Un billet d’humeur publié, ce samedi 4 mars, dans Contrepoints et signé par Thomas Valmenier (étudiant) s’en prend à la dernière alarme médiatique, à la « nouvelle peur » : les agents endocriniens. Oui, tous les deux mois, il faut un nouveau sujet pour distraire le bon peuple, lui donner de petits frissons dans le dos, lui donner sa guerre, tout simplement. Comme avec le tabac … Extraits
« Rendez-vous compte ! Tous les jours, des millions de Français se lavent les cheveux, les dents, mangent … sans savoir qu’ils risquent leur vie. Et oui, tout est dangereux, tout est cancérigène : les savons et autres nettoyants, les aliments (gras, salés, sucrés, viandes, poissons), le tabac (n’oublions pas : le fumeur est doublement coupable en ses qualités de suicidaire et d’assassin).
« Nous avons résisté aux terroristes en dégustant une bière en terrasse, nous résisterons au cancer en arrêtant de manger et de nous laver. Lire la suite »
À force d’être matraqués et culpabilisés, les fumeurs sont devenus des moutons … Alors que là, entre paquet neutre et hausse du tabac à rouler, ils avaient une bonne occasion de faire entendre leur voix ! Et avec des arguments.
Eh, bien non. Pour preuve de cette passivité – qui consiste à accepter une certaine stigmatisation et à ne pas faire valoir son droit de fumeur adulte et responsable – trois réponses de fumeurs dans un micro-trottoir réalisé à Verdun et paru dans l’Est Républicain de ce mardi 4 octobre.Lire la suite »
Hypocrisie politique ou aveu d’impuissance ? En tout cas, Bercy et la Santé ont pété les plombs en décrétant une hausse de 15% des taxes sur le tabac à rouler. Plus un euro par paquet ! C’est quand même beaucoup.
Et cela nous rend d’autant plus furax que cet « impôt déguisé » – qui va contribuer à combler les comptes toujours chancelants de la Sécurité sociale – ne va frapper que le fumeur. Faut pas exagérer, il n’y a pas que des fumeurs dans les lits d’hôpitaux, qui vont chez le médecin ou sont en arrêt maladie ?
Faut pas exagérer non plus en cherchant à enfumer les Français : on leur raconte que c’est une mesure pour protéger les jeunes du tabagisme, « la vente du tabac à rouler augmente, c’est moins cher que les cigarettes industrielles, c’est utilisé par les jeunes, c’est plus toxique », etc., etc., etc. On connaît la chanson de ces grands pontes qui descendent jamais de leur piédestal … (comme, je l’ai dénoncé dernièrement).
Mais, comme on a pu l’entendre dans les médias d’hier, les consommateurs de tabac à rouler ne s’en laissent pas conter. Jeunes ou plus âgés, ils font leur compte et leur choix. Comme Mélanie sur RMC : « un paquet de cigarettes, c’est grosso modo 7 euros et ça dure deux jours. Un paquet de tabac à rouler, ça coute aussi 7 euros et ça me dure dix jours » … Comme une lycéenne sur France Inter : « On se débrouillera pour trouver les sous. Ça rendra même le tabac plus attractif (car plus difficile d’accès). C’est un moyen de nous démarquer ». Comme une jeune fumeuse sur France 3 : « On va tous aller vers les cigarettes industrielles. C’est plus pratique et ça a un meilleur goût … ».
Quant à Marisol Touraine – celle qui, en se coiffant le matin, s’est rêvée en championne de la lutte anti-tabac, celle qui se voit déjà directrice de campagne de François Hollande pour les présidentielles – on va s’en rappeler. Elle aura imposé aux fumeurs le paquet « gore », tout en se servant au passage dans leur portefeuille. Ce n’est pas ce que l’on peut appeler du dialogue incitatif … Il n’y pas que le tabac qui rend impuissant … le dogmatisme idéologique aussi.
