Oct 032015
 

Jeanne Calment CigaretteCet article ne cherche pas à encourager à fumer … mais il sort des sentiers battus.

Les exemples de fumeurs réguliers qui parviennent à vivre très longtemps sont rares et ont poussé des scientifiques à s’y intéresser de plus près.

Jeanne Calment par exemple, Française et doyenne de l’humanité de 1989 jusqu’à sa mort – en 1997 à l’âge de 122 ans – était fumeuse régulière et n’aurait arrêté qu’à l’âge de 117 ans (photo). Dorothy Howe, une Anglaise aujourd’hui âgée de 102 ans, confesse combiner quotidiennement une consommation raisonnable de whisky avec une quinzaine de cigarettes.

Le patrimoine génétique des fumeurs « longue durée » a été analysé par des chercheurs qui, dans une étude parue dans Le Journal de la Gérontologie, ont constaté une résilience innée de leur organisme. Chez ces personnes, les risques liés au tabac seraient confrontés à la résistance de toute une série de marqueurs génétiques. « Il existe des preuves que ces gènes peuvent faciliter l’allongement de la durée de vie en augmentant l’entretien et la réparation cellulaire », déclare Morgan E. Levine, l’un des auteurs de l’étude

Pour ces chercheurs, il serait désormais possible d’établir un « taux de risque génétique » pouvant prédire aux fumeurs la probabilité de survie à un grand âge. Chacun pourrait évaluer ses risques à fumer régulièrement à travers un test en cours de mise au point par ces chercheurs.

Toutefois, il ne s’agit pas là d’inciter à poursuivre une consommation de tabac, même si le patrimoine génétique le permettrait, prévient Morgan E. Levine : « la proportion de personnes ayant une signature génétique qui aiderait à faire face aux contraintes biologiques du tabagisme est extrêmement faible ».

Fumer reste toujours aussi dangereux, à tout âge.

Sep 292015
 

Violence conjugaleUn homme gisant mort au pied d’un immeuble de Saint-Fons (en banlieue lyonnaise), suite à une défenestration du 5ème étage où vivait son ex-femme. Suite, surtout, à une ultime dispute, sur fond de coups échangés. Sur son blog « Fous alliés / Médiapart » Isabelle Magnin, membre de la famille académique de Lyon, déplore, à travers ces faits-divers de plus en plus récurrents, la politique de l’autruche des autorités qui préfèrent asséner que le « tabac tue ». Extraits :

« Autrefois, sur nos écrans, apparaissaient des messages, des numéros d’appels en direction des femmes, mais aussi des enfants. Le Gouvernement a mis en place un numéro spécial pour les personnes en danger, encore faut-il que lesdites personnes soient informées du pourquoi et du comment. Décidément, trop de barrières, trop de tabous gravitent autour de la maltraitance.

« Pour ce qui est du tabac, en revanche, point de tabou, les campagnes méga-planétaires anti-tabac nous pourrissent la vie.

« Avant de pourrir la vie de familles en détresse, il serait temps aussi, de faire campagne, mais une large et grosse campagne de prévention, d’information autour des dangers, des risques, encourus face à un adulte violent, malfaisant, au sein de son foyer.

« Il n’y a pas que le tabac qui tue

« Je suis révoltée à l’idée que l’État dépense des fortunes, des heures interminables à se creuser les neurones pour le tabac, pendant que des gosses subissent, au quotidien, les coups, les échanges violents de leurs parents. C’est insupportable, au XXIème siècle, et jusqu’ici, personne, personne n’a levé le petit doigt pour enrayer, sinon éviter les drames tels qu’exposés ici. Et que l’on ne vienne pas nous sortir le sempiternel refrain : c’est délicat, patati patata, ils s’aiment, il y a les enfants, etc. On connaît la chanson, mais les enfants, eux, n’ont rien demandé, rien ».

Sep 142015
 

Le Monde Marisol TouraineDe quoi se mêle Le Monde ? Non content de consacrer sa « une » de l’édition du 12 septembre au rapport Kopp avec ses chiffres-choc sur le coût social de l’alcool et du tabac (voir notre info NS 13), le quotidien récidive le lendemain avec un éditorial « Alcool et tabac : Madame la Ministre, tenez bon ». Pour son projet de loi de Santé en examen au Sénat à partir de ce lundi 14 septembre.

