Mai 142017
 

La deuxième édition de l’Indice 2017 des « États paternalistes » – réalisé par Epicenter (European Policy Information Center), une association de six groupes de réflexion européens faisant la promotion de politiques libérales – propose un classement des « pires endroits de l’Union européenne pour manger, boire, fumer et vapoter ».

Les pays les plus durs – la Finlande, le Royaume-Uni et l’Irlande – ont tous des taxes très élevées sur l’alcool et le tabac, ainsi que des interdictions sévères quant à la vente et l’usage du tabac, selon l’indice qui classe la France en 6ème position. À l’inverse, en République tchèque et en Allemagne, les taxes sur l’alcool et le tabac sont plus équilibrées et les gouvernements « n’essayent pas de contrôler l’alimentation des citoyens et traitent les fumeurs et les vapoteurs avec respect ».

•• « La Finlande a une avance presque irréductible du fait de son approche négative vis-à-vis des e-cigarettes, de ses taxes sur les sodas et de ses lois de modération, qui incluent une interdiction presque totale de faire la publicité de l’alcool et un monopole d’État sur la vente d’alcool », explique Epicenter. Ceci, alors que … la Finlande est une référence – avec l’Australie – souvent citée par Emmanuel Macron durant sa campagne, concernant la lutte anti-tabac. 

Les politiques « paternalistes », sur le style de vie des citoyens, de la Hongrie (qui a introduit une taxe controversée sur la graisse en 2011) de la Suède, de la France et de la Lettonie sont également dénoncées.

•• Cette année, les groupes de réflexion ont tenté de savoir si les taxes sur certains aliments et les mesures visant le tabac avaient eu un impact positif sur la santé publique. Epicenter a conclu qu’il y avait « peu de preuve » de leur efficacité. L’association n’a par ailleurs trouvé « aucune corrélation entre l’indice des États paternalistes et l’espérance de vie ».

Avr 292017
 

On comprend que notre condition de fumeurs ne soit pas un sujet de préoccupation dans cette campagne électorale où les fausses surprises s’enchaînent sur fond de lassitude générale.

Quoique. Sur le thème des addictions comme celui de la liberté responsable individuelle ou même la problématique des approches comportementales de la fiscalité, il y aurait beaucoup à dire quant à la façon dont on entend conduire le destin d’un pays.

Je ne me déterminerai pas, seulement, en fonction de ma condition de fumeur libre et responsable. Mais, avant tout, au titre de citoyen libre et responsable. Mon choix ne regarde personne.

Reste qu’en tant que fumeur, Macron me porte sur les nerfs …

• Déjà, cette façon arrogante de parler de mes copains chtis, quand il a évoqué les ravages de « l’alcoolisme et du tabagisme dans le bassin minier ». Cela m’a mis un premier coup de grisou. Il est vrai que vu du Touquet …

• Et puis, avec ses effets de manche faciles sur son objectif de « génération sans tabac », il me gonfle. J’attends qu’il me parle de « génération sans dépresseurs ou sans psychotropes ». Lui qui a fait des grandes études, il devrait savoir en parler. Avec la modestie de l’épreuve des faits. Quoi ? J’ai écrit modestie ?

• Enfin, j’ai lu qu’il était partisan du paquet à 10 euros, tout de suite. Ça va pas la tête ! Il veut se faire élire en promettant une hausse d’impôts pour les 13 millions de fumeurs ?

Va pas falloir que j’allume trop de clopes, le jour du vote !

Jo Bazizin

Avr 132017
 

Sans que nous nous en rendions compte, au nom de la chasse « aux mauvaises conduites comportementales sur le plan de la santé », on nous conditionne, on nous dicte notre façon de vivre et de jouir de la vie.

Bienvenue dans le monde du « Big Brother sanitaire ». Ou « Little Brother », si vous voulez. Une sorte de dictature comportementale où tout est vu par le petit bout de la lorgnette.