Et qui nous garantit, maintenant, que l’on ne va pas tout droit vers une hausse de tous les produits du tabac ?
On ne va pas reprocher à la députée PS (et présidente de l’association Alliance contre le tabac) Michèle Delaunay sa lutte déterminée pour nous faire arrêter de fumer. Mais, et ce n’est pas la première fois que je le souligne, il y a de quoi être offusqué(e) par la méthodologie et le manque de discernement dans la hiérarchie des priorités.
Il suffit de lire Le Parisien / Aujourd’hui en France de ce jour. Après neuf pages consacrées au dernier acte d’horreur commis au nom de la guerre lancée par Daech sur la France, on tombe sur la guerre de deux députés contre le tabac à rouler bon marché … Une page entière pour proposer une hausse massive du prix du tabac (+ 15 % pour les cigarettes, + 30 % pour le tabac à rouler) au nom de « l’hécatombe financière et sanitaire du tabac ».
L’hécatombe qui nous inquiète en priorité aujourd’hui (non-fumeur ou fumeur) Madame Delaunay, c’est la multiplication des attentats qui nous frappent dans un café, dans une église, au cours d’un spectacle. C’est-à-dire n’importe où …
Et pas celle, connue, archi-rabattue du tabac (c’est écrit en gros sur les paquets) … On a enregistré et on assume. Comme on sait qu’en France, les augmentations de prix, ça ne marche pas. Depuis 16 ans, c’est toujours la même politique, qui ne sait pas nous parler.
Nous sommes en état de guerre, soit. Mais aussi pour défendre notre liberté de choix d’adultes responsables !
« La taxation est-elle une solution au vice ? ». Non, démontre Guy-André Pelouze (chirurgien des hôpitaux au centre hospitalier Saint-Jean à Perpignan) dans une tribune parue dans Le Monde daté du 29 avril. Elle serait, plutôt, « la porte ouverte au vice de l’État, qui détourne l’argent prélevé sur la base de motifs bien intentionnés pour en faire des ressources fiscales destinées à financer sa politique ». A lire dans son intégralité.
•• « La théorie économique dit que l’imposition compense les « externalités négatives » du marché des produits nocifs. À condition que l’État n’en détourne pas le produit …
« Taxer un individu ou une entreprise, c’est contraindre à payer un montant en général proportionnel à un revenu ou à un actif. Tous les systèmes politiques ont recours à la taxation. « Je vais donc vous donner de quoi semer, et vous sèmerez vos champs, afin que vous puissiez recueillir des grains. Vous en donnerez la cinquième partie au roi ; et je vous abandonne les quatre autres pour semer les terres et pour nourrir vos familles et vos enfants »(Genèse 47 : 24), dit la Bible.
« Si la taxation est ancienne, l’utilisation des taxes varie selon les systèmes politiques. En France, en 2014, ces ressources (44,7 % du produit intérieur brut – PIB) sont utilisées pour financer les fonctions régaliennes de l’Etat et l’Etat-providence (31,9 % du PIB).
« Par ailleurs, la notion de vice est intimement liée à la morale et renvoie aux interdits religieux. Ce que l’on appelait vice dans la perspective de la tentation du mal a été requalifié par la science en « addiction ». Addiction à des substances, par exemple la nicotine, ou à des pratiques, comme le jeu, ou à des comportements, comme la boulimie compulsive.
•• « La nicotine est un psychostimulant présent dans les feuilles de tabac dont les effets sont, comme pour la feuille de coca, connus depuis longtemps. Dès l’ère industrielle, la consommation de tabac fumé s’est développée, la pyrolyse permettant la prise de plus de nicotine par simple inhalation. Du vice à l’addiction, la transition n’est pas neutre. Dans le premier, l’individu est tenu pour responsable de ses choix de vie ; dans l’addiction, la responsabilité de l’individu peut être atténuée au motif que nous ne sommes pas égaux face à la dépendance.Lire la suite »
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.