Mai 122016
 

Paquet neutreDans une semaine, le texte sur le paquet neutre sera en vigueur. Pas dans les linéaires des buralistes (ce sera progressivement cet automne). Mais, le 20 mai, les fabricants ne pourront plus fabriquer cigarettes et tabac à rouler qu’avec l’emballage « gore » sur toute la surface du paquet. Et avec des photos plus horribles qu’actuellement.

Un « coup d’épée dans l’eau » pour les fumeurs, comme le confirme ce micro-trottoir réalisé à Chartres par la quotidien régional L’Écho Républicain.

•• Un retraité de 69 ans : « Je vais répondre une phrase qui s’adapte bien : “Il faut en user et non en abuser”. Alors moi, avec ces paquets pour vous rendre coupable de fumer, je vais continuer à en user ! En moyenne, 10 à 15 cigarettes par jour. Je ne les compte pas. C’est un plaisir ».

•• Une jeune femme de 33 ans : « Ce serait très, très dur de m’arrêter ! J’ai déjà essayé plusieurs fois, en vain. Je me suis mise à la cigarette électronique, toujours sans obtenir de résultat et, de plus, cela ne me plaisait pas. Résultat : je suis revenue davantage au tabac ».

•• Un auto-entrepreneur de 36 ans : « J’ai commencé à fumer à l’âge de 17 ans ! Je n’ai jamais arrêté et je ne pense pas arrêter de fumer. De toute façon, c’est clair, je n’y arriverai pas ! Un cancer ? Je n’y pense pas et puis, je peux mourir d’autre chose ! Non, moi, je suis fumeur et je compte bien le demeurer ».

•• Un retraité de 74 ans : « Je fume un paquet par jour depuis le service militaire. À l’époque, c’était offert chaque mois. Quand je regarde le foot à la télévision, j’en fume un paquet et demi ! Alors, avec la Coupe du monde… J’ai fait les trois quarts de ma vie. Alors, les images des paquets … ».

La seule sondée qui a arrêté de fumer, c’est une mère de six enfants qui a préféré investir son budget tabac dans autre chose (une croisière en juillet, par exemple) et dans le bonheur de ses enfants. Ça aussi, c’est une motivation.

Mai 012016
 

espace-sans-tabac_150Comme à chaque printemps, la pollinisation génère des pics d’allergies. Idem pour les annonces de création des « Espaces sans tabac » de la Ligue contre le Cancer qui commencent à irriter, à double titre, les fumeurs.

D’une part, parce que ces espaces sont à l’air libre et grigotent sournoisement notre liberté, dés lors qu’ils vont au delà de zones spécifiquement dédiées aux enfants.

D’autre part, parce qu’ils sont plus l’occasion de nous mettre au ban de la société que de préserver la santé des uns et des autres. C’est comme cela que l’on dénormalise l’image du tabac mais que l’on normalise la vie quotidienne. Exemples jusque dans la France rurale …

• Ainsi, quatre villages d’Alsace – Diemeringen, Drulingen, Waldhamback, Weislingen – viennent de signer une convention pour « protéger » certaines aires de jeux, arrêts de bus ou abords des écoles. Motif : « … éliminer l’exposition au tabagisme passif, notamment celle des enfants, promouvoir l’exemplarité et la mise en place d’espaces publics conviviaux et sains … ». Sympa pour les « méchants » fumeurs.

• À Montmorillon (la seule ville de la Vienne à avoir répondu à la Ligue contre le Cancer), deux jardins publics sont devenus totalement « Espace sans Tabac », alors que la loi n’impose la mesure qu’aux aires de jeux. Le discours du maire, lors de la cérémonie d’inauguration, a fait sourire l’assistance : « cette inauguration est un symbole fort … Surtout dans ce jardin où beaucoup de jeunes se retrouvaient pour fumer sous la tonnelle », la plupart de ces jeunes fumant autre chose que du tabac !

Avr 152016
 

Lycee fumeurOn a tous entendu parler de ce débat d’autant plus surréaliste que la mayonnaise médiatique a bien pris.

• D’un côté, les proviseurs confrontés à un tas de priorités aussi écrasantes les unes que les autres. Au nom de l’état d’urgence, on leur demande de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’attroupements devant leurs établissements. En conséquence de quoi, ils prennent quelque liberté avec la loi sacrée, la loi Evin. Et ils aménagent de discrets « coins fumeurs » en enceinte scolaire. Près de la moitié des lycées seraient concernés.

• De l’autre, les anti-tabac qui s’étranglent de colère et lancent des procédures. Et les ministres – Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem – qui, après avoir tellement contribué à la popularité du gouvernement actuel, finissent par réagir en rappelant à l’interdiction totale de fumer dans les établissements. Sachant que le vrai problème, dans ces mêmes lieux, réside plus dans la « fumette » qu’autre chose. Sujet sur lequel ces chères ministres pataugent complètement.

