Elle me fait bien rigoler cette annonce de l’UEFA, à l’occasion de la Journée mondiale sans Tabac, d’interdire de fumer dans toutes les zones internes et externes des dix stades français qui accueilleront les matches de l’« Euro » 2016.
Protéger les supporters et le personnel du tabagisme passif, réduire les risques d’incendie liées à la consommation de tabac, contribuer à un tournoi promouvant la santé : on passera sur ces motifs bien pensants habituels. Les 6 500 volontaires et les stadiers vont même être formés pour veiller à informer les spectateurs. Toute personne surprise en train de fumer du tabac ou une cigarette électronique après le passage des tourniquets sera priée d’arrêter. Ouf, on a frôlé l’interdiction de stade.Lire la suite »
Marisol Touraine ameute la presse pour annoncer – c’était ce vendredi à midi, quelque part en banlieue – que dès cet été, on ne pourra « plus fumer sur les aires de jeux publiques ». Globalement, la presse s’en est foutue. Mais ça a fini par filtrer.
Et du champ d’application de la mesure, on n’en sait guère plus. Ma partie de boule avec les copains de vacances sera-t-elle sans fumeurs ? Ça va être dur. Il va falloir attendre pour savoir. Tout sera précisé dans un « décret à venir ».
Mais l’AFP a fini par se fendre d’un bref commentaire. Genre : plus de pause-cigarette devant le bac à sable. Marisol a même précisé que c’est pour « protéger les enfants ».
Fumer à proximité d’enfants (suffisamment près pour qu’ils puissent inhaler la fumée), il me semble que l’immense majorité des fumeurs s’en abstienne. Dans un parc ou n’importe où. Et s’il arrive à des parents de fumer près de leurs jeunes enfants, il apparaît qu’un traitement plus personnel et « accompagné » soit nécessaire. Car il est probable qu’un simple panneau d’interdiction n’y puisse rien. Surtout en l’absence chronique d’agent verbalisateur. On nous répondra que le comportement irresponsable de quelques-uns justifie toutes les interdictions. Alors, on serait prêt à applaudir la mesure …
… Cependant ses initiateurs ont une autre idée plus précise en tête : ce serait aussi le fait de « voir » un fumeur qui est perturbant. Ces chères têtes blondes risquant de se précipiter, plus tard, dans le tabagisme après avoir découvert, très tôt de leurs yeux innocents, le mauvais exemple.Lire la suite »
Le Festival de Cannes bat son plein et on attendait, depuis une semaine, l’offensive de la députée anti-tabac Michèle Delaunay (PS – Gironde) sur l’interdiction de la cigarette au cinéma (voir NS 13 du 8 avril). Courageuse – mais pas téméraire après la volée de noms d’ oiseau de Jean-Pierre Mocky et d’articles scandalisés (voir NS 13 des 17, 20 et 22 avril) -, elle remet ça sur son blog, ce mercredi 20 mai.
« Alors quoi, je veux « interdire » toute présence de la cigarette au cinéma ? Même pas ! ». Non, Michèle Delaunay a une nouvelle idée qu’elle doit trouver moins liberticide : une commission de déontologie qui contrôlerait « l’intérêt artistique ou historique de scènes de tabagisme, la multiplicité des scènes visant à banaliser la consommation du tabac ou identifiant le fait de fumer à la jeunesse, à la beauté, à la minceur et à la séduction ». En clair : une commission de censure.
Car Michèle Delaunay récidive dans la suspicion concernant les « scènes de tabagisme» dans les films , en particulier français (sur 180 films français sortis entre 2005 et 2010, 80 % en présenteraient selon une étude Ligue contre le Cancer / Ipsos) : « je sais, cher Jean-Pierre Mocky, qui avez hurlé des insultes dans mon téléphone après une simple question écrite, c’est désagréable à entendre mais c’est ainsi : le cinéma est un art, mais ce n’est pas l’Art qui pousse nos cinéastes à servir d’écran publicitaire et d’alibi à des multinationales de ce crime organisé, planifié, assumé qu’est le tabac ». Pas sûr que l’attaque calme Jean-Pierre Mocky.
Et Michèle reste plus que jamais Delaunay dans sa conclusion : « Jean-Pierre Mocky, tous les autres qui aimez cinéma et artistes, souvenez-vous de la toute dernière scène de Yul Brynner, peu avant sa mort d’un cancer pulmonaire. Il avait tenu à être filmé pour un ultime message : Now I am gone.. I just tell you : don’t smoke ! ».
