Oct 142015
 

Père FouettardDans un post du 8 octobre sur son blog Mediapart, RomainLec fustige à nouveau (voir NS 13 du 5 juillet) l’entêtement de Marisol Touraine avec la mise en place du paquet neutre : « défendu par la ministre contre l’avis de tous, ce paquet – qui n’a de neutre que son nom – montre comment en matière de santé publique, l’Etat français semble de plus en plus enclin à retenir des solutions confiscatoires, coercitives et répressives. D’une pédagogie de bon père de famille, nous passons à une logique de père fouettard, avec les résultats qu’on mérite ». Extraits.

« À entendre le discours de l’actuelle ministre de la santé Marisol Touraine, avec le projet de loi Santé et plus particulièrement le paquet neutre proposé par cette dernière, le gouvernement semble prendre la juste mesure du problème lié au tabac. Dans les faits, rien ne semble pourtant changer. Les campagnes de sensibilisation disposent toujours d’un budget 100 fois inférieur à la Sécurité routière, ceci alors même que le tabac fait presque vingt fois plus de morts que la route. En parallèle, la consommation ne baisse plus.

La ligne, aujourd’hui empruntée par l’actuel gouvernement, est loin de faire l’unanimité. En France, les voix dissidentes sont nombreuses. Ainsi Elie Aboud, (Les Républicains, Hérault) dénonce « les surtaxes sur le tabac » qui ne sont pas reversées « à la prévention en matière de santé publique ». Bernard Accoyer (Les Répulicains, Haute-Savoie) se joint aux doléances avec un jugement sans appel concernant la politique actuelle : « vous avez confondu prévention et prohibition ». Lire la suite »

Sep 292015
 

Violence conjugaleUn homme gisant mort au pied d’un immeuble de Saint-Fons (en banlieue lyonnaise), suite à une défenestration du 5ème étage où vivait son ex-femme. Suite, surtout, à une ultime dispute, sur fond de coups échangés. Sur son blog « Fous alliés / Médiapart » Isabelle Magnin, membre de la famille académique de Lyon, déplore, à travers ces faits-divers de plus en plus récurrents, la politique de l’autruche des autorités qui préfèrent asséner que le « tabac tue ». Extraits :

« Autrefois, sur nos écrans, apparaissaient des messages, des numéros d’appels en direction des femmes, mais aussi des enfants. Le Gouvernement a mis en place un numéro spécial pour les personnes en danger, encore faut-il que lesdites personnes soient informées du pourquoi et du comment. Décidément, trop de barrières, trop de tabous gravitent autour de la maltraitance.

« Pour ce qui est du tabac, en revanche, point de tabou, les campagnes méga-planétaires anti-tabac nous pourrissent la vie.

« Avant de pourrir la vie de familles en détresse, il serait temps aussi, de faire campagne, mais une large et grosse campagne de prévention, d’information autour des dangers, des risques, encourus face à un adulte violent, malfaisant, au sein de son foyer.

« Il n’y a pas que le tabac qui tue

« Je suis révoltée à l’idée que l’État dépense des fortunes, des heures interminables à se creuser les neurones pour le tabac, pendant que des gosses subissent, au quotidien, les coups, les échanges violents de leurs parents. C’est insupportable, au XXIème siècle, et jusqu’ici, personne, personne n’a levé le petit doigt pour enrayer, sinon éviter les drames tels qu’exposés ici. Et que l’on ne vienne pas nous sortir le sempiternel refrain : c’est délicat, patati patata, ils s’aiment, il y a les enfants, etc. On connaît la chanson, mais les enfants, eux, n’ont rien demandé, rien ».

Sep 122015
 

Pierre-Kopp RapportLà, il pousse le bouchon trop loin, le rapport de Pierre Kopp sur l’évaluation du coût social des addictions, commandité par la Direction Générale de la Santé et publié dans Le Monde la veille – comme par hasard – de l’examen au Sénat du projet de loi de Santé de Marisol Touraine …

Le rapport s’est livré à la démarche (ouvrant la porte à n’importe quelle dérive) de jauger les fumeurs, buveurs d’alcool au regard de leur coût pour la collectivité ! Et là, les calculatrices des experts ont chauffé : les 13,4 millions fumeurs coûteraient (en morts, maladies, soins, etc.) quelque 120 milliards (idem pour les 3,8 millions d’usagers à risque d’alcool). Bien plus que les recettes fiscales engrangées sur ces « drogues licites ». Conclusion : le fumeur doit encore et encore payer … pour ses fautes (doublement du prix du tabac).

Et voilà, après avoir été stigmatisé et vilipendé, le fumeur est clairement désigné dans ce rapport comme un « asocial » et un « fauteur de catastrophe économique ». Comme si un fumeur passait ses journées à fumer et à ne rien faire d’autre ! Lire la suite »

Juil 112015
 

christian_combaz.jpgÉcrivain et essayiste, Christian Combaz nous livre – dans Figaro Vox du 10 juillet – un billet percutant sur « la manipulation médiatique » de la semaine (voir NS 13 du 9 juillet) et plus. En résumé : « l’augmentation ou la diminution du nombre de fumeurs sera bientôt aussi connue que le taux d’inflation mais les raisons pour lesquelles les gens fument sont dues à autre chose qu’à la puissance de l’industrie du tabac ». À lire dans son intégralité avec délectation.