Et puis, le syndicat des proviseurs qui renvoient les ministres gentiment sur les roses. Comme on a pu le voir sur un reportage de TF1, mercredi 13 avril au soir.

Et puis, le même journal télévisé de Gilles Bouleau qui se termine sur un reportage dans les territoires contrôlés par Daesh. Un témoin qui raconte : « si on se fait prendre 3 fois avec une cigarette … on nous coupe la main. Une autre récidive … la décapitation ».

Ça n’a rien à voir ?

Et bien moi, je pense que si.

Jo Bazizin

Avr 092016
 

marisol-touraine-rayclidPrésident du PDL (Parti Libéral Démocrate), Aurélien Véron a pris sa plume pour adresser une lettre ouverte, publiée sur Figaro Vox du 8 avril, à la ministre de la Santé. Objet : le matraquage de ses mesures-phares – le paquet neutre et à dix euros – qui conduit à prendre « les Français pour de grands enfants » et à les éduquer « tout au long de leur vie à coups de taxes et de trique ». Extraits

« … En première lecture à l’Assemblée nationale, votre texte n’avait été voté que par 56 voix contre 54. Beaucoup de députés, y compris de votre majorité, étaient et restent opposés à cette mesure qui présente le double inconvénient d’être inefficace en matière de santé publique et dangereuse pour la sécurité des Français. A raison. Depuis plusieurs décennies, les fumeurs connaissent bien les risques inhérents à leur vice. Tous ont vu les ravages du tabac sur des proches. Le rôle de votre ministère devait se cantonner à informer les jeunes avant qu’ils ne fassent leur choix, pas à doubler le prix des paquets de cigarettes en 10 ans, ce qui permet à l’Etat d’engranger 80% du prix des cigarettes, soit 14 milliards d’euros de taxes en 2015 sur le dos des fumeurs.

« Ce matraquage n’a d’ailleurs pas eu plus d’effet sur la consommation tabagique que l’affichage obscène de photos de poumons noircis ou de mâchoires édentées sur les paquets.

« Vous prenez les Français pour de grands enfants incapables de faire face à leurs vices qui présentent, comme nombre de plaisirs, un caractère addictif. Vous vous estimez légitime à poursuivre l’éducation des gens tout au long de leur vie à coup de taxes et de trique. L’Etat hygiéniste prend une tournure de plus en plus inquiétante avec l’élargissement de sa traque morale au mauvais gras, au mauvais sucre, au mauvais alcool et à tout ce que vous vous chargez de labelliser « mauvais » pour notre santé dont vous prétendez prendre soin à notre place. Ne vous étonnez pas que les Français se rebellent et perdent toute considération pour une classe politique qui les traite avec tant de condescendance. Laissez-nous vivre … et mourir du vice qui nous sied. Lire la suite »

Avr 052016
 

fumeur jeune.01Une fois de plus, nos associations anti-tabac démontrent qu’elles sont plus promptes à « occuper la scène médiatique » qu’à faire du vrai travail de terrain dans leur combat contre le tabagisme. La polémique actuelle sur les proviseurs qui ont accepté – temporairement – la mise en place de « zones fumeurs » dans les cours de leur établissement (voir NS 13 des 14 février et 10 janvier 2016) est révélatrice.

Sachant que « la tolérance » pour certains, « la violation de la loi Évin » pour d’autres n’est pas nouvelle : elle remonte au lendemain des tueries du 13 novembre et de la mise en place de l’état d’urgence, forcément synonyme d’exceptions à la norme.

• Qu’ont fait les associations anti-tabac depuis, face à ce qu’elle qualifient d’« aberration » ? Une question écrite à la ministre par-ci, des courriers aux responsables d’établissement par-là . Et personne n’a daigné répondre.

Pas étonnant, au regard de leurs arguments consistant à « dénormaliser absolument, totalement et définitivement le tabac ». Alors que les proviseurs, via leur syndicat, ne cessent de marteler qu’ils privilégient le risque imminent – en décembre, Etat Islamique avait appelé à prendre pour cible l’école et les enseignants – au risque qui se déploie dans le temps. Une vision partagée par la fédération des parents d’élèves FCPE.

Pas étonnant, non plus, face à leur hypocrisie revenant à s’occuper des jeunes quand ils fument dans l’enceinte des lycées… mais pas à l’extérieur. Voire à ne pas s’en préoccuper du tout. C’est ce que fait bien ressortir un article du Monde, citant le proviseur d’un lycée de Lyon : « j’ai vu des dealers profiter de l’occasion pour approcher des plus jeunes. Mais, jamais, jamais, des associations anti-tabac » (édition datée du mardi 5 avril). Lire la suite »