Nov 122017
 

L’humoriste Daniel Morin n’allait pas rater le « Moi(s) sans tabac » … le défi collectif du mois de novembre pour nous inciter à arrêter.

Voici son billet de ce dimanche 12 novembre, en entame de son émission « Vous les femmes », sur France Inter …

« Aujourd’hui dimanche 12 novembre ça va. Enfin « ça va », on fait aller !

« Ça fait maintenant 12 jours qu’on est obligé de se cacher pour fumer une malheureuse clope. Et ouais les gars, c’est le mois sans tabac, le mois de novembre ! Moi j’ai tenu une demie heure !

« Non mais, merde, c’est quoi ces décisions de fascistes !  Le mois sans tabac ! et pourquoi pas le mois sans drogues, tant qu’on y est !

« Alors, ok on joue à ça. Ok, je veux bien faire le mois sans tabac, mais on fait aussi le mois « tabac obligatoire ». Ouais, obligatoire. Tout le monde doit cloper pendant un mois, à raison d’un paquet par jour.

« Et quand je dis tout le monde, c’est tout le monde. Les hommes, les femmes, les vieux, les enfants, tout le monde, même les malades, rien à foutre !

« La clope, la clope, la clope.

« Chez soi, dans la rue, dans les transports en commun, dans les maternités, dans les hospices, partout ! »

Sep 262017
 

Un peu d’humour dans cet horizon sombre, ponctué de hausses de prix et de stigmatisations.

Le billet est signé Clara Georges, journaliste au Monde et publié dans le supplément M. Le pitch : l’espace se restreint pour les fumeurs, ces irresponsables dont il faut protéger les congénères. Presque comme l’ursidé, que tout le monde aime, lui.

« Pour les fumeurs, l’espace est en voie de disparition.

Ceux qui ont fréquenté les aéroports cet été l’ont forcément constaté. Soit que l’on ait parcouru, tremblotant d’angoisse avant un long-courrier, les couloirs des terminaux à la recherche d’une zone fumeurs ; soit que l’on soit tombé par hasard sur l’un de ces locaux vitrés, matérialisation spatiale de notre drôle d’époque.

L’espace fumeurs est un lieu fonctionnel, comme les toilettes, sauf qu’on n’a pas très envie de s’y attarder pour bouquiner.

Drôle, oui, j’insiste. Loufoque, même. D’un côté, on garde en cage des bébés pandas au zoo de Beauval pour, argumente-t-on, les protéger de la disparition. De l’autre, on enferme des humains irresponsables pour, avance-t-on, protéger leurs congénères. 

Drôles de bestioles que ces êtres solitaires réunis par leur seule addiction dans une pièce dégueulasse. Ils tapotent sur leur smartphone ou sur le bout de leur clope, regroupés autour de cendriers à hauteur d’homme. Ici, fumer devient une activité en soi. Pas question de s’en griller une pour accompagner le café, ni d’en allumer une dernière en chemin.

Dans l’espace fumeurs, on ne peut plus faire croire qu’on a la clope sociable, la bouffée conviviale. On fume parce qu’on en a besoin. C’est un lieu fonctionnel, comme les toilettes, sauf qu’on n’a pas très envie de s’y attarder pour bouquiner.

Voilà qui donne autrement plus à réfléchir que toutes les images gore à col­lectionner sur les paquets neutres. Car cette gorge trouée, ce poumon carbonisé, ce ne sont pas les miens, pas encore, pense le fumeur. Alors que là, dans le cagibi agrémenté de quelques plantes vertes préposées au suicide et de VMC surpuissantes, c’est bien moi. Les espaces fumeurs sont des salles de shoot au ralenti.

Quand j’étais enfant, l’habitacle de la voiture parentale était lui-même un espace fumeurs. On avait le choix entre inspirer un air opaque aussi épais qu’une crème chantilly, et prendre dans le nez 100 décibels et un vent de face à 160 km/h (à l’époque, ça roulait !). Aujourd’hui, il est interdit de fumer dans une voiture en présence d’un mineur, sous peine d’amende.

Quand je suis arrivée au journal, on fumait encore discrètement dans les services. Vers 18 heures, à l’économie, un chroniqueur en mal de mots allumait sa clope, suivi par deux-trois traînasseurs du soir qui s’appropriaient les lieux à coups de volutes. Au matin, il n’en restait qu’une vague odeur et des cendres sur les claviers. Puis sont arrivés les « pavillons des cancéreux », des salles clandestines, 5 mètres carrés sans ventilation et quelques photocopies jaunâtres de caricatures de presse au mur. Aujourd’hui, on fume dehors, en montant ou en descendant de quelques étages. Jusqu’à ce que l’interdiction s’étende aux terrasses et aux entrées d’immeuble …

J’ai lu hier que les dernières cabines téléphoniques allaient être démontées partout en France. Peut-être ­devrait-on les laisser en place, au cas où : elles feraient d’excellents espaces fumeurs, si d’aventure le tabac était un jour interdit dans les rues. »

Sep 112017
 

La lutte contre le tabac suscite des idées dignes d’Orwell. En voici une, signée d’un chroniqueur du Point, Julien Damon (sociologue et professeur associé à Sciences Po) : le permis de fumer.

Tout fumeur devrait acquérir un permis, renouvelable annuellement, obligatoire pour acheter des cigarettes et les consommer dans l’espace public. Détails.

