Juin 022016
 

Chine pollution fumeurAvec le paquet neutre en France, on est en pleine institutionnalisation du « dazibao » de dénonciation de « l’ennemi de classe » (ou le fumeur, c’est quasiment pareil) à la Mao … Alors, on va aller du côté des pays pas toujours « droits de l’homme » pour scruter comment ils pourchassent les fumeurs … avec des surprises.

•• Chine … Seule Pékin est concernée, parce qu’il n’y a que la capitale qui a mis en place une interdiction de fumer dans les lieux publics, il y a juste un an. Donc, dans cette ville de 20 millions d’habitants archi-polluée, pour faire appliquer la loi, une légion de 12 000 « volontaires anti-tabac » – constituée aussi bien d’écoliers que de retraités ou de fonctionnaires – sont chargés d’arpenter restaurants, lieux de travail et immeubles publics : près de 70 000 lieux distincts auraient été « visités » l’an dernier selon les autorités. Même si ces volontaires n’ont pas le pouvoir d’infliger des amendes (27 euros pour les fumeurs ; 1 360 euros pour les restaurants ou magasins), les fumeurs réfractaires accepteraient de les écouter, « si nous adoptons le bon ton, en voyant nos uniformes» raconte un volontaire, vêtu de la « veste bleue », un professeur d’art de 33 ans.

« L’objectif est de dissuader pas de brusquer » ajoute-t-il officiellement. Parce qu’en réalité, ces volontaires peuvent être enclins à extorquer aux fumeurs contrevenants des lettres d’aveux pour les transmettre aux autorités … Pas étonnant que certains fumeurs se mettent à réagir violemment ou cherchent à prendre la fuite dès que se pointe une « veste bleue ».

Les autorités sont contentes des résultats : seuls 4 % des lieux publics seraient régulièrement occupés par des fumeurs contre plus de 12 % un an plus tôt. Le patron d’un café a reconnu à l’AFP qu’il y avait « une baisse du nombre de fumeurs » mais qu’il était difficile de s’opposer aux clients. Alors que deux clients en allument une, il explique « ils disent : on en fume une et on s’en va. Comme ce sont des clients, il faut parfois respecter leur opinion ».

Russie•• En Russie, Poutine a lancé la guerre au tabac … Certaines entreprises mènent régulièrement des actions « façon gant de velours » de sensibilisation et de substitution, racontée sur le site sputnik

• Entreprise minière et sidérurgique, Evraz, propose, de temps en temps, à ses employés d’échanger un paquer de cigarettes contre une brique de jus de tomate lors de la pause déjeuner. Autre entreprise sidérurgique, Severstal organise des séance d’échange de cigarettes contre des chewing-gum de substitut nicotinique (trois fois plus cher que les cigarettes).

• L’usine de fabrication de tuyaux de Tcheliabinsk oblige ses employés à se soumettre régulièrement à des alcootests et a fermé toutes les salles fumeur. D’après la charte d’entreprise, aucun représentant des cadres supérieurs ne doit fumer.

• Sberbank, la plus grande banque de crédit russe, échange une cigarette allumée contre une pomme. Durant les premiers mois de cette pratique, environ 60% des employés ont déclaré renoncer au tabac

• Chez le plus grand producteur russe de pétrole (Lukoil), on échange aussi cigarettes contre bonbons, sucettes et chewing-gums

Mai 012016
 

espace-sans-tabac_150Comme à chaque printemps, la pollinisation génère des pics d’allergies. Idem pour les annonces de création des « Espaces sans tabac » de la Ligue contre le Cancer qui commencent à irriter, à double titre, les fumeurs.

D’une part, parce que ces espaces sont à l’air libre et grigotent sournoisement notre liberté, dés lors qu’ils vont au delà de zones spécifiquement dédiées aux enfants.

D’autre part, parce qu’ils sont plus l’occasion de nous mettre au ban de la société que de préserver la santé des uns et des autres. C’est comme cela que l’on dénormalise l’image du tabac mais que l’on normalise la vie quotidienne. Exemples jusque dans la France rurale …

• Ainsi, quatre villages d’Alsace – Diemeringen, Drulingen, Waldhamback, Weislingen – viennent de signer une convention pour « protéger » certaines aires de jeux, arrêts de bus ou abords des écoles. Motif : « … éliminer l’exposition au tabagisme passif, notamment celle des enfants, promouvoir l’exemplarité et la mise en place d’espaces publics conviviaux et sains … ». Sympa pour les « méchants » fumeurs.

• À Montmorillon (la seule ville de la Vienne à avoir répondu à la Ligue contre le Cancer), deux jardins publics sont devenus totalement « Espace sans Tabac », alors que la loi n’impose la mesure qu’aux aires de jeux. Le discours du maire, lors de la cérémonie d’inauguration, a fait sourire l’assistance : « cette inauguration est un symbole fort … Surtout dans ce jardin où beaucoup de jeunes se retrouvaient pour fumer sous la tonnelle », la plupart de ces jeunes fumant autre chose que du tabac !