« Les mines cafardes des présentateurs qui nous annoncent que la consommation de tabac est repartie à la hausse ont beau n’impressionner personne, la litanie recommence tous les trois mois comme s’il s’agissait d’annoncer le taux d’inflation. On finit par rêver d’un rédacteur en chef qui dirait stop, c’est fini, nous ne serons plus les artisans d’une campagne prophylactique obligatoire, nous ne sommes pas dans la Chine de Mao, si le Gouvernement veut faire de la propagande anti-tabac il n’a qu’à la faire dans les gares et louer des panneaux, mais le coup du type qui se retourne vers la caméra en disant « à présent, voici des chiffres préoccupants ! », on nous l’a trop fait, personne n’écoute plus.

« Quand les pourcentages baissent il y a toujours un reportage pour vous rappeler qu’il reste trop de fumeurs en France. Quand le prix du paquet augmente il y a toujours une Marisol pour plastronner sur le thème « patience, on les aura ». Les pouvoirs publics ont tout essayé, y compris les méthodes staliniennes qui s’adressent aux enfants pour les convaincre de contrôler la consommation de leurs parents. Dans le film « Le Pari » (1997), le slogan, issu d’un cabinet de communicants médiocre (mais il est probable que ce sont plutôt les scénaristes qui ont commis l’erreur en toute ignorance), slogan qui depuis circule partout dans la presse française, était « Le tabac c’est tabou on en viendra tous à bout ! ». On imagine très bien ce que l’auteur de cette phrase idiote avait en tête : le tabac, c’est un fléau. Mais comme la différence entre un fléau et un tabou lui échappait, comme il fallait une rime forte, et comme il n’avait pas fait Normale Sup, cette incongruité de langage a fini par devenir le symbole d’une campagne permanente d’intimidation au nom de la santé publique.

« Si l’on veut enjamber un vrai tabou, commençons par rétablir sa définition. Un tabou n’est pas un fléau. C’est un sujet qu’il est de mauvais ton d’évoquer. Voilà qui tombe bien car il existe bel et bien un tabou à propos du tabac, un sujet que personne ne veut jamais évoquer : pour la moitié de ceux qui s’y adonnent, le tabac est avant tout un plaisir donc une consolation, comme l’alcool et mille autres choses qui finiront par disparaître de notre paysage mental. Le jour où les Tartuffes occuperont le terrain d’une frontière à l’autre, il faudra changer jusqu’au titre de « La première gorgée de bière » de Philippe Delerm par le même principe qui veut qu’on ne puisse plus publier, aujourd’hui, un livre intitulé « La première taf’ du matin et autres plaisirs minuscules ».

« Le vrai, le seul tabou semble être la question : de quoi les gens ont-ils besoin d’être consolés en se raccrochant ainsi à ces plaisirs humbles, addictifs, répétitifs, et quel est le profil de celui qui cherche la consolation ? C’est curieux mais sur ce sujet, les gouvernements sont incapables de fournir une réponse.

« Quant aux élites de la Nation qui lancent ces campagnes en direction de la plèbe, s’ils avaient une connaissance suffisante du coeur humain, s’ils avaient la moindre idée de ce que veulent les gens, leurs enfants seraient moins nombreux à tomber pour trafic de cannabis ou vol à main armée ».

Juil 072015
 

Menthol-cigaretteIl n’y a pas que le paquet neutre. Parmi les mesures que l’on veut nous faire passer vite fait, bien fait (la veille de Pâques à l’Assemblée nationale, en plein été au Sénat …), dans ce fouillis qu’est la loi Santé de Marisol Touraine, il y a aussi l’interdiction des arômes dans les cigarettes ainsi que des capsules dans les filtres.

En principe, c’est pour éviter que les jeunes soient tentés de goûter au tabac.

• Seulement voilà … cette interdiction, telle qu’elle est formulée dans deux amendements, mène tout droit à la suppression immédiate du menthol. Et nous sommes près d’un million d’amateurs – adultes et responsables – de cigarettes mentholées en France …

• Seulement voilà…cette interdiction s’annonce illégale au regard de la réglementation européenne. Car la prochaine Directive tabac, applicable sur toute l’Europe l’année prochaine, autorise encore le menthol jusqu’en 2020.

• Seulement voilà … la moyenne d’âge des fumeurs de menthol est d’une quarantaine d’années.

Et ce royal mépris à notre encontre! Si j’ose dire. Car « ils » savent bien que si l’on ne trouve plus de menthol chez les débitants de tabac, on ne passera pas pour autant aux cigares ou même à une « banale » cigarette blonde. On cherchera désespérément ailleurs.

Au fait ! Mais c’est cela qu’ils veulent ! Que l’on aille s’approvisionner ailleurs ! A l’étranger ou sur Internet ? Là où il y aura toujours « ma » menthol préférée.

Jo Bazizin