Mar 242016
 

Cinéma HollywoodInterdire aux enfants non-accompagnés les films avec la moindre scène de cigarettes et de fumeurs … C’est ce que propose une « class action » (action de groupe) lancée le mois dernier par un parent énervé de San Francisco et déposée ce lundi 21 mars devant la Cour de Justice de Californie.

Comme si la pudibonderie américaine suivait, de façon exagérée et irréaliste, les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé qui a déjà appelé les gouvernements à « appliquer une classification aux films dans lesquels on consomme du tabac (…) et la diffusion préalable d’avertissements antitabac ». L’action citoyenne, en question, accuse de négligence le système de notation de Hollywood et demande à la justice d’imposer la classification R (pour « restricted ») à n’importe quel film mettant en scène le simple usage du tabac.

Tout juste déposée, l’action de groupe (qui peut s’avérer très payante aux États-Unis) n’a pas encore fait bouger les studios … Mais seront-ils prêts ainsi à tout supprimer : les injures, la drogue, le sexe, le tabac et aussi les armes à feu ?

Les scénaristes de demain vont avoir du pain sur la planche : inventer des films palpitants et distrayants sans héros ténébreux, sans alcool ni tabac, avec des héros chastes comme des anges et adeptes d’une non-violence sans faille.

Mar 112016
 

Vapotage Léonardo Di CaprioHaro sur les moralisateurs qui voient le mal derrière le plaisir … jusqu’à la vapeur de la cigarette électronique. Un libre propos, publié ce mercredi 9 mars, sur le site libéral Contrepoints, détricote les atermoiements des autorités sur le vapotage … un plaisir dont elles n’auraient pas trouvé la sanction. Extraits :

« C’est une longue tradition en Occident : toute jouissance doit être taxée, encadrée en insistant toujours sur un revers de la médaille. Mais cette régulation des plaisirs et des addictions se justifie d’ordinaire sur un constat objectif de leurs répercussions en termes de santé publique. C’est là que la cigarette électronique pose problème au paternalisme étatique : n’ayant pas encore vérifié de répercussions sur la santé … on invoque le geste et la tentation, on se place dans le champ de la morale …

« On lit ainsi dans l’avis du Haut Conseil de la santé publique du 22 février dernier « (…)  il apparaîtrait que le marketing de ll’industrie de la cigarette électronique induise un désir de tabac chez le fumeur et un regret chez l’abstinent » et que « (…) le premier argument marketing est le nombre de consommateurs visibles » …

« Ce n’est pas une substance qui est incriminée, mais un geste. Vapoter en public, ce serait indécent, ce serait inciter à fumer. Ce serait en somme donner le mauvais exemple …

« Un geste subversif ? Oui, le « vapotage » a quelque chose de scandaleux pour les moralistes et les paternalistes de touts bords.

« Pour la première fois, nous sommes en présence d’une addiction qui n’a pas – encore – de rançon sanitaire. Il semble pourtant que toutes les délectations réservent quelque punition divine : le cancer nous guette si l’on fume, la cirrhose si l’on boit, le cholestérol si l’on mange. Mais dans le cas de la cigarette électronique, la justice immanente qu’on aime tant rappeler aux jouisseurs ne s’applique pas encore …

« Sur quoi se fonder alors, pour réclamer les interdictions, les taxes auxquelles les tenants de l’ordre sanitaire et moral sont incapables de renoncer, si ce n’est une normalisation arbitraire ? La vapeur qui devrait bénéficier de la présomption d’innocence est bannie pour la simple raison qu’elle rappelle la fumée. Ce qui est visé, ce n’est plus le danger en tant que tel, mais le désir qui lui est associé …

« On le voit par exemple dans la médicalisation qu’on cherche à imposer (…) la cigarette électronique comme médicament, comme palliatif, c’est nier la légitimité du plaisir (…) ».

Mar 082016
 

Chine censureCensure sur les écrans (petits ou grands) … Les anti-tabac la réclame, la Chine l’applique au pied de la lettre. Une semaine après avoir sucré une websérie qui narrait les amours de deux homosexuels (« Addicted »), l’Administration d’État de la radio, du film et de la télévision a durci la réglementation des fictions « en matière de sujets sensibles ».