« À moins de vingt mois d’une élection présidentielle, tout gouvernement, de droite comme de gauche, fait attention à ménager ses cibles électorales. Il peut donc prêter une oreille attentive à des lobbies qui ne désarment jamais, même parfois après le vote d’une loi (…) Jusqu’à présent, Mme Touraine a défendu sa loi avec fermeté (…) Son texte comporte certes des points discutables. Mais sur les mesures qui peuvent permettre de réduire le coût social des addictions au tabac et à l’alcool, il lui faudra de nouveau batailler ».

Au lieu de citer les lobbies en question (buralistes, viticulteurs et industriels de l’alcool, médecins libéraux), en nous reversant la sempiternelle version du complot, Le Monde aurait pu prendre en considération les 13,4 millions de fumeurs adultes. Un détail dans les urnes.

C’est un éditorial, soit. Mais cela commence à devenir suspect cette promotion, deux jours de suite, de ce rapport. Que le quotidien a décrypté à la louche … mais sans jamais poser les bonnes questions.

On aurait pu attendre de ce journal si sérieux une interview de l’auteur, l’économiste Pierre Kopp, lui demandant plus de précisions sur le mode de calcul et le choix des critères, par exemple.

Sep 122015
 

Pierre-Kopp RapportLà, il pousse le bouchon trop loin, le rapport de Pierre Kopp sur l’évaluation du coût social des addictions, commandité par la Direction Générale de la Santé et publié dans Le Monde la veille – comme par hasard – de l’examen au Sénat du projet de loi de Santé de Marisol Touraine …

Le rapport s’est livré à la démarche (ouvrant la porte à n’importe quelle dérive) de jauger les fumeurs, buveurs d’alcool au regard de leur coût pour la collectivité ! Et là, les calculatrices des experts ont chauffé : les 13,4 millions fumeurs coûteraient (en morts, maladies, soins, etc.) quelque 120 milliards (idem pour les 3,8 millions d’usagers à risque d’alcool). Bien plus que les recettes fiscales engrangées sur ces « drogues licites ». Conclusion : le fumeur doit encore et encore payer … pour ses fautes (doublement du prix du tabac).

Et voilà, après avoir été stigmatisé et vilipendé, le fumeur est clairement désigné dans ce rapport comme un « asocial » et un « fauteur de catastrophe économique ». Comme si un fumeur passait ses journées à fumer et à ne rien faire d’autre ! Lire la suite »

Sep 102015
 

Festival d'humourCe n’est pas un slogan pro-tabac, mais le titre du spectacle présenté au Festival d’humour « Histoire d’en rire » de Vaison-la-Romaine, interprété par Marc Susbielle et écrit par Thomas Bidegain, co-scénariste de Jacques Audiard (« De rouille et d’os », « Un prophète », « Dheepan »), de « La famille Bélier » et « Saint-Laurent » …

« Arrêter de fumer tue » retrace de manière drôle et savoureuse les affres d’un fumeur qui veut en finir avec le tabac ; et c’est inspiré de leurs expériences personnelles. Explications de Marc Susbielle.

« Mon personnage se pose beaucoup de questions, montre de la mauvaise foi, a une part d’irrationnel. Pour lui, arrêter de fumer marque une rupture avec sa jeunesse. Il se dit que les années qu’il va gagner ne seront pas les meilleures de sa vie. Une fois qu’il a pris la décision d’arrêter, il compense avec l’alcool, la nourriture. C’est un anti-héros qui se débat dans son tabagisme un peu comme un clown. Il est amoureux de la cigarette et en même temps il veut s’en libérer.

« Le spectacle n’est pas un patch anti-tabac. Il ne s’agit pas d’être moralisateur. C’est un divertissement qui donne à réfléchir aussi, mais sans culpabiliser. On joint l’utile à l’agréable. On met en évidence combien c’est galère d’arrêter de fumer, et que donc, il vaut beaucoup mieux ne jamais commencer. Moi qui suis prof, le spectacle marche bien auprès des jeunes. Ils voient les dégâts causés par le tabac. Pour s’adresser à eux, il y a des biais à trouver, car les images choc ne les touchent pas. J’essaie d’éveiller leur sens critique ».