« C’est fou, ce que l’on parle de vous, les fumeurs ! ». On m’a interpellé ainsi, hier matin, en faisant allusion à ce barouf médiatique orchestré par la mairie de Paris pour annoncer que, depuis le 1er octobre, on se fait taxer de 68 euros pour tout mégot jeté par terre.
« On parle de vous ! ». Tiens, je tombe sur Le Parisien (le numéro de vendredi) et je prends, dix secondes, le temps d’analyser comment on parle de nous à propos de cette histoire d’amendes à mégots.Lire la suite »
Dans le département de la Sarthe, une trentaine de bars et débits de tabac, implantés en milieu rural, ne respecteraient pas l’interdiction de fumer dans leur établissement, selon une enquête de France Bleu Maine.
Si certains osent braver la loi, c’est parce qu’à la campagne, c’est souvent le dernier lieu de convivialité et que certains clients ont imposé le fait, sous menace de déserter les établissements en question.
Ainsi, dans un bar du sud du département, le patron se souvient qu’à l’époque de l’entrée en vigueur de la loi « on avait un ami qui a voulu fumer une cigarette à l’intérieur … on lui a dit « oui » et cela a commencé comme ça ». Aujourd’hui, les habitués entrent dans son café avec la clope à la main. Le cendrier est posé derrière le comptoir, à peine caché. « Que voulez vous ? Je ne suis pas gendarme » dit son épouse, « Les clients savent ce qu’ils ont à faire, je ne vais pas les élever. Ils prennent leurs responsabilités… et moi aussi ».
Les quatre clients accoudés au bar confirment. « Oui on assume et puis l’Etat est bien content de toucher des sous sur le tabac et après il interdit de fumer. Moi je dis que c’est pas normal ». Son voisin embraye : « il faut qu’on arrête de faire chier les Français. Et c’est pas moi qui l’a dit, c’est Pompidou ».
Pour rappel de la loi, les fumeurs sont passibles d’une amende de 68 euros et le patron de l’établissement de 135 à 750 euros.
Notre collectif d’anti-tabac voit le diable de « la cigarette » partout. Et leur obsession contre tout objet qui aurait la forme d’une cigarette, contre tout geste similaire à la tenue d’une cigarette atteint des sommets : plus addict à l’anti-tabagisme que les fumeurs à la cigarette ! Dernière exemple en date : leurs cris devant la dernière campagne publicitaire de Dior sur sa ligne « Addict » : un lipstick tenu entre un majeur et un index. Horreur. Perversité. Honte à la maison Dior voir NS 13 du 26 septembre).
Côté perversité, on leur rappellera que la maison Dior a fait plus fort, il y a quelques années, lorsque Kate Moss – la top modèle aux multiples addictions – fut l’égérie de la ligne. Mais là, on ne les a pas entendus. Peut-être qu’ils n’avaient pas saisi…
Côté marketing, il faut être gravement « addict à l’anti-tabagisme » pour estimer que l’objectif de Dior est d’inciter sa cible à pousser la porte d’un buraliste … plutôt que d’une parfumerie. Ou qu’une lectrice pense tabac plutôt que rouge à lèvre en découvrant la pub.
Une fois de plus, leur « fumophobie » prouve qu’ils ne comprennent rien à la période dans laquelle ils vivent et que leur « interprétation » – forcément faussée par des années d’idées préconçues – en dit long sur leur incapacité à accompagner le fumeur qui veut arrêter et à imaginer une véritable politique de prévention.
Alors, vont-ils brandir l’interdiction du lipstick (au cas où) ?
Alors, vont-ils nous interdire de tenir un crayon comme on en a envie (au cas où) ?
Ils se trompent de constat. Ils se trompent de combat. Si le taux de prévalence est plus élevé en France que chez nos voisins européens, c’est bien parce qu’ils doivent revoir leur copie.
228 voix contre le paquet neutre … 16 voix pour. Les sénateurs qui examinaient ce mercredi 16 septembre le volet « lutte contre le tabagisme » n’y ont pas été de main morte. Le paquet neutre (sans logo, avec des photos d’horreur et le nom des marques en tout petit), ils n’en veulent pas (non plus) à une écrasante majorité, sans oublier les 118 abstentions. Premier camouflet. À droite comme dans les rangs socialistes, d’ailleurs.
Deuxième camouflet. Ils estiment que la Directive européenne avec son paquet couvert à 65 % d’avertissements sanitaires (mais sans disparition des couleurs et logo de la marque) suffit.
Le score est donc largement supérieur aux onze voix réunies à l’Assemblée nationale, en première lecture, en faveur de son paquet gore (voir NS 13 du 4 avril).
Est-ce que cela va ébranler son obstination ? Pas sûr du tout. Mais les députés vont peut-être y réfléchir à deux fois lors du vote définitif.
Paru dans la rubrique « Cette actualité qui vous fait réagir » de La Nouvelle République de ce lundi 14 septembre, ce billet d’un non-fumeur (du Loir-et-Cher) plein de bon sens et qui nous conforte : nous ne sommes pas les seuls …
« Je ne suis pas fumeur et pourtant je soutiens les buralistes. Mme Marisol Touraine n’est pas réaliste. Les mesures qu’elle prend pour se donner bonne conscience sont mauvaises : augmentation constante du paquet de tabac, paquet neutre, etc. Résultats : fermetures de plus en plus nombreuses des débits de tabac ; achats plus nombreux aux frontières ; augmentation du marché noir ; augmentation de la contrefaçon, donc de maladies ; augmentation des cambriolages des commerces liés au tabac, agressions violentes ; donc augmentation du chômage dû aux fermetures de ces commerces, de la précarité… donc augmentation des fumeurs et des maladies liées aux contrefaçons de la cigarette (…) ».
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.