Juil 262016
 

Belgique taupe barNon, ce n’est pas une blague belge. Il suffit d’aller sur le site internet du « SPF Santé publique », dépendant du ministère, pour découvrir une offre d’emploi, pour le moins interpellante, mise en ligne il y a quelques jours.

L’État recherche une douzaine de nouveaux collaborateurs de moins de 26 ans chargés de contrôler « sous couverture » que les professionnels des bars et restaurants ne vendent pas d’alcool aux moins de 16 ans et ne laissent pas fumer dans les établissements.

Texte de l’annonce : « En tant que contrôleur, vous travaillez en « undercover ». Vous vous plongez régulièrement dans la vie nocturne afin de veiller à la sécurité des jeunes dans une ambiance festive.
« Comme vous êtes jeune vous-même, vous passez inaperçu. Les médias sociaux n’ont aucun secret pour vous : vous savez où trouver toutes les fêtes … »
D’autres aptitudes sont requises : préférer « être à l’extérieur qu’assis derrière un bureau », avoir « de bonnes aptitudes relationnelles », « de bons contacts avec les autorités locales et les services de police », croire en la santé, etc.

Seront-ils en droit de verbaliser ? ou simplement de dénoncer aux autorités administratives ?
La fonction, qui nous replonge au temps de la Stasi, est rémunérée 27 000 euros annuel …

Avr 302016
 

Taxation« La taxation est-elle une solution au vice ? ». Non, démontre Guy-André Pelouze (chirurgien des hôpitaux au centre hospitalier Saint-Jean à Perpignan) dans une tribune parue dans Le Monde daté du 29 avril. Elle serait, plutôt, « la porte ouverte au vice de l’État, qui détourne l’argent prélevé sur la base de motifs bien intentionnés pour en faire des ressources fiscales destinées à financer sa politique ». A lire dans son intégralité.

•• « La théorie économique dit que l’imposition compense les « externalités négatives » du marché des produits nocifs. À condition que l’État n’en détourne pas le produit …

« Taxer un individu ou une entreprise, c’est contraindre à payer un montant en général proportionnel à un revenu ou à un actif. Tous les systèmes politiques ont recours à la taxation. « Je vais donc vous donner de quoi semer, et vous sèmerez vos champs, afin que vous puissiez recueillir des grains. Vous en donnerez la cinquième partie au roi ; et je vous abandonne les quatre autres pour semer les terres et pour nourrir vos familles et vos enfants » (Genèse 47 : 24), dit la Bible.

 « Si la taxation est ancienne, l’utilisation des taxes varie selon les systèmes politiques. En France, en 2014, ces ressources (44,7 % du produit intérieur brut – PIB) sont utilisées pour financer les fonctions régaliennes de l’Etat et l’Etat-providence (31,9 % du PIB).

« Par ailleurs, la notion de vice est intimement liée à la morale et renvoie aux interdits religieux. Ce que l’on appelait vice dans la perspective de la tentation du mal a été requalifié par la science en « addiction ». Addiction à des substances, par exemple la nicotine, ou à des pratiques, comme le jeu, ou à des comportements, comme la boulimie compulsive.

•• « La nicotine est un psychostimulant présent dans les feuilles de tabac dont les effets sont, comme pour la feuille de coca, connus depuis longtemps. Dès l’ère industrielle, la consommation de tabac fumé s’est développée, la pyrolyse permettant la prise de plus de nicotine par simple inhalation. Du vice à l’addiction, la transition n’est pas neutre. Dans le premier, l’individu est tenu pour responsable de ses choix de vie ; dans l’addiction, la responsabilité de l’individu peut être atténuée au motif que nous ne sommes pas égaux face à la dépendance. Lire la suite »

Avr 032016
 

burgerElle remet les pendules à l’heure, l’interview du critique gastronomique (à Marianne) Perico Légasse et que publie le Figaro Magazine de ce week-end. Cela, à l’occasion de la parution de son essai « À table citoyens ! » où il ne garde pas sa langue dans sa poche. C’est le cas de le dire. Un extrait :

• Question de la journaliste : « quels mensonges les Français ne doivent-ils plus gober ? »

• Perico Légasse : « Émissions, colloques, publications … Les Français sont informés, mais ils ne doivent plus gober ce que la publicité alimentaire leur martèle : Mangez tranquille, on s’occupe du reste ! C’est faux ! La malbouffe conduit les Français chez le médecin, au cimetière, notre agriculture à la ruine et la France à la débandade.

