Comme quoi, même en étant « hors-la-loi » (Évin), on peut avec imagination et responsabilité – pour ceux qui doivent assumer des situations concrètes – associer la protection des lycéens contre le terrorisme et la prévention sur le tabagisme (voir NS 13 des 9 février et 10 janvier) …
Ainsi, le lycée Maillol à Perpignan a été l’un des premiers lycées du département des Pyrénées-Orientales à installer, avec l’instauration de l’état d’urgence, un coin fumeur – en plein air- dans l’enceinte de l’établissement.
« Je sais très bien qu’en prenant cette décision, je ne respecte pas la loi. J’en suis pleinement conscient. Mais, je suis responsable de plus de 2 000 élèves. Il y a une hiérarchie des risques » témoigne le proviseur, Jean-Marie Mercadel, qui promet que dès la fin de l’état d’urgence, les cigarettes n’auront plus le droit de passer la porte du lycée.
Mais surtout, le lycée en a profité pour placarder des posters anti-tabac, un peu partout dans le lycée, professeurs et personnel infirmier étant incités à faire de la prévention/dissuasion.
D’ailleurs, avec un espace fumeur de 50 mètres carrés au cœur d’un immense parc, la cohabitation fumeurs/non-fumeurs se passe plutôt bien.
L’acteur, scénariste et chroniqueur, François Morel n’est ni fumeur, ni pro-tabac. Cependant, il a laissé libre cours – dans son dernier billet hebdomadaire sur France Inter (le vendredi 5 février) – à son bon sens critique et ironique (mais jamais intolérant) à propos de la polémique suscitée par le fait de pouvoir fumer, en période d’état d’urgence, dans des zones à l’air libre … mais à l’intérieur des lycées.
Comme quoi on peut parler, avec humour et mesure, du tabagisme.
« Est-il possible de fumer à l’intérieur de l’ambassade d’Équateur ? Parce que si Julien Assange a envie de s’en griller une, il serait plus prudent pour lui d’en fumer une à l’intérieur des locaux diplomatiques que sur les trottoirs de Londres.
« Je soulève cette question parce que, cette semaine, un syndicat de professeurs en France a alerté le gouvernement pour que celui-ci autorise les lycées à fumer à l’intérieur des lycées, plutôt que devant où ils pourraient être la cible des attentats terroristes.
« Pour l’instant, le gouvernement réserve sa réponse. Les proviseurs s’impatientent. Ils veulent que le gouvernement se prononce et prenne une décision rapide. Pour l’instant, silence radio. Le gouvernement n’a pas pris la peine de réunir un conseil extraordinaire pour s’occuper des lycéens fumeurs. À sa décharge, en ce moment, il a deux/trois trucs à régler …
Dès que la menace terroriste se sera éloignée, que la courbe du chômage se sera inversée, que la crise agricole sera réglée, il pourra réfléchir et prendre les décisions qui s’imposent concernant la « fameuse » question de la cigarette dans les lycées.
« Et puis, ce n’est pas si simple. On n’aimerait pas que des abrutis sanguinaires s’en prennent à des adolescents fumeurs en train de discuter tranquillement devant les grilles de leur lycée.
« Mais on a le droit aussi de ne pas trouver complètement formidable de banaliser le fait de fumer. Avec ses conséquences sur la santé, si je ne me trompe pas.
« Vaut-il mieux être la cible de terroristes ou du cancer ? Pour l’instant, le cancer tue plus que le terrorisme. Pour l’instant …
« Peut-être faut-il leur demander leur avis aux lycéens. Il faut les consulter, il faut les responsabiliser. En début d’année – au moment où il faut faire remplir à chacun une fiche afin de connaître la profession des parents, le sport pratiqué ou le cursus souhaité après le bac – on pourrait leur demander s’ils préfèrent mourir du terrorisme ou du cancer.
« C’est, comme vous voulez, vous avez le choix … Ah, j’hésite, là je me tâte un peu. L’un est expéditif, l’autre est plus lent. Est-ce que je peux réserver ma réponse ?
« Dans les cinémas, dans les théâtres, on n’a pas non plus le droit de fumer. Pour l’instant, les spectateurs acceptent à l’entracte d’aller fumer devant les théâtres. Les directeurs de théâtres feraient-ils preuve de plus d’autorité que les proviseurs ?
« Dans l’enceinte des gares, il est également interdit de fumer. Mais qui prend le train remarque que nombreux sont les contrôleurs à se griller une petite cibiche quand le train est à l’arrêt.
« La loi est faite pour être respectée et détournée quand on ne peut vraiment pas faire autrement.
« Si un jour, le directeur de Radio France écrit au Gouvernement pour qu’il autorise le personnel à fumer à l’intérieur de la Maison Ronde, personnellement je militerai contre ».
Le réalisateur, scénariste, producteur et acteur, Jean-Pierre Mocky, l’a clairement énoncé, avec son style sans détour, au micro de Bourdin Direct sur RMC, ce lundi 8 février : « ils s’imaginent que, parce que l’on ne verra pas des gens fumer dans des films, les gens fumeront moins : c’est idiot, il n’y a pas de rapport ! ».
Ce n’est pas la première fois que Jean-Pierre Mocky s’oppose à la députée Michèle Delaunay – égérie anti-tabac – sur le sujet.
Lorsqu’elle a avancé ses pions, l’année dernière, avec la création d’une commission de contrôle des films intégrant des scènes de tabagisme ou évoquant le tabac : « je trouve sa proposition un peu con » avait-il tranquillement affirmé (voir NS 13 du 4 juin 2015).
Ce n’est pas exactement la question posée par Le Parisien / Aujourd’huienFrance à quelques témoins, dans la rubrique « Voix express » de son édition du dimanche 7 février à propos de la présence du tabac dans les films. Sujet qui semble préoccuper beaucoup de monde en ce moment …
Mais la question est exactement la suivante : « êtes-vous choqué de voir des gens fumer dans les films ? ».Lire la suite »
Le docteur Roland Lemye – vice-président du principal syndicat de médecins en Belgique (Absym) – propose d’interdire aux fumeurs de consommer du tabac dans leur propre maison ! Ou du moins dans les pièces où les enfants vivent, c’est-à-dire non seulement leur chambre, mais aussi toutes les pièces communes ou de séjour.
Dans une lettre ouverte publiée dans le journal belge Le Soir, il estime que « le droit des enfants de vivre dans un environnement sans tabac » justifie cette extension de l’interdiction de fumer jusque dans la sphère privée.
Comment le spécialiste envisage-t-il d’appliquer concrètement cette interdiction ?Lire la suite »
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.