Les scènes avec du tabac, de l’alcool, un adultère, des vêtements suggestifs, sont bannies, tout comme celles qui évoquent la réincarnation. Au même titre que les comportements sexuels anormaux, tels l’inceste, les relations homosexuelles, la perversion sexuelle ou le viol. La même administration a indiqué aux producteurs qu’elle allait surveiller de près le respect de ces règles.

Et, en Chine, on ne plaisante pas avec les autorités de contrôle. Il y a quelques années, le télécrochet « Super Girl » avait été retiré de l’antenne parce que le régime avait estimé qu’il montrait des jeunes filles dont la personnalité était jugée trop extravertie. Ce malgré de très bonnes audiences.

Quant aux séries étrangères, quand elles ne sont pas interdites, elles sont accessibles uniquement via des sites de streaming et après avoir été validées par des censeurs désignés par l’Administration d’État.

Mar 022016
 

Cinéma GainsbourgFaut-il interdire aux mineurs les films où l’on voit des scènes de tabagisme ? Le quotidien La Croix en a remis une couche ce mardi 1er mars … sachant que les anti-tabac mettent régulièrement la pression sur le 7ème art, « accusé » de faire de la publicité déguisée et de « placement de produit ». Extraits et arguments des deux camps.

• La directrice du Comité national contre le Tabagisme (CNCT), Emmanuelle Béguinot use d’un curieux argument statistique : « Quand on voyait, en 1950, 70 % des hommes fumer dans un film, c’était normal. Car à l’époque, 70 % des hommes fumaient en France. Mais aujourd’hui, il n’est pas logique de voir encore cela dans un film alors que la prévalence est de 30 % dans notre pays »

• Adrien Gombeaud, écrivain et journaliste qui a publié « Tabac et cinéma. Histoire d’un mythe » : « Ces histoires de pourcentage sont absurdes. Selon ce principe, il faudrait qu’il y ait aussi 10 % de chômeurs dans tous les filmsEt si on suit le raisonnement des associations, il faudrait que, dans une course-poursuite à l’écran, les voitures ne dépassent pas la limitation de vitesse

« Un film n’est pas un spot de prévention du ministère de la santé. C’est une œuvre. Et il faut respecter la liberté de création du réalisateur. Si on voit beaucoup de gens fumer dans les films, c’est parce que de nombreux cinéastes estiment que la cigarette ou la fumée du tabac ont un important potentiel esthétique. Cela peut aussi être un élément de mise en scène. Par exemple, lorsqu’un réalisateur fait un plan fixe sur un acteur, le fait qu’il ait une cigarette à la main permet de créer du mouvement. Sans la cigarette, le plan risque d’être un peu mort ». Lire la suite »

Fév 262016
 

E-cigaretteSemaine riche en coups de massue, entre un paquet neutre à dix euros (pour les fumeurs) et la recommandation du Haut Conseil de la santé publique d’interdire la cigarette électronique dans tous les lieux publics (pour les vapoteurs). La chasse « au geste et aux volutes » est plus tenace que jamais, la haute institution estimant que l’e-cigarette – même si elle réduit sérieusement les risques sur la santé -, c’est aussi le diable. Ce qui annonce un renforcement du clivage entre non-fumeurs dedans, fumeurs dehors, rejoints, bientôt, par les vapoteurs qui, jusqu’à présent, étaient entre deux feux …

Sur le cafouillage de la politique de santé publique « à la française », laissons la parole à Pascal Praud, dans son billet, sur RTL ce vendredi 25 février.

« Il faut que je vous fasse une confidence ce matin : je suis un peu idiot. J’ai cru comprendre que vapoter de fumer empêcher de fumer. C’est une erreur, vapoter incite à fumer et cette raison a conduit le Haut Conseil de santé publique à interdire la vapote dans les lieux publics. Non pas parce que la cigarette électronique est dangereuse, mais elle est une tentation, une menace, un désir pour les spectateurs, expliquent les pneumologues, les tabacologues et même tout « les ologues » qui sont des gens de la même sorte. Lire la suite »