Avr 222015
 

A bout-de-souffle BelmondoDécidément, la députée Michèle Delaunay ne se sera pas fait que des amis avec son histoire de bannir à tout jamais le tabac du cinéma français (voir NS 13 des 8, 17 et 20 avril). C’est au tour de Nicolas Gauthier, journaliste et auteur d’« Acteurs de la comédie politique », de jeter son opprobre sur « cette bouffée de révisionnisme rétroactif », sur le site « Boulevard Voltaire » le 20 avril.

« Décidément, il n’est pas en France de faux problèmes qui ne puissent appeler un semblant de réelle solution administrative. Car enfin, que les nouvelles fictions à venir bannissent les débordements tabagiques, pourquoi pas.

« Mais que fera-t-on des films du passé ? « Un cave qui se rebiffe » sans Jean Gabin en éternelle assistance respiratoire avec ses Craven A sans filtre ? Un « Alamo » tentant de résister sans John Wayne et ses quatre paquets de Camel quotidiens ? « À bout de souffle », notre Belmondo national retrouverait-il le sien s’il cessait de tirer sur ses Gitanes, devant la caméra d’un Jean-Luc Godard, autre fumeur invétéré ? Et le commissaire Maigret ? Et Lucky Luke ? Et James Bond ? Et Humphrey Bogart ? Et Fidel Castro ? Et merde …

« Comme toujours, les lois d’exception devraient connaître un certain nombre d’exceptions. Ouf. Et ces vieux films « devraient », pour l’instant, échapper à cette bouffée de révisionnisme rétroactif. On respire un peu. Et pas seulement à cause des odeurs de cendrier froid.

« Heureusement que les clopeurs sont plutôt bonnes poires et ne promettent pas à Michèle Delaunay de la passer à tabac. Car autrefois, elle y allait du cigare, tel qu’on disait à ceux promis à la machine du bon docteur Guillotin. En attendant, la politique n’est plus jamais qu’écran de fumée destiné à masquer des problèmes autrement moins fumeux.

« Au fait, Michèle, t’aurais pas un clope ? Parce qu’avec le paquet de cibiches à sept euros, il n’y a plus que les riches qui puissent encore fumer, tandis que les pauvres sont condamnés à désormais se la rouler sous le bras ».

Avr 172015
 

Le tweet du 3 avril de la députée PS Michèle Delaunay, pour un renforcement de « l’œil de Caïn » sur le cinéma français (voir NS 13 du 8 avril) , aura tout de même soulevé un vent de protestation par médias interposés. Jusqu’au réalisateur Jean-Pierre Mocky qui a, paraît-il, déversé un flot d’injures dans le téléphone de la députée.

Aujourd’hui, c’est au tour de l’hebdomadaire Télérama de revenir ironiquement sur l’offensive de Michèle Delaunay : « le cinéma français donnerait donc un mauvais exemple à la jeunesse ? Bonne nouvelle : les jeunes, que l’on pensait addicts aux blockbusters américains (où personne ne fume) et aux séries US (où tout le monde clope et picole), regardent donc des films français ». Et toc.

Puis, d’imaginer des pistes « de bonne conduite », si le cinéma devait devenir un espace public réglementé :

. « Pas plus d’un verre par personnage, et uniquement en cas de mariage. Les alcools forts seront réservés aux flics corrompus et aux tueurs en série ».
. « Les poursuites en voiture seront limitées à 110 sur l’autoroute et à 50 en ville ».
. « Au café, préférer le thé vert lors des scènes de planques policières ».
. « Piercing et tatouage devront indiquer que l’ado est sur une mauvaise pente »
. « Cinq fruits et légumes frais seront consommés dans chaque film français ».
. « Chaque scénario prévoira, évidemment, une séquence de tri sélectif ».

Madame Delaunay, vous qui êtes également médecin, lors de votre prochaine offensive, n’oubliez pas d’y ajouter une prescription d’antidépresseurs …

Avr 112015
 

Une phrase à méditer. Elle a été captée, lors de l’un de ces multiples échanges pendant la discussion sur les nouvelles restrictions anti-tabac que vient de faire voter Marisol Touraine, comme le paquet neutre, et dont on a encore entendu relativement peu parler dans les médias. C’est peut-être d’ailleurs la preuve que la mesure ne sera pas encore appliquée l’année prochaine, comme annoncé : il faut que ça passe au Sénat et on imagine que les fabricants de tabac, qui risquent de perdre leurs marques, vont multiplier les procédures juridiques.

