Mai 242015
 
M Touraine Grippe

© Gonzalo Fuentes

Elle n’arrête pas de nous bassiner avec le nombre de morts « évitables » dus au tabac. On est d’accord. Mais en la matière, avec elle, c’est plutôt la surdose de com.

C’est pourquoi il est assourdissant, ce silence de la ministre de la Santé depuis la publication, vendredi dernier, de chiffres de l’Institut de Veille Sanitaire sur la récente pénurie de grippe : 18 000 morts. Soit beaucoup plus que la « surmortalité saisonnière due à la grippe » telle qu’on se permettait de l’estimer, il y a encore deux mois. On en était à 10 000 victimes. Qu’un phénomène de grippe fasse malheureusement des victimes, tout le monde en convient. Surtout si « la souche » est particulièrement virulente comme cela a été le cas. Il n’empêche, des questions se posent. Et elles se posent à la ministre de la Santé.

• Alors que la grippe faisait déjà ravage à la période des fêtes, pourquoi ne pas avoir déclencher le dispositif spécifique de prise en charge (« le plan Orsan ») qu’à mi-février ? Dans la presse française, seul le magazine Marianne s’en est étonné. C’était à Marisol Touraine de prendre la décision.

• Quelle est la part de l’épidémie dans la pagaille et le blocage de beaucoup de services d’urgence sur la même période ? L’urgentiste Patrick Pelloux n’hésitant pas à mettre en cause, sur certains plateaux de télé à ce moment-là , « notre système de santé qui n’arrive toujours pas à s’adapter ». C’est Marisol Touraine qui devrait travailler sur ces dysfonctionnements.

• Pourquoi la prévention, là encore, a-t-elle failli ? Même si le vaccin préventif n’était pas à la hauteur (chose difficile à prévoir), la vaccination c’est mieux que rien. Or les objectifs ont été loin d’être remplis. Quant à une élémentaire information de l’opinion publique – par exemple, sur l’impératif d’éloigner les enfants malades des plus de 65 ans- elle a fait défaut. Marisol Touraine préférait marteler ses messages sur le paquet neutre.

Jo Bazizin

Mai 092015
 

emballage-qui-tueUn lecteur de Charente-Maritime nous a transmis « des idées pas pires que les autres » concernant les avertissements d’alerte sur les emballages.
Nous relayons et à votre tour de faire suivre …

Pourquoi mettre des images horripilantes seulement … sur les paquets de cigarettes ?

Pourquoi pas des photos d’enfants qui meurent de faim … sur les boîtes de Mac DO ?

Pourquoi pas des photos d’animaux torturés … sur les produits cosmétiques ?

Pourquoi pas les photos des victimes tuées par les conducteurs ivres … sur les bouteilles d’alcool ?

Pourquoi pas les photos des politiques pourris, malhonnêtes, voleurs, en train de profiter de notre argent … sur les formulaires des déclarations d’impôts ?

Même si 100 % d’entre vous sont d’accord, je parie que seulement 99 % feront suivre …

Mai 052015
 
Flash mob

Photo : garko.fr

Il y a de la flash mob dans l’air chez les vapoteurs. Sur les réseaux sociaux, on voit apparaître des  appels à se regrouper, à travers toute la France, le dimanche 31 mai, qui se trouve être la « Journée mondiale sans tabac ». Les vapoteurs, ils continuent à s’opposer au projet  de loi Santé de Marisol Touraine qui va autoriser la transposition de la Directive européenne Tabac. Une Directive qui encadre très strictement les dispositifs électroniques et e-liquides, la publicité, etc. Une « standardisation de la vape » qui ne plait pas aux utilisateurs français.

Ça m’interpelle… Nous non plus, les fumeurs, on n’est pas d’accord avec le projet de loi Santé de Marisol Touraine qui impose des mesures plus punitives (paquet « gore », contrôle d’identité à l’achat…) que préventives ou d’aide à l’arrêt. Alors, pourquoi on n’ose pas faire entendre notre voix ? Pourquoi on n’organise pas de « flash mob » ? On est 13 millions ! Et rien ne nous oblige à nous laisser enfermer dans le rôle de paria que nous impose le politiquement ou socialement correct !

Sophie Adriano

Mai 042015
 

VinSous ce titre plein d’allant se niche un texte fort bien troussé de Gabriel Robin, posté sur le site Boulevard Voltaire. On y parle du vin, mais aussi de tabac, et c’est tout un esprit à la « Big Mother » qui s’en trouve étrillé.

« Médias et sociologues s’attardent depuis quelques années sur la notion d’« hédonisme sécuritaire » ; cette thèse prétend qu’une partie de l’électorat de droite a été acquise au progressisme sociétal et au libéralisme économique, mais n’entendrait pas renoncer à sa sécurité et à l’ordre. La campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 fut exemplaire de ce nouveau paradigme politique.

À cette conception droitière répond une conception purement sociétaliste, elle aussi inspirée des États-Unis, et dont le gouvernement se fait aujourd’hui l’écho par son ministre de la Santé, madame Marisol Touraine. Appelons cette vision du monde l’« hygiénisme (in)sécuritaire ». Lire la suite »

Avr 222015
 

A bout-de-souffle BelmondoDécidément, la députée Michèle Delaunay ne se sera pas fait que des amis avec son histoire de bannir à tout jamais le tabac du cinéma français (voir NS 13 des 8, 17 et 20 avril). C’est au tour de Nicolas Gauthier, journaliste et auteur d’« Acteurs de la comédie politique », de jeter son opprobre sur « cette bouffée de révisionnisme rétroactif », sur le site « Boulevard Voltaire » le 20 avril.

« Décidément, il n’est pas en France de faux problèmes qui ne puissent appeler un semblant de réelle solution administrative. Car enfin, que les nouvelles fictions à venir bannissent les débordements tabagiques, pourquoi pas.

« Mais que fera-t-on des films du passé ? « Un cave qui se rebiffe » sans Jean Gabin en éternelle assistance respiratoire avec ses Craven A sans filtre ? Un « Alamo » tentant de résister sans John Wayne et ses quatre paquets de Camel quotidiens ? « À bout de souffle », notre Belmondo national retrouverait-il le sien s’il cessait de tirer sur ses Gitanes, devant la caméra d’un Jean-Luc Godard, autre fumeur invétéré ? Et le commissaire Maigret ? Et Lucky Luke ? Et James Bond ? Et Humphrey Bogart ? Et Fidel Castro ? Et merde …

« Comme toujours, les lois d’exception devraient connaître un certain nombre d’exceptions. Ouf. Et ces vieux films « devraient », pour l’instant, échapper à cette bouffée de révisionnisme rétroactif. On respire un peu. Et pas seulement à cause des odeurs de cendrier froid.

« Heureusement que les clopeurs sont plutôt bonnes poires et ne promettent pas à Michèle Delaunay de la passer à tabac. Car autrefois, elle y allait du cigare, tel qu’on disait à ceux promis à la machine du bon docteur Guillotin. En attendant, la politique n’est plus jamais qu’écran de fumée destiné à masquer des problèmes autrement moins fumeux.

« Au fait, Michèle, t’aurais pas un clope ? Parce qu’avec le paquet de cibiches à sept euros, il n’y a plus que les riches qui puissent encore fumer, tandis que les pauvres sont condamnés à désormais se la rouler sous le bras ».