Nov 012016
 

moi(s) sans tabac

Alors, vous aussi, vous avez mis votre paquet neutre à la poubelle ce matin, comme dans le spot TV de la campagne « Moi(s) sans tabac » ? Normal, il est « gore ». Et son contenu aussi ? Bravo, vous faites partie des quelque 128 000 qui se sont inscrits sur le site de tabac-info-service qui va aider à « arrêter ensemble en novembre ».

Marisol Touraine a mis le paquet sur le plan médiatique (articles de presse, affichage, etc.) sur son opération Moi(s) sans tabac, après nous avoir matraqué avec le paquet neutre et, encore cette semaine, avec le vote de hausses de fiscalité : plus 15 % pour le tabac à rouler.

Mais, on ne va pas critiquer l’initiative de « Moi(s) sans tabac » : la campagne tranche avec les précédentes.

Pas de stigmatisation, pas de scène d’hôpital ni de morgue. Un défi collectif, avec des outils « modernes » d’accompagnement. Elle tombe pile-poil pour ceux qui pensaient déjà tous les matins à arrêter de fumer, comme de faire un régime alimentaire ou de faire du sport … Pour les autres, Marisol nous aura prévenu un peu tard, seulement en octobre.

Enfin, il paraît que ça marche … au Royaume-Uni en tout cas. Ils ont peut-être un sens du collectif plus développé que dans l’Hexagone où domine plutôt l’individualisme.

On se gardera de jouer au sceptique … Une remarque, tout de même sur le discours de notre ministre. Il paraît qu’un Français (fumeur) sur deux veut arrêter : 128 000 inscrits sur le site de tabac-info-service sur 13 millions de fumeurs (16, si on ajoute les non quotidiens), cela ne fait pas le compte !

À suivre …

Avr 052016
 

fumeur jeune.01Une fois de plus, nos associations anti-tabac démontrent qu’elles sont plus promptes à « occuper la scène médiatique » qu’à faire du vrai travail de terrain dans leur combat contre le tabagisme. La polémique actuelle sur les proviseurs qui ont accepté – temporairement – la mise en place de « zones fumeurs » dans les cours de leur établissement (voir NS 13 des 14 février et 10 janvier 2016) est révélatrice.

Sachant que « la tolérance » pour certains, « la violation de la loi Évin » pour d’autres n’est pas nouvelle : elle remonte au lendemain des tueries du 13 novembre et de la mise en place de l’état d’urgence, forcément synonyme d’exceptions à la norme.

• Qu’ont fait les associations anti-tabac depuis, face à ce qu’elle qualifient d’« aberration » ? Une question écrite à la ministre par-ci, des courriers aux responsables d’établissement par-là . Et personne n’a daigné répondre.

Pas étonnant, au regard de leurs arguments consistant à « dénormaliser absolument, totalement et définitivement le tabac ». Alors que les proviseurs, via leur syndicat, ne cessent de marteler qu’ils privilégient le risque imminent – en décembre, Etat Islamique avait appelé à prendre pour cible l’école et les enseignants – au risque qui se déploie dans le temps. Une vision partagée par la fédération des parents d’élèves FCPE.

Pas étonnant, non plus, face à leur hypocrisie revenant à s’occuper des jeunes quand ils fument dans l’enceinte des lycées… mais pas à l’extérieur. Voire à ne pas s’en préoccuper du tout. C’est ce que fait bien ressortir un article du Monde, citant le proviseur d’un lycée de Lyon : « j’ai vu des dealers profiter de l’occasion pour approcher des plus jeunes. Mais, jamais, jamais, des associations anti-tabac » (édition datée du mardi 5 avril). Lire la suite »

Fév 272016
 

CharbC’est la dernière trouvaille de la députée PS Michèle Delaunay qui, à coup d’amendements, prétend censurer les films comportant des scènes de tabagisme, faire passer le paquet à 10 euros, voire 13 euros pour « couvrir » toutes les dépenses que nous générons – maudits fumeurs que nous sommes –  à la société (« le fameux coût social » du fumeur, cause absolue de tous les déficits, la gabegie politique n’y étant pour rien, c’est bien connu …).

On ne peut que respecter cet engagement si énergique dans une cause, même si on n’en partage ni le fond, ni la forme. Mais ce n’est pas une raison pour en rajouter dans l’outrance … Sa récente interview dans le quotidien Sud Ouest, après l’annonce par Marisol Touraine de la possibilité d’un paquet neutre à 10 euros, suscite ainsi inévitablement des commentaires.

•• « Il faut éviter les maladies évitables pour des raisons humaines et financières. Mais le combat ne sera gagné que le jour où l’opinion publique le portera. Les médecins sont timorés. Michel Delpech n’est pas mort d’un cancer mais du tabac. Il n’existe pas de mot pour la maladie du tabac, le cancer n’est qu’une conséquence. Ce combat vaut-il le coup ? Sans tabac, on viderait les hôpitaux à 40 %.  Lire la suite »

Nov 302015
 

Etui à cigarettesLe paquet neutre : un effet d’enfumage ? Pour une fois, c’est un professeur en bio-statistiques et médecin de santé publique qui l’affirme : le docteur François-André Allaert.

Contributeur au site Huffingtonpost, auteur de 1 000 communications dans le domaine de l’évaluation, il en évalue – justement – son inefficacité par les contre-effets qu’il va générer, dans un billet publié, ce dimanche 29 novembre, sur le site et web-tv Dijon-Santé.fr.

« Bientôt, tous les paquets de cigarettes devront être vendus sous un emballage neutre afin de casser leur image et ne pas séduire les consommateurs par leurs aspects esthétiques, voire chics.

« Entre nous, les paquets de cigarettes ne l’étaient déjà plus beaucoup depuis que figuraient sur eux les messages « fumer tue » ou des images montrant les dégâts du cancer au niveau de la bouche, du poumon ou de la vie sexuelle et je ne crois pas qu’en rendant le paquet neutre, cela changera grand chose… Ou plutôt si, je pense qu’à vouloir trop bien faire, on va susciter un effet inverse et que dans quelques mois seront disponibles des étuis à cigarettes qui de nouveau, voire même plus encore qu’actuellement, conférerons une image de luxe et de « classe » au fait de fumer. Lire la suite »

Nov 032015
 

Paquet neutreFumer tue … Choquer pour inciter à l’arrêt du tabac … Cette culpabilisation, trop souvent présente dans les campagnes publicitaires anti-tabac ou sur les emballages, aurait un effet contreproductif, observe une étude publiée dans le numéro de novembre de Social Science & Medicine.

L’accumulation de messages négatifs à laquelle s’ajoute l’influence d’une société « désapprobatrice » finirait par nuire au message final et créerait un sentiment fort d’exclusion : « 30 à 40 % des fumeurs se disent victimes de la vindicte familiale ou populaire », résume Sara Evans-Lacko (experte en psychiatrie au Kings College de Londres) qui co-signe cette publication.

Ils sont même 27 % à se déclarer traités différemment à cause de leur statut tabagique. « Les stéréotypes auxquels les fumeurs font face sont négatifs de manière presque universelle » souligne la chercheuse.

À cette « discrimination », les fumeurs réagissent par l’agressivité et une position défensive. « Les conséquences de ces stéréotypes vont d’une augmentation des intentions de se sevrer à un stress accru en passant par plus de résistance face à l’arrêt du tabac », poursuit Rebecca Evans-Polce (Université de Pennsylvanie), co-auteur de la revue. Sur la réserve, les fumeurs émettent moins souvent le désir de s’arrêter et font plus souvent des rechutes. Plus isolés, ils sont également plus stressés.