Sep 112017
 

La lutte contre le tabac suscite des idées dignes d’Orwell. En voici une, signée d’un chroniqueur du Point, Julien Damon (sociologue et professeur associé à Sciences Po) : le permis de fumer.

Tout fumeur devrait acquérir un permis, renouvelable annuellement, obligatoire pour acheter des cigarettes et les consommer dans l’espace public. Détails.

« Le permis pourrait être constitué d’une carte intelligente enregistrant les achats et pouvant même les limiter, par exemple à 40 cigarettes par jour ou à leur équivalent en tabac à rouler, voire en liquide à vaporiser dans des cigarettes dites électroniques. L’attribution du permis serait interdite aux mineurs et conditionnée à une visite médicale, elle-même payante et non remboursable. Quelques amendes compléteraient d’ailleurs les revenus liés à ce permis sans points. À 10 ou 20 euros le permis, les quelques centaines de millions d’euros collectés seraient directement affectés à la sécurité sociale.

« Dans une version moins orwellienne, le permis ne poserait pas de limites. Il s’agirait simplement d’une autorisation pour acheter et pour consommer dans les rues. Quel est le véritable avantage ? Il s’agit d’amener chacun à réfléchir, à évaluer, à décider quand, en l’espèce, la majorité des fumeurs disent vouloir arrêter. Sans contraindre drastiquement, l’ambition est d’aider les gens à s’aider eux-mêmes. »

Ce n’est pas tout à fait de la science-fiction, explique encore Julien Darmon, l’idée ayant déjà été évoquée très sérieusement au Royaume-Uni, avec un permis réservé aux majeurs et vendu 10 livres. « Et elle n’est pas plus bête qu’une augmentation des taxes » soutient l’auteur. Conclusion : la boite à bêtisier est grande ouverte.

Sep 052017
 

La polémique sur la tolérance « de zones fumeurs dans les enceintes des lycées face au risque terroriste » a rebondi … comme l’an passé.  Il aura suffi d’une réunion de réflexion au ministère de l’Éducation nationale sur le sujet pour que les associations anti-tabac s’empressent de crier au scandale dans les médias.

On aura entendu donc tout le week-end un grand déballage d’hypocrisies et de contradictions, face à un vrai cas de conscience et à une double réalité … Si le nombre de fumeurs jeunes en France ne baisse pas (et certainement pas grâce aux discours hargneux des anti-tabac), celui des terroristes non plus. Lire la suite »

Août 102017
 

Le rappeur marocain DJ Hamida vient de sortir son nouvel album « A la bien mix party 2017 ». Et à l’occasion d’une interview sur un site spécialisé, il a affirmé qu’aujourd’hui il essaie de donner un bon exemple à ceux qui l’écoutent : « c’est pour ça qu’il n’y a plus de délires de chicha dans mes clips ! ».

Il détaille comment il a pris conscience de l’impact qu’il peut avoir sur les jeunes après une discussion sur Snapchat avec un tout jeune fan.

« Un jour un petit m’a envoyé un snap, il y avait la même chicha et il fumait.
Je lui dis, «wesh tu fais quoi là ? T’as quel âge ? ».
J’ai 12 ans », il répond. Je lui dis qu’il est fou.
Et il me dit, « mais toi aussi tu l’as fait dans les clips ».

« Maintenant je vends du soleil, des vacances, mais autrement », assure le rappeur.

Août 012017
 

Jeanne Moreau, l’actrice (chanteuse et réalisatrice), à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, est partie à 89 ans.

« Jeanne Moreau nous entraînera toujours dans le tourbillon de la vie pour nous émouvoir et nous émerveiller inlassablement » a-t-on entendu parmi les multiples hommages à cette personnalité hors du commun et insoumise. « Le Tourbillon de la vie », la chanson du film emblématique « Jules et Jim » de François Truffaut (1962), va asseoir sa carrière après « Un ascenseur pour l’Échafaud » de Louis Malle (1957). À l’époque, elle n’avait pas encore cette voix profonde, grave et rocailleuse qui restera dans nos mémoires.

La cause selon des médecins interrogés par Huffington Post : une laryngite chronique liée au tabac. Une inflammation des cordes vocales qui produit une perturbation de la production de la voix. C’était aussi ce qui donnait à Macha Béranger ou à Jean Gabin des voix « grumeleuses ».

Mais dans le cas de Jeanne Moreau, le spécialiste reconnaît le talent de l’actrice qui savait « jouer et utiliser cette voix si particulière. Toutes les personnes qui souffrent de laryngite chronique ne provoquent pas le même effet quand elles parlent ».

Jeanne était insoumise. Jeanne était aussi une fumeuse.

Juil 252017
 

À en croire un article de La Dépêche du Midi, ce serait plutôt la tendance dans certains établissements toulousains et pas seulement ceux équipés de fumoir(s) : ça refume.

« L’habitude » serait d’improviser un sous-sol ou une cave en espace fumeur. Des endroits « confidentiels » sur lesquels les patrons ferment les yeux quand ce ne sont pas eux qui, délibérément, en prennent l’initiative.

•• Dans un bar à cocktail du centre, en allant aux toilettes, où on ne vient pas seulement satisfaire un besoin pressant et « sur les conseils des gérants ». 

Dans une boîte de nuit, où le sous-sol est largement dédié à ce genre d’activité : « je viens toujours fumer dans cette pièce. Cela évite de sortir, de faire du bruit et d’avoir des histoires avec le voisinage. Le patron est d’accord. C’est lui qui a lancé l’idée » annonce une cliente régulière.

Dans un troquet des faubourgs, où les habitués sortent rapidement cigarettes et briquets, devant un patron tolérant : « ce sont de bons clients, des fidèles. Alors quand ils fument quelques cigarettes dans l’après-midi, ce n’est pas bien grave. Ils ne gênent personne à cette heure-là ».

•• Mais soyons « rassurés », l’ange-gardien veille … La police aurait effectué 22 procédures en 2016 et 10 en 2017 – alors que Toulouse compte 2 500 établissements – quand ce ne sont pas les clients non-fumeurs qui jouent les gendarmes eux-mêmes. Anecdote : dans un restaurant réputé, des clients ont appelé la police alors que des voisins de table allumaient une cigarette à la fin du service.

•• Et l’hypocrisie n’est pas loin. Le Président de Toulouse Nocturne (Christophe Vidal, le maire de la nuit, en clair) pousse des hauts cris en termes de santé publique et tombent littéralement sur les « clients fumeurs bruyants » : « ce sont majoritairement les fumeurs qui génèrent des nuisances au voisinage, entraînant parfois des fermetures administratives. Face à ce problème, quelques patrons vont fermer les yeux (…) Ce n’est évidemment pas acceptable ».

On conseillera donc à Monsieur Vidal de faire un tour des sorties d’établissements nocturnes, à l’heure où les clients très alcoolisés ne font pas ni le silence ni dans la dentelle.

Ils ont bon dos les fumeurs !