« L’aliment industriel surchargé de pesticides, de conservateurs, ne tue pas comme une rafale de mitraillette, mais il nous empoisonne. D’abord le cholestérol, le diabète, puis les cancers … La malbouffe tue 63 000 personnes par an en France, dont 2 500 enfants. Comment l’accepter ?

« Aux États-Unis, actuellement, la campagne d’une blogueuse met à mal Coca-Cola et McDonald’s en les accusant, au même titre que les marchands de cigarettes, de vendre des produits qui empoisonnent les Américains à petit feu. Attendons-nous à voir très bientôt des procès pour dénoncer des maladies d’origine alimentaire ».

Nov 172015
 

Ils me choquent tous ces élus politiques qui se targuent de défendre notre bien-être et notre santé.

Quelle est leur principale préoccupation quatre jours après les attentats du 13 novembre ? La sécurité des citoyens ? Pas seulement. Mais il s’agit surtout de savoir quand va être examiné le projet de loi de Santé de Marisol Touraine – avec son lot de mesures désordonnées sur la réduction du tabagisme – reporté dans le calendrier de l’Assemblée nationale pour cause de réunion du Congrès. Allez suivre sur Twitter la députée Michèle Delaunay (voir NS 13 des 23 octobre, 26 septembre et 8 avril) … c’est hallucinant !

Est-ce une priorité, au jour d’aujourd’hui, que d’instituer un paquet « gore » pour empêcher les jeunes d’entrer dans le tabagisme, comme le défend, avec aveuglement, la ministre de la Santé ? Va-t-on faire perdre du temps à des députés pour décider s’il faut des salles de vapotage ou pas ?

Non. Aujourd’hui, la préoccupation des Français est autre. Des terroristes ont tué et blessé en moins de trois heures près de 500 personnes. Ils ont tué et blessé des jeunes, qui ont envie de vivre, de se rassembler, de s’amuser sur une terrasse de café ou dans lors d’un concert … cigarette ou pas.

Sophie Adriano

Nov 032015
 

Viande rouge cancerExcusez ce style direct mais c’est tout ce que mérite la publication, la semaine dernière, d’un rapport d’une de ses agences sanitaires (Centre international de recherche sur le cancer / Circ), classant la viande transformée (charcuterie et même à base de volaille) et les viandes rouges dans le groupe des produits cancérogènes pour l’homme.

Après le « fumer tue », débarque le « manger tue », sans trop de discernement … Tout d’abord, cette étude est choquante quand on pense aux millions d’êtres humains qui aimeraient pouvoir consommer un produit « même cancérogène ». Segundo, encore une bonne raison pour nous empêcher de profiter des plaisirs de la vie en paix … sachant que, inéluctablement, « la vie est une maladie mortelle » (Woddy Allen).

Ne soyons pas naïfs : ce genre de rapport « promu de façon racoleuse » ne cherche pas à contribuer à notre bien-être … Mais à nous confiner dans des quotas : « à 50 grammes (de jambon, saucisse, ou de pâté) par jour, le risque de cancer augmente de 18 % ; à 100 grammes de viande rouge par jour, c’est 17 % de cancer colorectal en plus » comme le déclare les experts du Circ … Mais à nous plonger dans la peur : « verrons-nous bientôt ce genre d’avertissement anxiogène, assorti d’une imagerie médicale bien trash de cancer colorectal, apposé en gras sur une entrecôte pour dissuader le consommateur d’en manger comme le fumeur de fumer » s’interroge, fort à propos, Le Canard Enchaîné.

Stop ! Que les experts, qui nous balancent des conclusions scientifiques catastrophiques arrêtent de nous prendre pour des « c… ». En matière alimentaire, pas besoin d’être scientifique pour comprendre que c’est l’industrialisation à outrance qui est cause de tous les maux.

Et qu’il vaut mieux consommer tous les jours plus de 100 grammes d’un poulet fermier élevé en plein air que 10 grammes d’un poulet venant d’un élevage intensif. Tout comme de manger des tomates gorgées de vitamines grâce au soleil plutôt que celle cultivée à la lumière d’une serre.

La lutte pour la santé, ce n’est pas la quantité, ce n’est pas l’avertissement, ce n’est pas le principe de précaution, c’est la qualité. Et, il y a de quoi faire.

La Mère déchaînée