haut Conseil de la santé publique du 22 février dernier « (…)  il apparaîtrait que le marketing de ll’industrie de la cigarette électronique induise un désir de tabac chez le fumeur et un regret chez l’abstinent » et que « (…) le premier argument marketing est le nombre de consommateurs visibles » …

« Ce n’est pas une substance qui est incriminée, mais un geste. Vapoter en public, ce serait indécent, ce serait inciter à fumer. Ce serait en somme donner le mauvais exemple …

« Un geste subversif ? Oui, le « vapotage » a quelque chose de scandaleux pour les moralistes et les paternalistes de touts bords.

« Pour la première fois, nous sommes en présence d’une addiction qui n’a pas – encore – de rançon sanitaire. Il semble pourtant que toutes les délectations réservent quelque punition divine : le cancer nous guette si l’on fume, la cirrhose si l’on boit, le cholestérol si l’on mange. Mais dans le cas de la cigarette électronique, la justice immanente qu’on aime tant rappeler aux jouisseurs ne s’applique pas encore …

« Sur quoi se fonder alors, pour réclamer les interdictions, les taxes auxquelles les tenants de l’ordre sanitaire et moral sont incapables de renoncer, si ce n’est une normalisation arbitraire ? La vapeur qui devrait bénéficier de la présomption d’innocence est bannie pour la simple raison qu’elle rappelle la fumée. Ce qui est visé, ce n’est plus le danger en tant que tel, mais le désir qui lui est associé …

« On le voit par exemple dans la médicalisation qu’on cherche à imposer (…) la cigarette électronique comme médicament, comme palliatif, c’est nier la légitimité du plaisir (…) ».

Mar 072016
 

Prix portefeuille-euro(1)Laisser s’exprimer les gens s’avère plus instructif que les raccourcis numériques d’un sondage aux questions souvent dirigées … La preuve, la double page du quotidien régional Le Dauphiné Libéré de ce lundi 7 mars consacrée à deux sujets qui fâchent : le paquet à 10 euros et le paquet neutre. Le journal a pris la peine d’aller interviewer une quinzaine d’habitants de l’Isère dont les points de vue occupent la moitié du dossier. Treize « contre » face à deux « pour ». Extraits.

• Mylène (57 ans), chargée de réception : « Je suis une ancienne fumeuse et je pense que cela ne marchera pas. Ce n’est pas la bonne solution. Les gens sont stressés et trouvent dans le tabac une façon de se détendre, donc le facteur psychologique est important et ce n’est qu’une histoire de volonté … ».

• Franck (46 ans), gérant : « Je ne fume pas mais je suis contre cette mesure, la hausse du prix ne peut résoudre à elle seule le problème le problème de l’addiction (…) Tous les fumeurs parmi mes proches continuent de fumer autant, voire plus selon les périodes de stress (…) Ceux qui veulent fumer se ravitailleront là où ce sera le moins cher. Ce n’est pas le paquet neutre qui changera grand chose … ».

• Philippe (51 ans), agent territorial : « Le paquet à 10 euros ou plus ne va rien changer à la consommation, d’autant que la hausse des prix peut être contournée par la contrebande et l’achat dans des pays voisins. Comme le paquet neutre, elle ne réglera pas la dépendance des fumeurs … ». Lire la suite »

Mar 062016
 

Paquet dix euros HubMême en vacances, ils viennent nous casser le moral ! Ainsi, la publication du baromètre mensuel « santé » Odoxa (pour le compte de France Inter, Le Figaro et de la mutuelle des professionnels de santé, MNH), ce jeudi 3 mars, déclarant qu’une majorité de Français seraient favorables à une hausse brutale du paquet de cigarettes.

D’après ce qu’on bien voulu en dire les médias, 54 % des Français serait donc « pour » le paquet à 10 euros, mais 87 % des fumeurs « contre ». Rien d’étonnant. Mais c’est une idée franchement bizarre d’interroger un non-fumeur sur l’efficacité d’une mesure qui ne le touche pas directement …

C’est ce que fait remarquer un article du site Contrepoints qui critique les raccourcis faciles et les omissions dans le traitement des données de l’étude.

•• Ainsi du point.fr qui commente « 87 % des fumeurs sont fermement opposés à une hausse brutale l’amenant à 10 euros, mais ils en reconnaissent l’effet dissuasif ». Faux pour Contrepoints qui reprend précisément les résultats : ils ne sont que 28 % à considérer cette politique comme potentiellement efficace et sont 49 % à déclarer qu’ils n’arrêteront pas de fumer.

•• Autre surprise, le silence des médias concernant la mesure de l’efficacité des réglementations prises depuis quelques temps. Et pourtant, elle est sans appel :
• les images-choc et avertissements – genre « fumer tue » – ne recueillent que 14 % chez les sondés fumeurs / 16 % chez les non-fumeurs ;
• paquets neutres : ils ne sont considérés comme efficaces que par 9% des personnes consultées. Lire la suite »

Fév 262016
 

E-cigaretteSemaine riche en coups de massue, entre un paquet neutre à dix euros (pour les fumeurs) et la recommandation du Haut Conseil de la santé publique d’interdire la cigarette électronique dans tous les lieux publics (pour les vapoteurs). La chasse « au geste et aux volutes » est plus tenace que jamais, la haute institution estimant que l’e-cigarette – même si elle réduit sérieusement les risques sur la santé -, c’est aussi le diable. Ce qui annonce un renforcement du clivage entre non-fumeurs dedans, fumeurs dehors, rejoints, bientôt, par les vapoteurs qui, jusqu’à présent, étaient entre deux feux …

Sur le cafouillage de la politique de santé publique « à la française », laissons la parole à Pascal Praud, dans son billet, sur RTL ce vendredi 25 février.

« Il faut que je vous fasse une confidence ce matin : je suis un peu idiot. J’ai cru comprendre que vapoter de fumer empêcher de fumer. C’est une erreur, vapoter incite à fumer et cette raison a conduit le Haut Conseil de santé publique à interdire la vapote dans les lieux publics. Non pas parce que la cigarette électronique est dangereuse, mais elle est une tentation, une menace, un désir pour les spectateurs, expliquent les pneumologues, les tabacologues et même tout « les ologues » qui sont des gens de la même sorte. Lire la suite »