Avr 302016
 

Taxation« La taxation est-elle une solution au vice ? ». Non, démontre Guy-André Pelouze (chirurgien des hôpitaux au centre hospitalier Saint-Jean à Perpignan) dans une tribune parue dans Le Monde daté du 29 avril. Elle serait, plutôt, « la porte ouverte au vice de l’État, qui détourne l’argent prélevé sur la base de motifs bien intentionnés pour en faire des ressources fiscales destinées à financer sa politique ». A lire dans son intégralité.

•• « La théorie économique dit que l’imposition compense les « externalités négatives » du marché des produits nocifs. À condition que l’État n’en détourne pas le produit …

« Taxer un individu ou une entreprise, c’est contraindre à payer un montant en général proportionnel à un revenu ou à un actif. Tous les systèmes politiques ont recours à la taxation. « Je vais donc vous donner de quoi semer, et vous sèmerez vos champs, afin que vous puissiez recueillir des grains. Vous en donnerez la cinquième partie au roi ; et je vous abandonne les quatre autres pour semer les terres et pour nourrir vos familles et vos enfants » (Genèse 47 : 24), dit la Bible.

 « Si la taxation est ancienne, l’utilisation des taxes varie selon les systèmes politiques. En France, en 2014, ces ressources (44,7 % du produit intérieur brut – PIB) sont utilisées pour financer les fonctions régaliennes de l’Etat et l’Etat-providence (31,9 % du PIB).

« Par ailleurs, la notion de vice est intimement liée à la morale et renvoie aux interdits religieux. Ce que l’on appelait vice dans la perspective de la tentation du mal a été requalifié par la science en « addiction ». Addiction à des substances, par exemple la nicotine, ou à des pratiques, comme le jeu, ou à des comportements, comme la boulimie compulsive.

•• « La nicotine est un psychostimulant présent dans les feuilles de tabac dont les effets sont, comme pour la feuille de coca, connus depuis longtemps. Dès l’ère industrielle, la consommation de tabac fumé s’est développée, la pyrolyse permettant la prise de plus de nicotine par simple inhalation. Du vice à l’addiction, la transition n’est pas neutre. Dans le premier, l’individu est tenu pour responsable de ses choix de vie ; dans l’addiction, la responsabilité de l’individu peut être atténuée au motif que nous ne sommes pas égaux face à la dépendance. Lire la suite »

Avr 252016
 

obelix2L’arrivée du paquet neutre aurait pu les calmer … Mais, non, ils (les anti-tabac, décideurs politiques irresponsables et autres idéologues) multiplient toujours plus les effets d’annonce, en font toujours trop. Et ces dernières semaines, ils se sont lâchés … encore prompts au « harcèlement facile ».

• Un sénateur socialiste, Luc Carvounas, a déposé une proposition de loi visant à imposer un système de quotas, applicable à chaque pays, pour la livraison de paquets de cigarettes ! On pourrait croire à une blague de 1er avril. Mais non, ce « social-libéral » demande ainsi que l’Etat fixe arbitrairement la quantité de cigarettes que les Français seront autorisés à fumer pendant 365 jours.

On ne sait pas comment ce genre de calcul va pouvoir se faire ni à quoi il va servir. Nous sommes à l’heure de la mondialisation (qu’il s’agisse de loisir ou de travail) et le tabac est un produit de consommation légal, à ce que je sache, en Europe. De là à ce que nos parlementaires imposent des tickets d’approvisionnement (ou de rationnement) pour les résidents ou obligent à justifier l’origine du paquet que l’on est en train d’ouvrir, il n’y a qu’un pas … Pas très social-libéral. Lire la suite »

Avr 152016
 

Lycee fumeurOn a tous entendu parler de ce débat d’autant plus surréaliste que la mayonnaise médiatique a bien pris.

• D’un côté, les proviseurs confrontés à un tas de priorités aussi écrasantes les unes que les autres. Au nom de l’état d’urgence, on leur demande de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’attroupements devant leurs établissements. En conséquence de quoi, ils prennent quelque liberté avec la loi sacrée, la loi Evin. Et ils aménagent de discrets « coins fumeurs » en enceinte scolaire. Près de la moitié des lycées seraient concernés.

• De l’autre, les anti-tabac qui s’étranglent de colère et lancent des procédures. Et les ministres – Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem – qui, après avoir tellement contribué à la popularité du gouvernement actuel, finissent par réagir en rappelant à l’interdiction totale de fumer dans les établissements. Sachant que le vrai problème, dans ces mêmes lieux, réside plus dans la « fumette » qu’autre chose. Sujet sur lequel ces chères ministres pataugent complètement.

Et puis, le syndicat des proviseurs qui renvoient les ministres gentiment sur les roses. Comme on a pu le voir sur un reportage de TF1, mercredi 13 avril au soir.

Et puis, le même journal télévisé de Gilles Bouleau qui se termine sur un reportage dans les territoires contrôlés par Daesh. Un témoin qui raconte : « si on se fait prendre 3 fois avec une cigarette … on nous coupe la main. Une autre récidive … la décapitation ».

Ça n’a rien à voir ?

Et bien moi, je pense que si.

Jo Bazizin