Oct 032015
 

Mégots dessin« C’est fou, ce que l’on parle de vous, les fumeurs ! ». On m’a interpellé ainsi, hier matin, en faisant allusion à ce barouf médiatique orchestré par la mairie de Paris pour annoncer que, depuis le 1er octobre, on se fait taxer de 68 euros pour tout mégot jeté par terre.

« On parle de vous ! ». Tiens, je tombe sur Le Parisien (le numéro de vendredi) et je prends, dix secondes, le temps d’analyser comment on parle de nous à propos de cette histoire d’amendes à mégots. Lire la suite »

Oct 032015
 

Mégots PVC’est donc depuis ce 1er octobre que le jet d’un mégot à Paris peut délester notre portefeuille de 68 euros … (voir NS 13 des 22 mars, 17 avril et 20 juillet). Et on se demande qui va nous verbaliser et comment ? En tant que fumeurs, on peut toujours craindre la « fumophobie »

Environ 500 agents de la Ville de Paris seront habilités à nous en « mettre une ». Le maire-adjoint à la propreté de la ville, Mao Peninou, « travaille à en élargir leur nombre et à rendre leur action plus efficace ».

Plus intéressant de sa part, une précision à retenir : il faut être pris sur le vif. « Le flagrant délit est essentiel » confirme le maire-adjoint, « c’est pourquoi nos inspecteurs de la salubrité, qui sont habilités à verbaliser les jets de détritus sur la voie publique, effectuent des rondes quotidiennes dans tous les arrondissements et ne portent pas d’uniforme. Il leur suffit d’attendre que le fumeur termine sa cigarette, et dès que l’infraction est constatée, ils dressent un procès-verbal ».

C’est plutôt malsain comme procédure : nous ne sommes pas des « hors-la-loi » sujets à filature, tout de même.

Quoiqu’il en soit, Anne Hidalgo a tenu parole : elle a installé, au cours des derniers mois, 30 000 nouvelles corbeilles de rues dotées d’un éteignoir (à l’inverse de beaucoup de villes européennes qui ont opté pour de vrais cendriers intégrés aux poubelles). Les entreprises parisiennes, notamment les cafés, les restaurants, bars et hôtels sont invités à faire des efforts également.

On attend de voir … si les poubelles seront ramassées régulièrement ou ne dégorgeront pas de détritus alimentaires. Parce qu’à Paris, même les services techniques ne sont pas tous les jours champions de la propreté.

Sophie Adriano

Oct 012015
 

4707635_11-1-1059258237_545x460_autocropDans le département de la Sarthe, une trentaine de bars et débits de tabac, implantés en milieu rural, ne respecteraient pas l’interdiction de fumer dans leur établissement, selon une enquête de France Bleu Maine.

Si certains osent braver la loi, c’est parce qu’à la campagne, c’est souvent le dernier lieu de convivialité et que certains clients ont imposé le fait, sous menace de déserter les établissements en question.

Ainsi, dans un bar du sud du département, le patron se souvient qu’à l’époque de l’entrée en vigueur de la loi « on avait un ami qui a voulu fumer une cigarette à l’intérieur … on lui a dit « oui » et cela a commencé comme ça ». Aujourd’hui, les habitués entrent dans son café avec la clope à la main. Le cendrier est posé derrière le comptoir, à peine caché. « Que voulez vous ? Je ne suis pas gendarme » dit son épouse, « Les clients savent ce qu’ils ont à faire, je ne vais pas les élever. Ils prennent leurs responsabilités… et moi aussi ».

Les quatre clients accoudés au bar confirment. « Oui on assume et puis l’Etat est bien content de toucher des sous sur le tabac et après il interdit de fumer. Moi je dis que c’est pas normal ». Son voisin embraye : « il faut qu’on arrête de faire chier les Français. Et c’est pas moi qui l’a dit, c’est Pompidou ».

Pour rappel de la loi, les fumeurs sont passibles d’une amende de 68 euros et le patron de l’établissement de 135 à 750 euros.

Sep 272015
 

Lipstick Dior addictNotre collectif d’anti-tabac voit le diable de « la cigarette » partout. Et leur obsession contre tout objet qui aurait la forme d’une cigarette, contre tout geste similaire à la tenue d’une cigarette atteint des sommets : plus addict à l’anti-tabagisme que les fumeurs à la cigarette ! Dernière exemple en date : leurs cris devant la dernière campagne publicitaire de Dior sur sa ligne « Addict » : un lipstick tenu entre un majeur et un index. Horreur. Perversité. Honte à la maison Dior voir NS 13 du 26 septembre).

Côté perversité, on leur rappellera que la maison Dior a fait plus fort, il y a quelques années, lorsque Kate Moss – la top modèle aux multiples addictions – fut l’égérie de la ligne. Mais là, on ne les a pas entendus. Peut-être qu’ils n’avaient pas saisi…

Côté marketing, il faut être gravement « addict à l’anti-tabagisme » pour estimer que l’objectif de Dior est d’inciter sa cible à pousser la porte d’un buraliste … plutôt que d’une parfumerie. Ou qu’une lectrice pense tabac plutôt que rouge à lèvre en découvrant la pub.

Une fois de plus, leur « fumophobie » prouve qu’ils ne comprennent rien à la période dans laquelle ils vivent et que leur « interprétation » – forcément faussée par des années d’idées préconçues – en dit long sur leur incapacité à accompagner le fumeur qui veut arrêter et à imaginer une véritable politique de prévention.

Alors, vont-ils brandir l’interdiction du lipstick (au cas où) ?

Alors, vont-ils nous interdire de tenir un crayon comme on en a envie (au cas où) ?

Ils se trompent de constat. Ils se trompent de combat. Si le taux de prévalence est plus élevé en France que chez nos voisins européens, c’est bien parce qu’ils doivent revoir leur copie.

Sophie Adriano

Août 272015
 

Michel SardouExtrait de l’interview-confession de Michel Sardou, paru dans Le Point de cette semaine :

• La France des années 2010 serait-elle moins manichéenne que celle des années 70 ?
• Michel Sardou : « Aujourd’hui, c’est un ruisseau d’eau tiède. Bienvenue chez les Bisounours ! Le langage de l’époque est très édulcoré. On tourne autour du pot. Il faut faire attention à ce que l’on dit.
« L’État, notre nouveau père la morale, invente chaque semaine un nouvel interdit. Nous vivons en liberté surveillée.
« Fumer ? boire ? baiser ? N’y pensez plus, c’est trop risqué. Le risque est devenu le mot à bannir dans notre vocabulaire.
« Même les artistes ont une mentalité de fonctionnaires. Ils ne se lancent plus sans l’assurance que l’État va les aider ».

Le « Fumer ? boire ? baiser ? N’y pensez plus ! » constituant le titre de cette interview de cinq pages.