Tenez « Little Brother », c’est le titre du dernier bouquin de Raphaël Enthoven. Et l’autre jour, il en assurait la présentation (extrait) :
« Je voulais inscrire ce livre dans la façon dont la démocratie revisite la surveillance de 1984 (l’ouvrage d’Orwell / ndlr).
« D’où le titre Little Brother. C’est un despotisme sournois qui prend la forme de la tyrannie de la majorité.
« Ce qui est amusant, c’est de voir comment ce despotisme implicite infuse nos objets. Prenons un exemple. Quand LA BNF choisit une photo retouchée de Sartre (sans sa cigarette) pour le catalogue de l’expo qui lui était consacrée en 2005, on est en plein révisionnisme ».

Jan 202017
 

Non, ce n’est pas un poisson d’avril. C’est trop tôt.

Mais, deux spécialistes de santé publique de l’Université d’Otago à Wellington (Nouvelle-Zélande) ont décidé de mettre en évidence les dangers du tabac auxquels est confronté l’agent mythique du cinéma. Recherche dont les résultats viennent d’être publiés dans la très sérieuse revue Tobacoo Control.

Après avoir passé en revue les 24 longs métrages sur l’espion anglais, les scientifiques ont observé que son tabagisme n’avait jamais été aussi intense que dans les années 60 : la première taffe remonte à 1962 dans « James Bond 007 et Mister No » et Bond fume dans cinq des six films de la décennie. Le héros a tout de même diminué sa consommation ensuite, pour arrêter définitivement en 2002. En même temps, les gadgets de l’espion liés au tabagisme (tel un dispositif de fusée dissimulé dans une cigarette) sont devenus de moins en moins nombreux et les mentions sur les risques du tabac plus fréquentes.

Mais … 007 n’est pas hors de danger pour autant ! Les chercheurs évoquent pour lui des niveaux élevés d’exposition au tabagisme passif en « folâtrant » avec des fumeuses. Ils citent ainsi une scène dans laquelle sa partenaire pose un cendrier « sur sa poitrine nue ». Et jusqu’à « Skyfall » (2012), il poursuit des relations sexuelles « à volutes ». La chance pour lui réside dans « la nature généralement brève de ses relations », admettent les spécialistes. Lire la suite »

Sep 242016
 

Ponte MedecinOn a appris ces jours-ci que, selon une enquête européenne menée en avril et juin 2015, les lycéens fument et boivent moins qu’il y a quatre ans. Même les jeunes Français : 23 % des élèves de seconde en fument une par jour et 57 % l’ont expérimenté une fois (soit une baisse de neuf points).

Bonne nouvelle pour les autorités … qui font part d’une certaine surprise et ne savent pas trop comment analyser le résultat, à en croire leurs interventions dans les médias.

« Soit la nouvelle génération qui arrive est moins consommatrice, soit l’âge d’entrée dans les usages a été repoussé, on ne peut pas encore trancher » tente d’expliquer dans Le Monde François Beck, le directeur de l’Office français des Drogues et Toxicomanie. N’importe quel quidam aurait pu fournir la même réponse.

Tout de suite après, il ressort l’éventail habituel des « outils de la dénormalisation du tabac » : hausse du prix du tabac, interdiction de la vente de cigarettes aux mineurs depuis 2009, interdictions successives de fumer dans les transports en commun, dans les lycées … Il ne doit pas lire attentivement les journaux depuis le début de l’année – entre les wagons fumeurs du Transilien et la fronde des proviseurs pour protéger leurs élèves fumeurs malgré la Loi Évin – et encore moins se promener autour des lycées au milieu des revendeurs à la sauvette. Et, tout cela couronné par l’arme fatale, selon la présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les conduites addictives dans le même article : le paquet neutre.

Autant dire que ces spécialistes sont dans le flou total … Alors qu’on ne vienne pas nous bassiner que la prévention contre le tabagisme des jeunes est une priorité nationale, quand on n’a aussi peu d’outils pour comprendre les tendances.

Et comme, on n’est pas campé sur nos positions et que, nous, on lit la presse, un petit indice nous met la puce à l’oreille : 17 % des lycéens de seconde ont déclaré avoir fumé du cannabis au moins une fois dans le mois. Dénormalisation par-ci, normalisation par-là.

Sophie Adriano