Le Point de cette semaine publie une réjouissante enquête sur « les nouveaux puritains » : « après le socialisme, le sociétalisme ! L’idéologie du bien et du mal, ce paternalisme gentillet, compte de nombreux militants dans la classe politique, médiatique, associative ».
Et cette charge contre ces bien-pensants qui veulent nous rééduquer n’épargne pas les anti-tabac les plus radicaux. Extraits.
• « Philippe Murray, dont l’œuvre n’a jamais été aussi actuelle avait résumé la chose en ces termes : dans notre pays des Merveilles, le Bien a non seulement recouvert le Mal, mais plus encore il interdit que celui-ci soit écrit, c’est-à-dire ressenti ou vu ».
• « Fumer à l’intérieur d’un véhicule en présence d’un mineur ? Interdit. Vapoter dans un train ? Interdit. La vente de coques de smartphones supports publicitaires d’une marque d’alcool ? Interdite … Le socialisme est mort, vive le sociétalisme ! ».
• « Parce qu’on ne peut inverser la courbe du chômage, on voudrait réformer les comportements. Badigeonner de blanc les paquets de cigarettes et postuler que les garçons et les filles ont les mêmes aptitudes. Enterrer le latin, inutile et soporifique. Agir contre les discriminations en sortant le délit de racisme de la loi de 1881 sur la presse et la liberté d’expression pour l’intégrer dans le Code pénal. Car comme chacun sait, là est le problème ».
• « La responsabilité personnelle et les choix individuels, eux, sont proscrits. Ce militantisme est un paternalisme gentillet qui fait du citoyen souverain un individu enfant qu’il est bon d’éclairer. Comment penser, comment voir, comment agir en société ? La loi ou le discours politique vous le diront. Quitte à nuire aux causes, parfois éminemment justes, que ces idéologies disent défendre ».
• « Une certaine morale désigne l’infâme et veut lui couper la langue et sinon la tête. Tout ça, disent-ils, au nom du vivre ensemble, pour faire société et bâtir du commun ».
En appui de cet article de Saïd Mahrane, quelques citations viennent illustrer cette idéologie sociétale, de Cécile Duflot, Najat Vallaud-Belkacem … et donc forcément de Marisol Touraine : « je veux que les bébés qui naissent aujourd’hui soient la première génération non fumeurs ». Les grands slogans plutôt que les avancées réalistes…
C’est au nom de cette idéologie que l’on stigmatise le fumeur avec le paquet neutre.
En plein milieu de cet épouvantable week-end du 1er mai, trois stations balnéaires du Calvados, témoins du Débarquement, ont décidé de faire la promotion de leur plages en les étiquetant « sans tabac » pour l’été prochain.
Ouistreham Riva-Bella s’est lancée, depuis quatre ans, dans cette opération imaginée par l’association « Ligue contre le Cancer » et cette année, elle a réussi à convaincre ses voisines, Colleville-Montgomery et Merville-Franceville de faire de même.
Le principe : rendre « non-fumeurs » des espaces publics extérieurs non soumis à l’interdiction de fumer. Dans une démarche d’éducation et non de répression. Nos chères petites têtes blondes n’auront plus sous les yeux l’exemple de ces « méchants fumeurs », ne respireront plus leurs volutes de fumée et, de surcroît, ne seront plus tentés de manger leurs mégots… à en croire certains défenseurs du principe.
Pas de répression ? Les arrêtés municipaux décrétant une « plage sans tabac » prévoient tout de même des amendes (entre 11 et 17 euros) que les élus annoncent ne pas appliquer, dans un esprit de tolérance …
Tout cela part de « bons sentiments » mais prend des dimensions irréalistes. On peut encore admettre que des plages de ville, où les gens sont collés les uns sur les autres pendant des heures (comme Cannes, Nice ou Biarritz) instaurent des « espaces sans tabac ». Mais sur la côte de Nacre, avec ses immenses plages et ses conditions climatiques (!), on imagine plus de grandes promenades que de longues séances de farniente à touche-touche.
Et puis, ne va pas tarder à apparaître le label « Plage sans sucre », afin d’éviter de boire des sodas devant des enfants et de leur laisser bouteilles plastiques ou canettes à portée de leurs mains innocentes.
« Nous sommes 13 millions » s’adresse aux fumeurs adultes et responsables. En application de la législation française sur le tabac, les mineurs de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à naviguer sur ce site.