Mais revenons à la phrase en question : « un jour, pas si lointain, personne ne comprendra que l’on ait pu fumer, longtemps et partout, alors que l’on était informé … »

Ça laisse rêveur, car il va bien falloir nous expliquer, justement, pourquoi « on est informé », de mille façons, depuis pas mal de temps, et que le tabac – dont on sait bien que c’est la première cause de mortalité évitable – est toujours autant consommé.

Campagnes incessantes de presse ; cours spéciaux à l’école ; recommandations pressantes de quasiment tous les parents ; « fumer tue » sur les paquets qui maintenant portent des photos-repoussantes ; spots TV ; discours-coups de canon d’éminents professeurs chaque fois qu’il y a débat sur le sujet, … chacun complétera la liste.

Et maintenant, le « paquet neutre » pour le seul produit (pour le moment) qui risque d’être commercialisé avec un emballage faisant passer un unique message sur 100 % de sa surface : « attention, poison, surtout n’achetez pas ni ouvrez ce paquet ! ». Et pourtant, tout laisse à penser que le marché du tabac ne va pas s’effondrer pour autant.

C’est donc la preuve que s’il y a information (et même surdose d’information, avec le paquet neutre) ça ne suffit pas. Ça ne marche pas en soi. La stricte interdiction? La prohibition? Personne n’ose et n’y croit, non plus.

Alors pourquoi pas plus de prévention intelligente et, surtout, adaptée à chaque cas et situation ? : on n’a pas la même attitude face au tabac quand on brave les interdits de sa jeunesse, quand on fume adulte, quand on veut s’arrêter, quand on est bien ou pas bien dans sa tête ou son corps, quand on fume beaucoup ou de temps en temps, quand on est chômeur ou à l’aise dans son travail … etc … etc.

Si un jour, ceux qui nous veulent du bien voulaient comprendre … Plutôt que de multiplier humiliations disproportionnées et interdictions superflues, grandes déclarations incantatoires et petites phrases qui sont autant de constats d’impuissance.

Jo Bazizin

Avr 082015
 

Elle n’avait rien de mieux à faire, dans l’après-midi du vendredi 3 avril, la députée PS Michèle Delaunay pendant que, dans l’hémicycle du Palais Bourbon, on discutait de ses nombreux amendements anti-tabac ?

Non, elle tweettait.
Pour demander, en plus, la stricte application de la loi Evin « pour les films français qui contiennent aujourd’hui 80 % de scènes de tabagisme ».

« Une mauvaise idée à plusieurs titres » a réagi une journaliste de France Tv Info sur le site du média. Tout d’abord, parce que « le cinéma est un art, pas un espace public ou commercial. Il doit donc garder son indépendance et sa liberté de création, au même titre que tous les autres domaines artistiques ».

Deuxième argument : « associer la cigarette à des rôles strictement négatifs aura sûrement pour effet de conforter les non-fumeurs dans leur abstinence vertueuse, mais stigmatisera un peu plus les personnes dépendantes à la cigarette. Fumeur ne doit pas devenir synonyme de salopard, cancéreux ou dépressif ».

Et j’irai de mon commentaire, également … Censure au cinéma, obligation de montrer une pièce d’identité pour acheter un produit légal, interdiction de ceci ou interdiction de cela, discrimination du fumeur « dont la conscience serait altérée par la dépendance ». Stop Madame Delaunay, votre « combat » devient dangereusement totalitaire.

Avr 072015
 

« Un monde sans tabac » … Ils n’ont que cette formule à la bouche, les ayatollahs, pour défendre leurs mesures anti-tabac du projet de loi Santé. Certains vont même jusqu’à imaginer de l’interdire, non pas « purement et simplement », mais « durablement ».

Comme la jolie proposition, bien hypocrite, du député socialiste Jean-Louis Touraine « qui veut protéger ceux qui n’ont  jamais fumé » en interdisant, à jamais, l’achat de tabac à tous ceux qui sont nés à partir de 2001.

Le député ne l’a pas trouvée, tout seul, l’idée : la Tasmanie (archipel d’iles au sud de l’Australie) en parle depuis 2012. Mais de là à vouloir la transposer en France, il y a quand même des limites. Ça sent quand même le coup médiatique : genre « je propose un truc peu réaliste, je n’aurai pas à en assumer les conséquences ». D’ailleurs, il s’est fait retoquer par ses collègues de l’Assemblée. Parce que l’idée était tordue, tout de même.

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