« Le permis pourrait être constitué d’une carte intelligente enregistrant les achats et pouvant même les limiter, par exemple à 40 cigarettes par jour ou à leur équivalent en tabac à rouler, voire en liquide à vaporiser dans des cigarettes dites électroniques. L’attribution du permis serait interdite aux mineurs et conditionnée à une visite médicale, elle-même payante et non remboursable. Quelques amendes compléteraient d’ailleurs les revenus liés à ce permis sans points. À 10 ou 20 euros le permis, les quelques centaines de millions d’euros collectés seraient directement affectés à la sécurité sociale.

« Dans une version moins orwellienne, le permis ne poserait pas de limites. Il s’agirait simplement d’une autorisation pour acheter et pour consommer dans les rues. Quel est le véritable avantage ? Il s’agit d’amener chacun à réfléchir, à évaluer, à décider quand, en l’espèce, la majorité des fumeurs disent vouloir arrêter. Sans contraindre drastiquement, l’ambition est d’aider les gens à s’aider eux-mêmes. »

Ce n’est pas tout à fait de la science-fiction, explique encore Julien Darmon, l’idée ayant déjà été évoquée très sérieusement au Royaume-Uni, avec un permis réservé aux majeurs et vendu 10 livres. « Et elle n’est pas plus bête qu’une augmentation des taxes » soutient l’auteur. Conclusion : la boite à bêtisier est grande ouverte.

Août 172017
 

On croyait les ministres en vacances, planqués dans leur villa, en train de réfléchir aux vrais enjeux de la rentrée et aux raisons de leur impopularité …

Eh bien non.

De leur transat, ils ont décidé d’en mettre dix tonnes, via les médias, sur le tabac et les fumeurs. Sur l’inefficacité du paquet neutre qui justifierait à peine un an plus tard d’augmenter le prix du tabac. Et les médias de foncer tête baissée sans réfléchir en débitant les éternels poncifs. Quand ils ne se plantent pas dans les chiffres. Comme RTL hier qui a confondu 9 % avec 0,9 %. Chapeau l’exactitude de l’information, si tout est comme ça…

Ce sur quoi on percute en lisant cette logorrhée, c’est que personne ne comprend rien aux fumeurs : des anti-tabac aux spécialistes de la santé. Exemple flagrant : les deux pages du Parisien/ Aujourd’hui en France (titré « Pas de vacances pour le tabac ») qui synthétisent toutes les « âneries » – pour rester poli – de ces derniers jours, de ces derniers mois, de ces dernières années.

Alors pourquoi on fume, d’après eux ?

. La météo, incitation à fumer ! « Les jours qui allongent, les moments passés à la plage, les soirées conviviales … couplés à la permissivité croissante de bars, restaurants et discothèques de fumer une cigarette en fin de soirée sont autant de bonnes raisons pour certains d’appuyer à nouveau – ou davantage – sur le briquet ».

. Le stress, bien sûr ! C’est pour ça qu’on fume, « ça m’apaise » annonce une quadra dans le quotidien. Sauf qu’en même temps, un autre fumeur annonce « j’ai repris la clope parce qu’elle était associée à la douceur des vacances ». Et un pneumologue (président d’une association anti-tabac) qui nous assure qu’au contraire « la cigarette augmente l’anxiété, la dépression et le stress, de nombreuses études le prouvent ». Encore une étude non citée qui prouve tout !

. Les classes populaires, mais c’est bien sûr ! « Quand vous travaillez dans une usine, vous n’avez pas une salle de yoga pour vous détendre. La gestion du stress se fait par la cigarette », nous explique, sérieusement, le président de la Fédération Addiction, Jean-Pierre Couteron.

Quelle pauvreté d’analyses ! Et quelle ringardise de la solution. Car cette somme d’incompétence va inéluctablement se traduire par la méthode facile : le prix. Alors qu’ils (gouvernants et spécialistes) ont échoué sur les images-choc, le paquet neutre, les hausses précédentes. À chaque fois, le plantage.

Une exception dans ce concert. La clairvoyance du tabacologue, Christian Chevalier, avouant sur Sud Radio : « il faudrait éviter de vouloir faire peur aux fumeurs, parce que ça n’a jamais fait arrêter personne. Ce qui paraît évident aux non-fumeurs ne l’est pas pour les fumeurs. Arrêtons de nous poser la question des non-fumeurs pour savoir ce qu’il faut faire aux fumeurs ».

Sophie Adriano

Août 062017
 

La question peut paraître saugrenue, mais quand même.

Plus d’un Français sur six (15 %) reconnaît jeter des mégots par la fenêtre de son véhicule. C’est une récente étude Ipsos pour Vinci Autoroutes (auprès de 2 192 personnes du 14 au 18 juillet) qui le révèle. D’ailleurs, 35 % reconnaissent qu’il leur arrive d’envoyer par cette même fenêtre des déchets divers : papiers, emballages, mouchoirs, restes alimentaires, etc.

Encore surprenant : près d’un Français sur cinq estime que jeter un mégot par la fenêtre est un geste sans conséquences graves. Manifestement, la « pédagogie » par les impressionnantes images de récents incendies ne suffisent pas. Comme quoi, la prévention est un combat long, ingrat et obstiné.

Au passage, un commentaire que l’on a pu lire dans Le Parisien / Aujourd’hui en France du 31 juillet : « ce type de comportement est difficilement justifiable mais il est vrai qu’il peut être incité par la décision de la quasi-totalité des constructeurs de ne plus proposer de cendrier, ou alors de le faire en option » (un journaliste essayeur de la presse automobile).